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Semaine spéciale en compagnie de Michelle Perrot (5/5) : avec Philippe Artières

45 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion d'une semaine spéciale d'entretiens de Laure Adler avec l'historienne et militante féministe Michelle Perrot, cette dernière invite l'historien Philippe Artières

Elle l'a invité car elle se sent "beaucoup d'affinités avec la manière dont il pratique l'histoire. J'ai à la fois un sentiment de continuité et d'ouverture..." Ils évoquent leurrencontre, autour de Michel Foucault que Michelle Perrot a connu, lorsqu'ils travaillaient tous deux sur le thème de la prison . Un champ historique non abordé à l'époque...Elle revient sur son action pour la publication du"Panoptique" de Bentham, parle du Groupe d'informations sur les prisons , de l'évolution du milieu carcéral ... "Jamais il n'y a eu tant de monde dans les prisons françaises et elles sont dans un état lamentable..." "Il y a eu un moment où soudain la prison est entrée dans l'histoire..." , explique Philippe Artières, qui nous parle ensuite du concept d'*"intellectuel spécifique"* ... "La prison a changé (...) Cela devient quelque chose d'encore plus lointain..." "Il y a un effacement et il me semble au coeur de ce qui m'a donné envie de faire de l'Histoire avec vous..." lui avoue Philippe Artières. "Qu'on garde des traces des individus singuliers..." Une idée qui fait écho à son ouvrage autour des autobiographies de criminels, "Le livre des vies coupables" (éditions Albin Michel), marqué par un double regard "littéraire et historien" ... "Un texte peut être aussi un tableau (...) On ne le lit pas forcément comme on voudrait qu'on le lise..." "L'Histoire est discontinue. Il y a des émergences de groupes mais aussi d'individus qui transforment..." Ils abordent la perception populaire de la prison, la difficulté concomitante d'initier des réformes carcérales, "la concurrence politique" autour de la sécurité... "Derrière chaque maton il y a un citoyen. Le problème c'est que derrière chaque détenu il n'y a pas un citoyen..." Philippe Artières revient sur ce qu'il apprècie dans le travail de Michelle Perrot, historienne "attentive au monde.. ." Une idée illustrée par son action pendant Mai 68 ... "On travaille, mais en même temps on sait très bien que le présent est là..." Il faut faire "la mémoire des luttes auxquelles on assiste..." , "refaire lire des choses..." Ils discutent du rapport aux institutions, aux archives, à l'ordinaire , aux sources , de leur goût pour le récit* ... "Votre thèse sera votre premier livre (...) Un travail historique, c'est un travail adressé. On écrit pour quelqu'un..." "Si simplement, on pouvait être des passeurs, ce serait magnifique..." Que reste-t-il à faire pour Michelle Perrot ? "Ecrire encore, beaucoup, autant que je peux, parce que j'aime cela..."*

Philippe Artières
Philippe Artières Crédits : Corinne Amar - Radio France
Intervenants
  • Historien, directeur de recherches au CNRS
  • historienne, professeure émérite d’histoire contemporaine à l'université Paris-Diderot.
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