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Portrait de Pier Paolo Pasolini en 1971

Portrait de Pier Paolo Pasolini

45 min
À retrouver dans l'émission

En 2015, Hors-champs dressait le portrait complexe, intense et passionnant d'une vie et d'un oeuvre qui aura marqué le vingtième siècle italien.

Portrait de Pier Paolo Pasolini en 1971
Portrait de Pier Paolo Pasolini en 1971 Crédits : Ullstein bild - Getty

Du 18 au 22 mai 2015, Hors-champs  rendait hommage au grand cinéaste italien Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Cinq épisodes pour découvrir le cinéaste, le poète, l'engagé, le dramaturge, l'homme. Avec nos invités, artistes et universitaires, spécialistes et amoureux de Pasolini.

"Fontana di aga dal me país. "Fontaine d'eau de mon village.

A no è aga pí fres-cia che tal me país. Il n'y a pas d'eau plus fraîche que celle de mon village.

Fontana di rustic amòur." Fontaine d'amour rustique."

Pier Paolo PASOLINI, Poesie a Casarsa , Libreria Antiquaria (Bologne), 1942 (en frioulan)

« C’est une voix inattendue mais dont l’Italie avait besoin au sortir du fascisme. La voix poétique de Pasolini » , explique René de Ceccaty. D’ailleurs, Hervé Joubert-Laurencin poursuit en évoquant l’époque du cinéaste-poète :* « Pasolini est né avec le fascisme. Il s’est rendu compte à l’adolescence qu’il y avait un vrai problème dans son pays, avec la pensée totalitaire, et il est devenu antifasciste progressivement, jeune homme. Il a été vacciné à tout moralisme et à toute simplification des choses. »*

Pier Paolo Pasolini est né à Bologne mais, enfant, suit sa mère dans le Frioul. C’est là qu’il va s’éprendre d’un dialecte qui l’inspirera tant, comme l’explique René de Ceccatty : « L’arrivée au Frioul a été fondamentale, notamment la découverte du monde paysan. Il s’ancre dans le Frioul et pense qu’il va devenir un poète dialectal. Il croit beaucoup à la poésie sous forme orale. Avec le frioulan, il a pensé qu’il pouvait atteindre une poésie plus pure, moins standard. Il va utiliser la poésie pour décrire le monde dans sa réalité. »

Et cette réalité peut être violente, comme le montrent beaucoup des films de Pasolini. Mais, pour Hervé Joubert-Laurencin, « c’est la violence de la vie qui passe, ce n’est pas quelqu’un qui un thème unique, une obsession. Chez Pasolini, il y a de l’humour, du rire, de la vie. Toute cette violence c’est une façon de montrer que dans le monde capitaliste il y a quelque chose de violent pour les démunis. Toute violence est violence politique. C’est la vitalité qui l’intéresse, dans toute son œuvre. »

Cinéaste et poète avant tout, Pasolini* « pense que la poésie n’est pas limitée au fait d’écrire des poèmes* , poursuit René de Ceccatty, mais qu’elle a une fonction révélatrice du monde, comme tous les grands poètes. »  Pasolini va être très attentif à tous les poètes italiens et étrangers, et a le grand Dante pour modèle, « Dante comme fondateur d’un regard sur le monde globalisateur, essayant de comprendre le monde dans sa totalité. Pasolini est très attentif aux autres créateurs. Et d’ailleurs, les premières œuvres qui vont le faire connaître, ce sont des anthologies de poésie. »

« Il a une approche de poète,  continue René de Ceccatty. Il a le même rapport aux images que les poètes avec la langue. La représentation sur l’écran devient un événement presque religieux. »

« Il a quelque chose d’indestructible chez Pasolini , estime Hervé Joubert-Laurencin. Sa voix n’est pas forte, elle n’a pas besoin d’être au-dessus des autres. Sa voix a l’air de sortir d’un autre corps car son corps est tendu, physique, musclé. C’est la puissance de sa parole qui est forte et violente. Il a une force intérieure très grande… »

LES INVITES
René de Ceccatty  est écrivain, dramaturge, éditeur et traducteur. Il est l'auteur de *Sur Pier Paolo Pasolini * (Editions du Rocher, 2005), *Pasolini * (Folio, 2005), et il a également traduit et dirigé les éditions françaises de nombreux textes de Pier Paolo Pasolini comme Adulte ? Jamais : Une anthologie, 1941-1953  (Points, 2013), *La persécution : une anthologie, 1954-1970 * (Points, 2014), Sonnets  (Gallimard, 2012) et *Poésie en forme de rose * (Rivages, 2015).

Hervé Joubert-Laurencin  est historien du cinéma, spécialiste de Pier Paolo Pasolini et professeur d'esthétique et d'histoire du cinéma à l'université Paris 10. Il est l'auteur de *Pasolini, portrait du poète en cinéaste * (Cahiers du cinéma, 1995), Le dernier poète expressionniste : Ecrits sur Pasolini  (Les Solitaires intempestifs, 2005), *Salo ou les 120 journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini * (Editions de la Transparence, 2012).

Vous pouvez réécoutez cet épisode sur le site Internet de l'émission, ainsi qu'en podcast et en téléchargement. Rendez-vous dès demain 19 mai pour le deuxième épisode de notre série Pasolini, consacré au travail par les images, avec le réalisateur Bertrand Bonello et l'historien du cinéma Hervé Joubert-Laurencin.

Episode 2/5 : Le travail par les images > 

Intervenants
  • professeur en études cinématographiques à l'université de Paris Nanterre, codirecteur du département des arts du spectacle et de l'unité de recherches "HAR", traducteur et spécialiste de l’œuvre de Pier Paolo Pasolini
  • Auteur, traducteur, éditeur
  • Cinéaste italien
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