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Serge July

45 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler s'entretient avec Serge July , journaliste
Homme engagé, journaliste emblématique et passionné de politique, Serge July nous explique pourquoi il est amoureux de son métier.

Serge July
Serge July Crédits : Corinne Amar - Radio France

Serge July s’est parfois demandé pourquoi il était journaliste : « J’ai eu une overdose de faux, de mensonge. J’en ai souffert et ça m’a poussé, comme dit Jacques Prévert, à aller voir les choses derrière les choses, être plutôt au présent et au futur qu’au passé. » Il ne veut pas ressasser le passé.

Il a toujours écrit, participé à des « aventures intellectuelles et littéraires » mais son rêve d’enfant n’était pas de devenir journaliste, ni écrivain. Jeune adolescent, il s’envisageait plutôt ingénieur, comme son père, et « l’aventure du pétrole » le fascinait. Et puis il s’est plongé dans la politique très tôt. Dans les années 1950, « la période était intensément politique » , c’était la période de la décolonisation.

Son père était un grand consommateur de journaux. A l’époque de France-Soir qui sortait neuf éditions, son père en achetait toujours au moins deux. « C’était presque de l’information en continu. Ce séquencement de l’actualité se faisait naturellement à l’époque de France-Soir. »

Adolescent, il devient sensible aux questions de liberté et d’égalité et, lycéen, s’engage à la Licra. « J’étais très engagé. » Dès 1958, il ne quittera plus la rue : « Toutes les manifestations de 1958 à 1968 à Paris, je les ai faites, je n’en ai manqué aucune, que ce soit pour la défense de la République, pour Mitterrand-Mendès ou pour la lecture de la Constitution place de la République. »

De jeune homme engagé, Serge July devient patron de presse en 1973. Des souvenirs de Libération, il en a des tas, et il revient notamment sur l’affaire Villemin couverte à l’époque, en 1985, par Marguerite Duras. « Je suis allé voir Marguerite et elle m’a confié qu’elle n’arrêtait pas de penser à cette affaire. Je lui ai proposé d’y aller et elle a sauté sur l’occasion : elle s’est saisie de Christine Villemin et en a fait un personnage de Marguerite Duras. »

La première version du texte est impubliable. C’est finalement Serge July, en habillant l’article, qui finit par y apposer le fameux titre « Christine V., sublime, forcément sublime » qui a fait la fortune du texte, mais que Duras n’avait pas voulu, « peut-être avait-elle rétrospectivement raison, même si elle aurait aussi dû mettre plus de conditionnels. »

De Duras à Cavanna, d’Hérodote aux réseaux sociaux, Serge July réunit aujourd’hui dans son dictionnaire amoureux tout ce qui fait pour lui l’essence même du métier de journaliste, « le plus beau métier du monde. »


Dictionnaire amoureux du journalisme de Serge July est publié aux éditions Plon (2015)

Intervenants
  • journaliste, ancien patron de Libération
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