LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Wassim et maya (bénévole de L'auberge des Migrants)
Épisode 2 :

Wassim, réfugié syrien : "C’est comme l’enfer ici. En tant que Syrien, je préfère repartir pour la Syrie et y mourir."

46 min
À retrouver dans l'émission

Second Hors-champs dédié aux réfugiés calaisiens. Laure Adler est venue à la rencontre du syrien Wassim. Il porte un regard rétrospectif sur son parcours, depuis l'enfer syrien jusqu'à la jungle de Calais.

Wassim et maya (bénévole de L'auberge des Migrants)
Wassim et maya (bénévole de L'auberge des Migrants) Crédits : ELODIE ROYER

En Syrie, Wassim se rappelle avoir vécu «une enfance très chouette. (…) Comme tous les enfants en Syrie, j’aimais mon école, j’aimais mes activités, j’aimais la façon traditionnelle dont j’étais élevé et je suis si fier d’être Syrien. ». Il évoque cette autre Syrie, où il faisait si bon vivre, « jusqu’à il y a cinq ans, lorsqu’à éclaté la guerre (...). Là, on a commencé à tout perdre». Il se souvient d'un «pays ouvert à tous. Nous partagions tout : notre maison, notre nourriture, les possibilités de travail. »

« Depuis cinq ans, on a tout perdu. On a perdu notre pays, nos amis. Nous avons perdu nos rêves. »

En quittant la Syrie, il quitte son emploi et part, « sans rien ». « Je n’avais que mon passeport et rien d’autre. J’ai tout perdu. Ma maison, mes amis ». Il laisse également sa famille, à qui il espère pouvoir offrir un avenir meilleur. Actuellement au Liban, sa femme et ses deux enfants ont quitté la Syrie après lui. A cause des tirs incessants de mortier qui tombaient sur la ville de Damas. « Tout ce que je fais, je le fais pour eux. Je suis prêt à faire n’importe quoi pour eux. (…) Je voudrais qu’ils soient avec moi. (…) Les autorités Libanaises n’enregistrent plus les réfugiés depuis le 1er janvier 2015. Donc ils n’ont pas de statut de réfugiés là-bas. »

« Peut-importe ma propre vie et ma sécurité, en réalité ma décision était fondée sur ce que je voulais pour l’avenir de mes enfants, en tant que père, en tant que mari. »

Wassim arrive dans la jungle de Calais en 2014. Il dort dans une cabane en bois depuis deux mois. « Avant ça, on était dans une tente en plastique ». Au quotidien, dans cette jungle, on y fait la queue: « pendant deux heures pour faire sa toilette ; (…) pendant une heure, pour manger » ou pour utiliser des « toilettes propres ».

« C’est comme l’enfer. En tant que syrien, je préfère repartir pour la Syrie et y mourir. Je vous dis ça, c’est si j’étais seul. Si je n’étais pas père, si je n’étais pas un mari, c’est ça que je souhaiterais. En fait je suis pétri de déception. J’avais des rêves et je pensais pouvoir changer ma vie, et veiller à l’avenir de ma famille. Mais ces rêves ne se réaliseront pas. (…) Je suis choqué. Quand je vivais en Syrie ; j’ai accueilli des réfugiés libanais, irakiens, palestiniens ; à Damas nous partagions tout avec eux. Je ne pensais pas être moi-même un réfugié. Mais qu’est-ce que je peux faire ? (…) Je me disais que l’Europe était un endroit formidable pour faire des projets. (…) Mais (...) en tant que réfugié, je ne me sens pas le bienvenu ici. »

L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......