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Tania Mouraud

45 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler s'entretient avec Tania Mouraud , artiste

Tania Mouraud
Tania Mouraud Crédits : Corinne Amar - Radio France

« Ma mère m’emmenait au Louvre en fonction de mon programme dès l’âge de sept ans. J’ai passé dix ans au Louvre. » Ce qui a beaucoup marqué Tania Mouraud dans son éducation artistique, c’est une reproduction d’un table de Miro qui se trouve dans sa chambre d’enfant, « un tableau dans lequel j’ai voyagé pendant une dizaine d’année. » Car elle ne s’est jamais ennuyée devant un tableau.

Quand elle décide de devenir artiste, elle décide d’aller acheter des couleurs et des toiles et de commencer par la peinture : « Je peignais comme une forcenée. » Elle n’a jamais revendiqué son statut d’autodidacte, mais « c’est vrai que je n’ai pas de formation académique, j’ai commencé en travaillant auprès de peintres et d’artistes. Toujours intéressée par la recherche artistique, elle côtoie notamment Joseph Beuys ou John Cage.

Un jour, Tania Mouraud décide de brûler tous ses tableaux. « En peinture, j’étais arrivée à faire des toiles minimales. J’avais vingt ans, j’avais l’impression d’arriver au bout. » Elle était allée à la Documenta de Kassel et ce fut le déclic : en revenant, elle brûle ses quelques cent cinquante toiles. Elle en fait même un geste artistique, immortalisé par la photographie. « Pour moi, c’était un geste de tabula rasa » . Et cette envie de faire table rase la poursuivra régulièrement tout au long de sa carrière : « tous les trois ans environ, j’ai envie de changer de style ou de médium. Je recherche d’autres aventures, d’autres challenges, et puis en gagant en maturité, j’ai envie d’explorer d’autres thématiques. »

Artiste se voulant multiculturelle, ses références culturelles et artistiques fondamentales restent américaines : « J’étais plus proche de l’esprit américain que de l’esprit franco-français que j’appelle la Pompadour, une sorte de vacuité très baroque qui ne referme pas grand-chose. Cet esprit très français est difficile pour moi parce que j’ai eu une éducation de citoyenne du monde. » Ainsi, quand elle a travaillé avec des musiciens, c’était essentiellement avec des musiciens américains. Et dans son paysage mental, figurent au premier rang des artistes comme Robert Rauschenberg, Bruce Neuman ou Kennth Noland.

Pour Tania Mouraud, « l’art est un partage, est une confidence. J’ai un immense respect du spectateur, je suis exactement au même niveau que le spectateur, et je lui confis mon regard sur le monde. Beaucoup de personnes partagent les mêmes émotions que moi. Je laisse au regardeur beaucoup de place pour que cette expérience émotionnelle devienne sienne. »


Tania Mouraud, une rétrospective , au Centre Pompidou Metz jusqu'au 5 octobre 2015 ; au programme : exposition dans le musée, oeuvres dans plusieurs lieux de la ville de Metz et performance de Tania Mouraud, ainsi que de nombreuses autres activités.

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