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Alain Cavalier le 3 Novembre 2009.
Épisode 4 :

"Tous les cinéastes sont Flaubertiens !"

44 min
À retrouver dans l'émission

Quatrième volet de cette série spéciale "Hors-Champs" avec Alain Cavalier à l'occasion de la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque française. Il évoque l'influence de la peinture et de la littérature sur sa manière de filmer, l'importance de la musique et de la voix dans ses films.

Alain Cavalier le 3 Novembre 2009.
Alain Cavalier le 3 Novembre 2009. Crédits : François Lo Presti - AFP

Alain Cavalier, lors de la rétrospective qui lui a été consacrée à la Cinémathèque Française, a accepté que l’équipe de « Hors-Champs » puisse le rencontrer au début, en cours et à la fin de cette rétrospective.

Il voulait s’assurer par lui-même qu’il était capable pour la première fois de sa vie de voir ses propres films et de voir comment lui réagirait par rapport à son travail et comment les spectateurs réagiraient par rapport à des films qu’il n’a jamais eu le courage de revoir.

Cette série d’émissions est une série de conversations avec différents plans sonores, des confessions et une introspection : filmeur sachant filmer.

Ce soir, Alain Cavalier évoque l'influence de la peinture et de la littérature sur sa manière de filmer, la musique des mots et la voix.

Le cinéaste raconte encore se rendre dans les musées "surtout en province, parce que d'abord il n'y a personne et il y a toujours une rareté, et je la filme". 

Il évoque par la suite son film "La rencontre" (1996) dans lequel il filme sa compagne Françoise et tente de comprendre comment on peut passer du personnel à l'universel qui résonne en chaque spectateur.

Il ne faut pas que mon point de vue personnel et intime aille contre celui du spectateur. Je sais qu'il y a des zones trop personnelles donc qui sont interdites parce qu'elles ne créent pas une communication entre moi et le spectateur. Alors je tâtonne parce que je me trompe.

Puis il passe en revue ses influences littéraires et analyse la place de la musique et de la bande-son dans le cinéma.

Émotionnellement, les gens ça les prend aux tripes. Ce n'est pas un vain mot que de mettre de la musique sur les films. Ça m'emmerde parce que c'est rajouter un effet, que le film n'est pas suffisant pour provoquer l'émotion.

C'est une bande-son très simplette parce qu'il n'y a jamais de rajouts, c'est-à-dire c'est le direct, jamais de rajouts. J'ai une espèce de théorie : ce qui a été bien enregistré, si ça se passait bien au moment où la caméra tournait, ça reste bien jusqu'au bout.

Quand il revoit ses premiers films, Alain Cavalier s'interroge sur cette façon de travailler à l'ancienne, "dans le désordre" qui règne sur un plateau, devant faire face à tous les aléas qui conditionnent un film. Le réalisateur, dans ces conditions de tournage, est alors comme "dépossédé de [lui]-même", il est un "chef de chantier, un chef d'équipe" tandis que "le PDG, c'est le producteur". Tout cela, pour lui, c'est du passé qui s'est arrêté il y a vingt ans maintenant, "la dernière fois que je l'ai fais, c'est très simple, c'était en 92".

Je cherche des choses personnelles à travers cette discipline quotidienne [de filmer], ça me travaille : la vie doit être une petite cérémonie.

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