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Valérie Jouve

45 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler s'entretient avec Valérie Jouve. Après une formation d'anthropologue, elle se tourne vers la photographie et la vidéo. Ses œuvres travaillent sur l'espace, le corps, le rapport entre l'humain et la ville. Recherchant une "certaine intensité du monde vivant", l'artiste présente au Jeu de Paume, jusqu'au 27 septembre, un panorama de ses 35 ans de carrière.

Valérie Jouve
Valérie Jouve Crédits : Corinne Amar - Radio France

Valérie Jouve n’a pas eu de vocation photographique. Elle n’a pas eu un rapport particulier à cet outil avant l’âge adulte. C’est lorsqu’elle est étudiante en anthropologie que son intérêt pour la photo va naître.

Au départ, elle choisit l’anthropologie car elle se sent observatrice du monde des humains, un monde complexe, explique-t-elle. « Petite, j’étais méditative et je me posais des questions, comme par exemple les rapports entre les membres d’une famille : certains peuvent prendre la parole, d’autres n’ont pas le droit à cette parole. »

Quand elle finit par choisir la photographie, elle commence par nier son passé d’anthropologie : « au début, je ne parlais pas du tout de ces études. Je ne lisais plus de livres d’analyse sociologique. » Il y a une dizaine d’années, Valérie Jouve se rend compte que dans ce travail d’artiste photographe, elle a l’impression d’être dans un entre-deux : « je me suis rendue compte que ce travail ne venait pas du monde de l’art. Ce n’est pas une nécessité de faire art qui a commencé mon travail, c’est vraiment une nécessité d’observation du monde, mais sans le figer, sans tomber sur des synthèses qui tiendraient un discours rigide. »

C’est à ce moment qu’elle comprend que ses études ont nourri son art. « Mais sans chercher un résultat comme cela est demandé en anthropologie. L’anthropologue ne peut pas rester en suspens dans sa réflexion. J’ai cette liberté avec la photographie. » Elle précise : « Je veux donner des points de vue, des ouvertures à réflexion mais sans donner de discours sur cette société des hommes à laquelle j’appartiens.

L’indécidable, qui semble nimber ses photographies, vient de cette expérience de ne pas vouloir figer les choses. « Je construis des images qui sont des appels à projections pour le regardeur. Qu’est-ce que cette personne va se raconter ? Ce qui m’intéresse, c’est une réflexion à partir d’une image, et non pas une image faite pour comprendre un contexte. » Son objectif : faire des images pour poser des questions auxquelles chacun des regardeurs est invité à répondre. « Nous sommes tous des habitants du monde. C’est un travail qui tend à penser le monde d’aujourd’hui. Chaque image parle pour elle-même et vient s’insérer dans cette grande réflexion. Ce travail réfléchit autant à la ville par exemple qu’à la photographie elle-même… »


Extraits sonores :

Maurice Merleau-Ponty dans Heure de culture française , 9 octobre 1948, Chaîne Nationale de la RDF

Henri Cartier-Bresson dans Entretiens avec de Véra Feyder, 2 août 1969, France Culture


Valérie Jouve Corps en résistance Exposition au Jeu de Paume (Paris) jusqu'à 27 septembre 2015

Valérie Jouve. Corps en résistance
Valérie Jouve. Corps en résistance
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