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Werner Herzog

45 min
À retrouver dans l'émission

"La traduction de mon nom "Herzog" est duc, c'est une bonne protection de se cacher derrière un nom. Mais moi, j'aurais aimé travailler de façon anonyme."
Il préfère ne pas parler de sa famille, il a appris le cinéma de façon autodidacte. Il ne se considère pas comme un cinéaste ; avant ses 11 ans il ne savait même pas que cet art existait. Encore aujourd'hui, il voit peu de films. Depuis sa jeunesse, il a toujours voulu réaliser des films, mais face à la difficulté du milieu, il a décidé de les produire lui- même.

"J'ai cette réputation sulfureuse de prendre des risques lors de mes films , de faire des choses risquées, mais cela n'est pas de mon fait, c'est le problème des médias, mais je dois reconnaître qu'il m'est arrivé de jouer avec la roulette russe."

Tous ceux qui l'accompagnent, dans la réalisation de ses films, sont volontaires, sur les cinquantes films qu'il a filmés aucun acteur n'a été blessé. Pour lui, il y a des limites morales et physiques qui se posent pour chaque réalisateur de films.

Son rêve premier, lorsqu'il était enfant, était de devenir sauteur à ski, sa carrière d'athléte s'est achevée après l'accident mortel de l'un de ses amis.

Il se lance souvent des défis pour des raisons existentielles, il voyage dans des lieux surprenants où il met son physique à l'épreuve.

"Mes talents d'écrivain sont supérieurs à mes talents de cinéaste, mon livre "Conquête de l'inutile" survivra bien plus longtemps que tous mes films."

Il a une vision du monde réaliste dans ses documentaires, ou plutôt dans ses longs métrages déguisés.

Comme le cinéma a désormais recours aux effets numériques, son rapport à la réalité est aujourd'hui altéré. L'art du cinéma a donc pour rôle de transcrire ce décalage. Mais, pour lui, la question essentielle reste celle de la vérité...

Il entretient avec ses acteurs une relation intense. Certains de ses films n'auraient pas dépassé le statut de projet intime sans eux. Klaus Kinski a joué dans plus de deux cents films, dont cinq avec lui. Selon lui, Klaus Kinski ne s'est jamais donné autant que dans ses films, c'est la même chose pour Nicolas Cage dans Bad Lieutenant .

"Je n'ai jamais construit une carrière, j'ai toujours été habité par des projets, des histoires, mais, en fait je n'arrive jamais à rattraper ce flot là. Et cela ne s'arrête jamais..."

Il ne rêve pas, c'est peut être pour cette raison qu'il s'est mis à réaliser des films. Il a besoin, dans ses films, de se plonger dans la condition humaine, dans les abysses de la pensée humaine. Il choisit des personnalités intriguantes pour interpréter les différents rôles de ses films.

Le cinéma est là pour montrer l'amour, l'extase, les enchantements, mais c'est aussi un terreau très fertile lorsque l'on souhaite étudier le mal et la noirceur des hommes.

Dans une certaine mesure, il croit être l'inventeur du cinéma, c'est pourquoi il ne voit pas de films, en revanche il lit beaucoup. Les autres cinéastes n'existent guère, il essaye de trouver l'illumination dans ce qu'il fait et de la transmettre.

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