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Yvette Roudy pose chez elle, le 27 décembre 2006 à Paris.

Yvette Roudy : "J'avais du pouvoir, j'avais l'oreille de Mitterrand"

45 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler reçoit Yvette Roudy, femme politique ayant soutenu la cause féministe. Membre du Parti Socialiste, elle a été députée européenne, première ministre des Droits des femmes puis députée du Calvados et maire de Lisieux.

Yvette Roudy pose chez elle, le 27 décembre 2006 à Paris.
Yvette Roudy pose chez elle, le 27 décembre 2006 à Paris. Crédits : Eric Feferberg - AFP

Yvette Roudy commence par parler de son enfance, "mon enfance, c'était la guerre". A 12 ans, elle perd aussi sa mère, donc pour elle c'est "une période grise, je dirais noire, triste". De son père, elle garde une image "très autoritaire", "rigide", "macho" : "En vérité c'est grâce à lui que je suis devenue féministe, je crois !"

Mon premier désir, ma première conquête, ma première bataille, ça a été pour la culture. Je me suis battue pour apprendre, pour passer des examens. Je continue de penser que c'est par là que l'on peut marcher vers le progrès, par l'élévation du niveau culturel.

Yvette Roudy dit son admiration pour Louise Weiss qu'elle a connue au Parlement Européen puis elle réagit en écoutant une archive de Simone de Beauvoir qu'elle a également fréquentée lorsqu'elle était ministre des Droits des femmes.

Simone de Beauvoir, c'est un modèle. Son analyse reste unique. C'était une intellectuelle, son boulot c'était écrire et réfléchir. Il faudra qu'il y ait des rues qui portent son nom, qu'elle ait même une statue. Ce n'est pas le cas encore aujourd'hui. Je pense que les statues de militaires devraient être remplacées de temps en temps par de grandes figures, et il y en a.

Féministe et socialiste, Yvette Roudy se souvient combien il était difficile pour une femme de se faire entendre au sein du Parti socialiste : "Les socialistes n'ont jamais considéré que c'était essentiel".

Les femmes ont ce complexe, cette culture de soumission alors que les hommes ont reçu une culture de domination.

Première ministre des Droits des femmes de 1981 à 1986 sous la présidence de François Mitterrand, Yvette Roudy s'en explique, selon elle "François Mitterrand a toujours été attiré par des gens différents parce qu'il considérait qu'ils lui apportaient quelque chose".

François Mitterrand m'a toujours soutenue en toute chose. La seule difficulté a été sur le remboursement de l'IVG, pour lequel j'ai dû ferrailler avec lui parce qu'il n'était pas complètement convaincu. Mais il a finalement accepté.

Au moment de la cohabitation en 1986, il y a eu une "atomisation" du Ministère car "beaucoup de gens étaient hostiles à ce Ministère". Elle se rappelle notamment de Monseigneur Lustiger qui "s'opposait" à ses mesures. Elle découvre alors combien "l'Eglise catholique romaine se mêle de tout". Malgré des avancées, elle regrette que les femmes s'arrêtent de travailler aussi longtemps après avoir eu des enfants, cette rupture les retarde : "Le développement du temps partiel a été terrible pour les femmes."

L'idéal c'est que les femmes ne s'arrêtent pas [de travailler] et que l'on puisse organiser la vie pour qu'elles puissent avoir les moyens de faire garder les enfants, pour éviter à Monsieur Fabius de demander qui va garder les enfants... Je pense que les hommes peuvent aussi les garder de temps en temps. Ils peuvent partager. La question politique, c'est la question du partage. Comme d'ailleurs la question politique entre les dominants et les dominés, ceux de l'Olympe et ceux qui sont en bas.

Intervenants
  • députée européenne, ministre des Droits de la femme de 1981 à 1986
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