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L'intelligence artificielle au piano

Franck Madlener, imagination et création

59 min
À retrouver dans l'émission

"L'imagination, ce que Pascal appelait la fille du logis, est en en fait la fille du "logos", c'est-à-dire qu'elle a partie liée à la raison organisatrice." Franck Madlener

L'intelligence artificielle au piano
L'intelligence artificielle au piano Crédits : Hiroshi Watanabe - Getty

Directeur de l'IRCAM, l'Institut de recherche et de coordination acoustique-musique, depuis 2006, musicien, philosophe et européen (il a travaillé dans la plupart des pays d'Europe), c'est donc avec Franck Madlener qu'Alain Prochiantz conduit son dernier entretien sur le thème des imaginations. Comme on peut s'en douter, il y est donc question de l'imagination et de la musique, mais aussi de la charnière entre arts et sciences, déjà en pointillés dans tous les entretiens précédents, mais cette fois-ci incarnée par Franck Madlener, qui, par sa fonction, fait travailler les deux domaines quotidiennement.

L'imagination, pour moi, ce n'est pas l'illusion, le fantasme, tout ce qu'on a pu appeler dans la psychanalyse le fantasme qui a succédé au jeu : vous jouiez enfant, vous créez un monde double plus tard. C'est beaucoup plus précis que ça, c'est peut-être la capacité à créer un monde qui a la même valeur que le monde réel, on pourrait dire un monde irréel, qui est tangible, qui a ses lois, son organisation. Finalement c'est la capacité à interrompre notre propre monde qui est finalement assez rare. L'imaginaire, en tout cas, l'imagination est cette faculté d'interrompre notre propre monde. Elle a donc beaucoup à voir avec la mémoire et la façon que l'on a de la mettre en échec. 

Au cours de l'entretien, Franck Madlener prend de nombreux exemples de ressemblances entre art et science, de la présence dans l'un comme l'autre d'un code et d'une forme. 

C'est comme si, dans une oeuvre artistique apparemment simple, l'apparence de simplicité de l'art, il y a un chiffrage, il y a un code. Je suis convaincu que l'auditeur le plus innocent ressent ce formalisme, il ressent à la fois une impulsion, une invention, et il ressent en même temps une forme qui a été préméditée. 

Mais il n'arrête pas là sa comparaison. Pour lui, même la production artistique et scientifique répond aux mêmes principes.

L'atelier et le laboratoire sont des lieux collectifs, on pense toujours à l'artiste comme un solitaire, je crois plutôt qu'au XXIe siècle l'atelier d'artiste est doté de beaucoup de compétences qui se complètent. Il y a les humains, des machines, quand on voit comme se fait la musique, ou un bâtiment, on voit qu'il faut qu'ils se complètent.

Ce qui l'amène au travail conjoint de la technique et de l'art et lui pose la question de l'authenticité du travail des humains, principalement vis-à-vis des capacités des machines. 

En fait, ce qui serait extraordinaire, ce qui serait absolument génial c'est d'avoir des hétéronymes, c'est-à-dire des autres "soi" machines. Des avatars. Non pas simplement pour produire des œuvres à la manière de, mais plutôt d'avoir des autres soi qui, à partir d'un même matériau vous fabriquent quelque chose et puis vous le regardez et entrez en concurrence. Ce serait un compagnonnage, pas une servilité ni une domination. 

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
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