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Manifestation pour le climat à Paris en mars 2019

L'Europe en fait-elle assez pour le climat ?

5 min
À retrouver dans l'émission

Le climat est le principal sujet d'inquiétude des jeunes Européens. C'est aussi un thème qui s'est imposé dans la campagne pour les européennes sous la pression d'une jeunesse qui se mobilise encore ce vendredi. France Culture y consacre le quatrième épisode d'Insta d'Europe.

Manifestation pour le climat à Paris en mars 2019
Manifestation pour le climat à Paris en mars 2019 Crédits : Véronique Rebeyrotte - Radio France

En avril dernier, c'est une Greta Thunberg en larmes qui supplie le Parlement européen d'agir pour le climat. La jeune lycéenne suédoise de 16 ans, devenue une icône de la lutte contre le réchauffement climatique, fait comme à chacune de ses prises de parole un discours sans concession devant l'assemblée des eurodéputés. "Sous peu, nous ne pourrons plus inverser la tendance. Lors de cette élection, vous voterez pour les futures conditions de vie de l'humanité". Pionnière, Greta n'est plus seule à tenir ce discours. Des "Greta", il y en a désormais dans beaucoup de pays d'Europe. Beaucoup de visages féminins d'ailleurs, pour interpeller les responsables politiques et candidats aux élections européennes du 26 mai. Pour inciter l'Europe à accélérer ses efforts contre le réchauffement et reprendre un leadership qu'elle a perdu ces dernières années.  

>> Découvrez l'enquête d'Hugo sur Instagram à ce sujet 

#objectifscontraignants  

L'Union européenne a des objectifs contraignants à atteindre en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Conformément aux recommandations du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), elle s'efforce de réduire ses émissions de gaz à effet de serre en vue de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) en dessous de 2 degrés (si possible 1,5 degré) en 2100, par rapport à l'époque préindustrielle (milieu du XIXe siècle). C'est l'objectif fixé par l'accord de Paris en 2015, lors de la COP21. Pour appuyer ses engagements internationaux, l'Union européenne s'est dotée en 2008 d'un plan d'action appelé "paquet énergie-climat". 

De nouveaux objectifs ont été fixés pour 2030. Ces objectifs pour 2030 sont :  

  • Au moins 40% de réduction des émissions de GES par rapport à 1990. 
  • Porter à 32% la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie de l'UE.  

Or, pour respecter l'accord de Paris sur le climat et rester en dessous des 2 degrés (la trajectoire actuelle est de 3,2 degrés), l'Europe doit revoir ses objectifs pour 2030 et réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55% à 65% ( et non plus 40%) si elle veut être en conformité avec l'accord de Paris.    

Dans le secteur de l'industrie, il existe le marché du carbone européen. C'est le marché des "droits à polluer", ou "système d'échange des quotas d'émission (ETS). Ce marché plafonne le niveau global des émissions autorisées dans l'UE et, dans cette limite, permet aux industries d'acheter ou de vendre des quotas d'émissions, selon leurs besoins. Il existe donc un plafond de pollution industrielle, revu à la baisse chaque année. Pris par des impératifs économiques, commerciaux ou financiers, les Etats membres peinent souvent à se mettre d'accord. Cela prend du temps mais le Parlement européen a plus de pouvoir que ce que l'on veut bien croire et notamment en matière d'écologie. Celui de faire adopter des réglementations qui s'imposent à tous. 

Récemment, l'UE a adopté des textes stipulant la fin de la pêche électrique, l'interdiction du plastique jetable à partir de 2021. Elle pourrait imposer demain une taxe sur le kérosène. L'Europe, troisième pollueur mondial derrière la Chine et les Etats-Unis, se préoccupe de la planète à son rythme et promet souvent plus qu'elle ne fait. Les blocages sont surtout à mettre sur le compte des Etats qui défendent individuellement leurs industries et leurs énergies. La prochaine grande discussion à venir sur le plan européen est celle d'une neutralité carbone en 2050.   

#pressioncitoyenne  

Le monde et en particulier l'Europe se retrouvent depuis de longs mois confrontés à une mobilisation citoyenne, jeune et inédite. Les jeunes exigent des actions immédiates en faveur du climat et de l'environnement en général. Emmenée par Greta Thunberg, la jeunesse européenne manifeste depuis 18 semaines pour réclamer des engagements forts en faveur du climat. Lors de la première grève mondiale du 15 mars 2019, ils ont été 1,8 million à faire l'école buissonnière, à descendre dans la rue pour "protéger leur avenir". A deux jours des élections européennes, une nouvelle journée mondiale de grève des jeunes est prévue ce vendredi pour que "le climat ne soit pas qu'un thème de campagne". Le mouvement de grève lancé par Greta Thunberg a contribué à faire du changement climatique un enjeu central des élections européennes de 2019. Les jeunes ne sont pas les seuls à réclamer davantage d'actions en faveur du climat : des enquêtes montrent que plus des trois quarts des citoyens de certains des principaux pays de l'UE souhaitent que les responsables politiques s'attaquent au changement climatique (ce chiffre atteint 79% en France et même 82% chez les moins de 20 ans). Dans leur communiqué, les mouvements de jeunes comme Youth For Climate ou Fridays For Future demandent aux responsables politiques de prendre au sérieux l'alerte des scientifiques ; au Parlement européen et au Conseil européen d'adopter et d'appliquer des lois qui obligeront les pays à prendre des mesures pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris.   

#lobbying  

Les lobbystes seraient un frein à une ambitieuse transition écologique à mener au niveau européen. Impossible de parler des institutions européennes sans parler du lobbying en activité au coeur même du quartier européen de Bruxelles. Au fil des années, les lobbystes se sont installés dans les rues autour du Parlement, du Conseil européen et de la Commission européenne. Entreprises privées, ONG, consultants en tout genre, tous ont des bureaux dans la capitale belge. Entre 3 000 à 4 000 organisations de lobbying y sont installés. Mais ils seraient 12 000 en tout à être actifs. Le secteur est en pleine expansion. Le budget conséquent. Un milliard et demi d'euros ont été dépensés l'an passé en activité de lobbying. C'est un budget en constante augmentation. Juste en face du Parlement européen, les lobbystes ont leurs adresses sur la place du Luxembourg. Des bars où ils se croisent en fin de journée comme "chez Ginette". C'est là que j'ai croisé Edouard Gaudot, ex-conseiller du groupe des verts à Bruxelles. Selon lui, les lobbystes sont une source d'information (presque) comme les autres.

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