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"L'Europe laisse-t-elle mourir les migrants en Méditerranée ?"

5 min
À retrouver dans l'émission

La gestion de la crise migratoire est l'un des sujets prioritaires pour les jeunes Européens : France Culture y consacre le deuxième épisode d'Insta d'Europe, rendez-vous interactif de la rédaction sur Instagram, à la radio et sur le web jusqu'aux élections le 26 mai.

Photo prise lors d'un sauvetage effectué par l'association SOS Méditerranée.
Photo prise lors d'un sauvetage effectué par l'association SOS Méditerranée. Crédits : Anthony Jean / SOS Méditerranée

Deuxième semaine d'Insta d'Europe, le nouveau rendez-vous interactif et multimédia de la rédaction de France Culture (pour en savoir plus, c'est ici) consacré à l'un des sujets qui préoccupe particulièrement les jeunes Européens : les migrants.

Nous vous proposons quelques clés pour mieux comprendre la situation actuelle.

#crisemigratoire

Les autorités européennes estiment qu'on ne peut plus parler de "crise migratoire". En effet, il y a actuellement beaucoup moins d'arrivées sur le territoire de l'UE que lors de l'année 2015 (plus d'un million de personnes). En 2016, 390 000 personnes seraient rentrées en Europe, d'après l'organisation internationale des migrations. En 2018, le nombre d'arrivées est descendu sous les 150 000, mais les premiers mois de 2019 semblent indiquer une reprise, notamment dans la "route occidentale", celle entre le Maroc et l'Espagne a déjà vu passer près de 8 000 migrants depuis le 1er janvier.

Crédits : Visactu

#compétence

Au sein de l'Union européenne, la compétence du contrôle des frontières et des migrations appartient toujours aux États, même s'ils sont incités à travailler à une politique commune, disent les traités. Ceux qui ont une frontière vers l'extérieur de l'UE peuvent solliciter l'aide de l'Europe, pour protéger leurs entrées terrestres, maritimes ou aériennes (dans les aéroports).

#Frontex

Créée en 2004, Frontex a été renommée Agence des garde-frontières et garde-côtes. Son principal rôle est d'assister les États-membres dans le contrôle de leurs frontières, ses agents sont donc essentiellement présents en Grèce, en Italie et en Espagne. Ils ont des bateaux et hélicoptères à leur disposition. Basée à Varsovie, l'Agence n'a pas d'effectifs propres, ce sont les États qui mettent des agents à disposition.  Actuellement, 1 200 personnes y travaillent et 1 500 autres sont mobilisables en cas de crise, ce chiffre devrait passer à 10 000 dans les années à venir.

#Sophia

Opération lancée en 2014 à la demande de l'Italie, en Méditerranée centrale. C'est une opération militaire qui vise essentiellement à arrêter les passeurs, au large de l'Italie et dans les eaux internationales proches de la Libye. Fin 2018, les nouveaux dirigeants italiens ont décidé d'abandonner le versant maritime. L'Europe a acté ce choix. Il n'y a plus que des patrouilles aériennes.

Lors de ces deux opérations (Frontex et Sophia), l'UE estime avoir sauvé 730 000 migrants en mer et arrêté 900 passeurs.

On le sait peu, mais l'UE a sauvé 730 000 personnes ces dernières années. Évidemment, les opérations européennes respectent le droit de la mer ! - Isabelle Jegouzo, cheffe de la représentation en France de la Commission européenne.

#droitdelamer

Plusieurs conventions internationales établissent que tout "navire qui reçoit une information sur des personnes en détresse en mer est tenu de lui porter secours". Les ONG comme SOS Méditerranée se fondent là-dessus pour justifier leur activité, elles estiment que les autorités européennes ne le respectent pas, "c'est faux" répond la Commission européenne. SOS Méditerranée lance d'ailleurs une campagne sur les réseaux sociaux pour interpeller les futurs députés européens.

On est révoltés ! Tout est fait pour faire disparaître les bateaux des ONG de la mer. C'est comme s'il n'y avait plus de témoins donc plus de morts - Sophie Rahal, porte-parole de SOS Méditerranée

A Cadiz, un cercle de silence est organisé par l'association Cardjin qui vient en aide aux migrants arrivées sur la côte andalouse.
A Cadiz, un cercle de silence est organisé par l'association Cardjin qui vient en aide aux migrants arrivées sur la côte andalouse. Crédits : Audrey Tison - Radio France

#Schengen

Actifs depuis 1995, les accords de Schengen instituent la libre circulation des personnes et harmonisent les contrôles des voyageurs au sein de l'espace constitué par ces Etats. Cet espace ne recouvre pas le territoire de l'UE : 22 Etats-membres en font partie (le Royaume-Uni n'a jamais souhaité y participer), ainsi que quatre autres pays voisins (Islande, Norvège, Suisse et Liechtenstein). Les contrôles aux frontières intérieures n'existent quasiment plus, mais un pays a le droit de suspendre la libre circulation et rétablir des contrôles avec les autres membres. Cette mesure peut être activée pendant quelques mois, jusqu'à deux ans. C'est ce qu'a fait la France lors de la conférence Climat de novembre 2015 et les attentats du Bataclan. La mesure a été prolongée plusieurs fois avant d'être levée le 30 avril dernier.

#Dublin

La Convention de Dublin établit que l’État responsable pour examiner les demandes d’asile est celui par lequel le migrant est entré dans le territoire de l'UE, plus exactement le pays dans lequel on a enregistré son identité pour la première fois. Si le migrant se déplace dans un autre pays, il ne pourra pas entamer des démarches ailleurs, il peut être "dubliné", c'est à dire renvoyé vers son pays d'enregistrement. Ce mécanisme a été très critiqué lors de la crise migratoire, les pays méditerranéens et de l'Est se retrouvant à gérer un afflux. Il pourrait être bientôt réformé.

Pour revivre dans le détail les rencontres de cette semaine, rendez-vous sur Instagram.

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