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Centre Pénitentiaire de Beauvais

Au Centre Pénitentiaire de Beauvais: on mise sur le Respect

9 min

Direction le centre pénitentiaire de Beauvais, première maison d'arrêt en France où est expérimenté le module "respect", un programme dans lequel, entre autres choses, les détenus volontaires et admis, ont les clés de leur cellule.

Centre Pénitentiaire de Beauvais
Centre Pénitentiaire de Beauvais Crédits : Clémence Allezard - Radio France

Le programme Respect est testé depuis 2014 dans le centre de détention Pémégnan, à Mont de Marsan.

A Beauvais est expérimenté pour la première fois en France en Maison d’arrêt un régime de détention « plus souple », inspiré du modèle du centre de détention de Mont de Marsan, inspiré lui-même du « MODULO RESPETO » espagnol, deux programmes mis en place pour lutter contre les suicides et la violence carcérale qui ont rencontré de vifs succès… Désormais, au « MH3 » de Beauvais, l’un des bâtiments de la prison, les détenus ont les clés de leur cellule…

Passés les moult portiques de sécurité, passé le MH1 : le quartier au régime de détention « classique » donc fermé, passés les cris des détenus cloitrés qui s’apostrophent d’une fenêtre à l’autre, passées aussi les façades colorées et le mur végétal qui les sépare… on arrive au bâtiment MH3 : au régime RESPECT. Respect envers les surveillants, ses codétenus, les locaux communs, sa cellule, soi-même aussi, respect surtout envers les termes du contrat dont le détenu est signataire : tout le monde est volontaire (personnel et détenus) mais ces derniers ont une sorte de permis à point, on part de zéro et on est évalué quotidiennement par les surveillants : une bonne action spontanée (nettoyer la coursive de son étage par exemple) vaut un point, se balader en short dans la même coursive en fait perdre un. Moins 10 points et l’on risque l’exclusion.

Mais si l’on observe chaque règle de la vie en collectivité façon maison d’arrêt: politesse, discipline, obligation de se rendre aux activités culturelles, sportives ainsi qu’aux formations scolaires et / ou professionnelles alors oui, les détenus jouissent d’un peu plus de liberté. C’est le cas de Quentin*, placé sous le régime respect depuis ses prémisses, en janvier dernier. Au centre pénitentiaire de Beauvais, pour chaque quartier « fermé » ou « respect » il y a en moyenne un surveillant pour 40 détenus, mais l’autonomie accrue des détenus change un peu le métier de maton….

Florent*, surveillant, a fait l’expérience des deux régimes, il compare. Ce programme, il rompt aussi, le temps carcéral souvent synonyme d’oisiveté… Dans le but de favoriser l’après : la réinsertion dans la société.

Si tous les détenus du régime classique ont droit aux activités proposées dans la prison. Les détenus du module respect ont, eux l’obligation, de les exercer, c’est le contrat.

Walid*, ici depuis 9 mois aussi, se réjouit d’être davantage responsabilisé.

La grande nouveauté ici c’est que le programme RESPECT est expérimenté en maison d’arrêt c'est-à-dire dans un établissement où cohabitent prévenus et condamnés, des établissements réputés très surpeuplés, où les suicides & dépressions de détenus sont fréquents et où la violence carcérale est un fléau. C’est pour lutter contre ces maux que le module RESPECT est né.

Si les premiers détenus admis étaient en bonne voie de réinsertion, l’objectif de l’expérience est bien à terme de favoriser la réadaptation à la vie en société de TOUS. C’est pourquoi des individus au PROFIL ‘plus compliqué » sont peu à peu admis à condition, bien sûr de ne pas présenter de risque majeur pour la société. Pas de candidat au djihad ou suspect de terrorisme dans les locaux.

Frédéric, est chef adjoint du bâtiment, il gère détenus et personnel pénitentiaire. Il constate une relation apaisée entre personnel et prisonniers.  Pour lui, un tel module ne fonctionne que dans ce genre d'établissement, au régime différencié. A ce propos, les avis divergent au sein de l’administration pénitentiaire, l’enfermement n’étant pas la panacée y dit-on, on parie sur l’avenir : une autre prison serait possible.

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