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A Avion, dans le Nord-Pas-de-Calais, l'un des sites de captage du grisou est désormais doté d'une turbine pur produire de l'électricité.

Gaz de charbon : le nouvel eldorado

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Dans le nord, certains ne veulent pas qu’on touche au charbon enfoui sous leurs pieds. Dans le Nord, le méthane piégé sous différentes formes dans les sous-sols attirent les convoitises des industriels avec une promesse : produire un gaz propre... et surtout français.

A Avion, dans le Nord-Pas-de-Calais, l'un des sites de captage du grisou est désormais doté d'une turbine pur produire de l'électricité.
A Avion, dans le Nord-Pas-de-Calais, l'un des sites de captage du grisou est désormais doté d'une turbine pur produire de l'électricité. Crédits : Violette Voldoire - Radio France

Certains habitants ne veulent pas qu'on touche à nouveau au charbon du Nord

Le charbon dans le Nord n'appartient plus aux siècles passés. Le collectif Houille ouille ouille est très inquiet de voir revenir les industriels qui comptent bien exploiter l'un de ses attributs : le gaz très pur qu'il contient. Car le charbon est comme une éponge qui contiendrait des centaines de mètres cube de méthane, vierge d'impuretés à plus de 90%, d'après La Française de l'Energie. Cette société privée qui compte 26 salariés s'est lancé depuis 2009 dans une aventure industrielle à coup de millions d'euros : capter le grisou qui circule naturellement dans les anciennes galeries de mineurs d'une part, et réaliser des forages très profonds dans les gisements jamais exploités d'autre part. Un projet déjà lancé en Lorraine, et encore à l'étude dans le Nord-Pas-de-Calais. Dans cette région justement, le collectif Houille ouille ouille voit d'un très mauvais oeil tout ce qui pénètrerai son sous-sol.

Michèle Goosens, Christine Poilly, Gabriel Bertein et Francis de Rigbourg du collectif Houille ouille ouille, contre l'exploitation du gaz de charbon dans le Nord.
Michèle Goosens, Christine Poilly, Gabriel Bertein et Francis de Rigbourg du collectif Houille ouille ouille, contre l'exploitation du gaz de charbon dans le Nord. Crédits : Violette Voldoire - Radio France

"Nous n'avons jamais été opposé à ce qu'on capte le grisou qui circule sous la terre, bien au contraire !" s'exclame Christine Poilly, membre du collectif. Le grisou, qui fit tant de morts à la grande époque de l'extraction de la houille, est un mélange de méthane et d'air qui circule dans les galeries souterraines. "Il est nécessaire de le drainer pour qu'il ne ressorte pas n'importe où. C'est pour cela qu'on a installé des stations de captage," explique de son côté le directeur général de La Française de l'Energie, Antoine Forcinal. Des stations de captage désormais coiffées de quatre turbines électriques, enclenchées vendredi 30 juin dernier : "6 moteurs à gaz sont désormais opérationnels sur les sites de Lens, Lourches, Avion et Divion, pour une capacité installée totale de 9 mégawatts (MW)," annonce un communiqué. Utiliser ce méthane plutôt que le laisser fuir dans l'atmosphère, jusqu'ici, tout le monde est d'accord, ou presque. "Leurs turbine a un rendement ridicule, autours de 37%, c'est ridicule !" affirme Gabriel Bertein.

Rentabilité et fracturation hydraulique

Ou le bâts blesse-t-il ? "La Française de l'énergie est une entreprise privée, et se contenter du grisou n'est pas très rentable. Ils vont forcément aller chercher du gaz plus pur, et là, il faudra qu'ils fassent des forages très profonds et de la fracturation hydraulique, affirme Gabriel Bertein," membre du collectif. Une rentabilité qui n'est en effet pas au rendez-vous pour le moment, confirme Antoine Forcinal, qui confirme que les forages dans le nord ne sont pour l'instant qu'à l'étude. Il n'est pas question non plus de parler de fracturation hydraulique, qui a fort mauvaise presse. S'il est vrai que le gaz de charbon est un frère du gaz de schiste, puisque dans les deux cas il s'agit de méthane, son extraction est bien plus facile. "Nous faisons déjà des forages en Lorraine, et je n'y met pas un gramme de produits chimiques," affirme le directeur général de La Française de l'Energie. Une version contestée formellement par le collectif, qui affirme disposer d'une liste de produits obtenue auprès de la DREAL, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement en Lorraine.

Quels risques pour l'environnement ?

"Les risques sont multiples, explique Christine Poilly. Il y a les séismes, dans une région qui est un vrai gruyère. Et puis, il y a les nappes phréatiques. Ils nous disent qu'ils vont protéger le forage avec trois couches de ciment. Mais quel ciment résiste à un séisme, à un glissement de terrain ?" Sur ces questions, Karim Ben Slimane, directeur du développement et spécialiste du risque minier au BRGM livre son éclairage.

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