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L'économie du partage, façon taxis.

6 min

Après la "guerre" qui a opposé les taxis aux chauffeurs du service Uber Pop désormais suspendu, petite question de vocabulaire : face au flou qui entoure la notion d'économie du partage, pourquoi ne pas considérer que les taxis sont aussi un système collaboratif ?

Taxi parisien
Taxi parisien Crédits : Phil Hilfiker

C'est contre Uber Pop que les taxis ont récemment manifesté - parfois violemment. Ce service, qui fonctionnait sur la participation de chauffeurs non professionnels, ne doit pas être confondu avec Uber dans son ensemble, un service de VTC (Véhicules de Tourisme avec Chauffeur) dont le fonctionnement est encadré par la loi.

Mais au-delà des récriminations et des coups, parlons de la querelle de vocabulaire qui se joue. Car dire économie collaborative , ou économie du partage, c’est déjà prendre parti pour Uber. C’est vanter les mérites d’un système souple, où chacun peut arrondir ses fins de mois en conduisant une ou deux heures après le travail, le tout pour rendre service (bien sûr) à des clients qui paieront moins cher pour un service soi-disant plus adapté à leurs besoins. Inversement les taxis, eux, fonctionnent encore à la radio C.B. et ne proposent même pas de bouteilles d’eau sur les sièges passagers...

Mais si on peut faire dire à l’expression « économie du partage » un peu ce qu’on veut, pourquoi ne pas voir du partage, de la collaboration voire de la fraternité entre les taxis ? C’est ce qui m’a conduit à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre à la rencontre d’un groupe d’une dizaine de chauffeurs (assez sympathiques il faut le dire) qui attend chaque jour les enfants d’une école spécialisée pour les raccompagner chez eux. Parmi eux, il y a un taxi parisien, affilié à la compagnie G7 ; et un taxi de banlieue indépendant. Ils ont tous les deux une dent contre l’Etat qui les taxe trop, ils ont tous les deux manifesté contre Uber POP, mais sans taper sur les chauffeurs de VTC… A les entendre, il ne leur manque qu’une appli pour smartphone comparable à celle d’Uber. Car pour le reste, avec leurs méthodes à eux, ils animent bel et bien une économie du partage.

Par Thibaut Sardier.

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