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Citronnade Stand in Tuileries, 1956 (Plume et encre sur papier, 14 × 11,5 cm)
Épisode 2 :

Papa Gulliver.

4 min
À retrouver dans l'émission

Deux poèmes illustrent Sylvia Plath, nourris dans la même obsession : comment prendre d’assaut les géants, avec les fils d’araignée de la pensée et la poigne des mots. Qu’il s’agisse du père ou du mari Ted Hugues, réussir à les clouer au sol.

Citronnade Stand in Tuileries, 1956 (Plume et encre sur papier, 14 × 11,5 cm)
Citronnade Stand in Tuileries, 1956 (Plume et encre sur papier, 14 × 11,5 cm) Crédits : Sylvia Plath

Objectiver l’admiration épuisante pour mieux y trouver les forces de ses combats, se sentir minuscule et très supérieure.

Ariel joue de sa fugacité et du poids menaçant de sa disparition. Envol, esprit du vent ou cheval fougueux dont Sylvia Plath fait le poème:

et je

suis la flèche

la rosée suicidaire accordée

C’est son dernier recueil, le pressent-elle? Il sera publié à titre posthume après son suicide le 11 février 1963 à trente ans, précédé d’autres tentatives et d’un cortège d’ombres et d'impétuosités. Larmes, épuisements ou colères libèrent un récitatif d’amour diffus. Ariel, souffle chaud. Les premiers heurts dès l’enfance, la perte du père à 8 ans, engendrent une passion envers un homme qu’elle vomit pour ses adhésions au nazisme (Papa, il a fallu que je te tue.) puis les amours déchirées, l’absence de son mari le poète Ted Hughes, sa solitude et l’angoisse, la nuit. La souffrance deviendra-elle son sujet? On est hors des soupirs romantiques éplorés. Mené par son pouvoir imagé d’observation chaque poème dit bien ce qui l’entoure, tenant l’impossibilité d’être au monde comme vitale. Valérie Rouzeau ouvre un couloir sensible à la traduction, un parlé. Qui par empreinte, glisse de l’intimité aux mots des autres gens, fantômes d’expression, amusement des allusions, caresses de la confidence, c’est un travail acharné considérable, et limpide. Magnifique.

Ariel et autres poèmes, fut un succès considérable dans les pays anglo-saxons et le reste au travers aussi de combats féministes lui attribuant la place emblématique du génie féminin étouffé par la société masculine dominante. Plusieurs versions de cet ensemble sont parues, celle-ci publiée chez poésie/Gallimard, avec une préface et un travail de notes de la traductrice tout à fait éclairant, est fidèle à la première édition de 1965.

Extraits de "Ariel" de Sylvia Plath Collection Poésie/Gallimard

Le dessin de Sylvia Plath est tiré du livre qui paraîtra le 13 Octobre aux éditions de La Table Ronde : "DESSINS"

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