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Ingeborg Bachmann
Épisode 3 :

Ma torture

4 min
À retrouver dans l'émission

Qui mange avec ma cuillère qui couche dans mon lit qui consomme mes talents Aime, qui jouit du soleil sous mon soleil. Et où est ce soleil ? Il est loin.

Ingeborg Bachmann
Ingeborg Bachmann Crédits : Gallimard

"Ton ombre est également une Lumière" (Ingeborg Bachmann)

Publiées cet automne 2015, les traductions des poèmes d’Ingeborg Bachmann (Autriche) et Hannah Arendt (née à Hanovre) nous semblaient propices à une association passagère. Au premiers feuilletages, une même gravité les traverse s’approchant de la complainte ou d’un mode de prière. Chez l’une et l’autre, la poésie abrite les passions et les peines, elle est un exutoire autant qu’un amplificateur du sensible.

Ingeborg Bachmann est reconnue dès ses premiers publications, des nouvelles alternent aux poèmes. Succès fulgurant laissant poindre les marques d'ombre de la future icône. Ses passions amoureuses, celle pour Paul Celan, ses voyages la portent vers l’Italie où elle meurt prématurément en 1973, dans l’incendie de son appartement romain Elle a 47 ans. Cette édition bilingue dirigée par Françoise Rétif chez Poésie/Gallimard en poche "Toute personne qui tombe a des ailes : poèmes, 1942-1967", réunit enfin l’ensemble de l’œuvre poétique, assortie d’un travail de présentation et de commentaires remarquables. La poésie d’Ingemorg Bachmann déclare dès l’enfance sa force d’idéal amoureux et ses précipités dépressifs. Elle vit la guerre, l’engagement de son père autrichien dans les bataillons Nazis, et avec la même force de tourmente et d'absolu elle crie son amour, et sa blessure au monde.

Chez Arendt il est aussi question des passions cachées, des admirations infinies, des reconnaissances. La poésie offre un autre champ que la correspondance, elle s’adresse à l’amant comme à soi-même, elle voudrait apaiser et produit des questions secrètes. Comment appeler ce carnet intime à voix publique intérieure, il y a, oui, un mode intense de prière ou d’intention qui délègue aux forces magiques. L’existence de ces poèmes n’était pas connue dans l’oeuvre d’Annah Arendt, ils sont publiés avec leur version d’origine, chez Payot "Heureux celui qui n’a pas de patrie (poèmes de pensée) ».

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