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Marie-Claire Bancquart
Épisode 1 :

Hospitalisation-dernière urgence

4 min
À retrouver dans l'émission

Oui, j'ai coulé / pas tout à fait au fond /mais en totale absence (…) Des gens m'irritaient tout autour, ces grands insectes tourmenteurs, trop vifs. Sous ma peau nourrie par des tubes / ils s'en donnaient : tubes, piqûres. J'apprenais que la mort n'était pas facile.

Marie-Claire Bancquart
Marie-Claire Bancquart Crédits : Marie-Claire Bancquart

On scrute dans chaque poète ses musiques d’introspection, mais aussi l’instant où cela dégénère un peu. Comme ne pouvant se contenir à soi-même, reprise par une connaissance ancienne des poètes. Habitée de résonances. Chez Marie-Claire Bancquart ce détachement a lieu naturellement, elle nous pousse vers d’autres cours en suivant son fil. Car « Qui vient de loin » publié au Castor Astral est un récit qui ne s’arrête pas à l’être et pourrait s’échapper, sortir et rentrer. C’est l’attention concentrée du lecteur qui vient attacher l’une à l’autre des images, c’est sa volonté de suivre ou d’échapper, de revenir et de lier, d’aimer tourner ces pages dévolues à la vie, à son incroyable retour de la mort, capté à force d’écriture et de paysages miniatures et internes. La langue coule avec ses allusions, ses sonorités particulières, limpide et réfléchie. Il nous reste à dire d’autres pages, avec cette inépuisable émotion des traces rassemblées. Quelque chose ruisselle, qui n’est pas loin du bonheur.

"Qui vient de Loin" est une publication récente du Castor Astral, un poème de vie autant qu’une pensée majeure.

Marie-Claire Bancquart a été professeur de littérature française dans les université de Brest, Rouen, Créteil, Nanterre et professeur émérite à la Sorbonne Paris IV, elle a publié des essais et travaux critiques sur Maupassant, Anatole France, la littérature du XXe, des romans. La poésie occupe une place essentielle dans son œuvre. Parmi ses publications nombreuses, Rituel d'emportement : Poèmes, 1969-2001 (édition le temps qu’il fait) constitue un point de réunion et d’intensité parfait.

On reste en poésie, après s’être rendu compte qu’elle ne transgresse jamais toutes les limites, qu’elle ne change pas toute la vie. On a une nouvelle fois souffert du très relatif, du très éphémère qui est dans notre corps. Mais en faveur du très précieux qui s’y trouve aussi, on a pris la résolution d’aller toujours (Marie-Claire Bancquart)

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