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Valérie Rouzeau pose pour le photographe, le 06 décembre 2001 à Reims, dans le cadre du festival des Langagières
Épisode 3 :

l’ici-bas du jour

3 min
À retrouver dans l'émission

Valérie Rouzeau se saisit de la vie concrète, comme Duras un temps de la vie matérielle. Largués dans ses pensées, des objets prosaïques nous arriment au quotidien pour repartir ensemble.

Valérie Rouzeau pose pour le photographe, le 06 décembre 2001 à Reims, dans le cadre du festival des Langagières
Valérie Rouzeau pose pour le photographe, le 06 décembre 2001 à Reims, dans le cadre du festival des Langagières Crédits : FRANCOIS NASCIMBENI - AFP

C’est insulter la mémoire que de rester vague en poésie, il nous faut de ces voix qui nomment. Assez des chemins de rêveries, voyons ce qui nous entoure et qui nous décrit. Appréciant cet usage du présent chez Rouzeau, où il aura été question d’un supermarché, d’une cuisine, d’un transistor, d’un ordinateur avec ses pièges attrape-mouches, d’une actualité - sujet du jour. Le temps d’une locution, Valérie rappelle qu’elle est photographe, ayant préféré ce bel écart au maniement du pinceau poétique. Elle est concrète, cache en douce une série d’énigmes sur planches-contact. D’où vient qu’à sa lecture on ne conclue pas dans la solitude et la douleur du poète. 

Il faut avoir un écran plat un ventre pareil    

Bientôt la Terre aussi va redevenir plate 

Et les femmes enceintes seront l'exception

Avec les ballons de football gonflés à bloc 

Plat comme une autoroute une rivière bétonnée 

Les carpettes incapables de jamais protester 

Les conversations sans sel, sans joie sans faim 

Extrait de

Sens averse de Valerie Rouzeau éditions La table ronde

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