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Disparition d'un grand directeur de France Culture

28 min
À retrouver dans l'émission

Yves Jaigu s’est éteint à l’âge de 88 ans. Il a dirigé France Culture pendant près de 10 ans, de 1974 à 1984. Entré à l’ORTF en 1968, il a d’abord fait de la télévision pendant six ans avant de rejoindre l’aventure France Culture. En 1986, il avait ensuite pris la tête de FR3 jusqu'en 1990.

Yves Jaigu, directeur de France Culture en 1983
Yves Jaigu, directeur de France Culture en 1983 Crédits : Radio France

Début 2011, il recevait les insignes de Commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres des mains du ministre de la Culture. Lors de son discours, Frédéric Mitterrand déclarait : "Vous avez défendu dans le paysage audiovisuel français une conception de la culture dans laquelle l’opposition entre élitisme hermétique et divertissement vulgaire n’avait pas sa place."

De la radio de service public, Yves Jaigu avait une conception qu’il a expliquée à Geneviève Guicheney dans une série d’entretiens pour "A Voix Nue" .

Rien ne le préparait à un destin audiovisuel qui a fait de lui un patron de France Culture. Un patron "mythique" selon Olivier Poivre d’Arvor . L'actuel directeur de France Culture tenait à lui rendre hommage:

Pour saluer Yves Jaigu !
**Avec Yves Jaigu, c’est une figure importante de l’audiovisuel public qui vient de disparaître ce jeudi 5 avril 2012, une figure de la télévision, certes car il fit partie dès 1967 de l’ORTF, fut en charge de coproductions fameuses, dirigea les programmes de France 3 douze années durant, mais pour nous, ici à France Culture, c’est Yves Jaigu, un patron aussi mythique qu’à certains égards mystique de notre chaîne que je voudrais saluer avec admiration, affection et beaucoup d’émotion. De janvier 1975 à mai 1984, il a en effet dirigé cette station avec un sens aigu de ce qu’un média public peut apporter à la société: à savoir, face aux obscurantismes, ce qu’il appelait le spectacle de la pensée. Il l’a fait avec une très grande rigueur intellectuelle, un goût pour les programmes sans concession, mais ouverts à la compréhension du monde, dans sa complexité, dans sa qualité, sa beauté. ****France Culture, ses journalistes, ses producteurs, toutes ses équipes et nos nombreux auditeurs de l’époque lui doivent beaucoup. Né en 1924, toujours fidèle à sa Bretagne d’origine, membre d’un réseau de résistance pendant la guerre, après des études de philosophie et de minéralogie, ce grand gaulliste détestait l’audimat et rappelait comme Malraux, je cite, que la culture est ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers ». ****J’avais souhaité garder de lui la plus belle trace qui soit, celle de sa voix et je dois à Geneviève Guicheney, son amie, d’avoir enregistré plus de deux heures et demi de témoignages dans le cadre de l’émission A Voix Nue en juin dernier. Un itinéraire que vous pouvez retrouver sur le site de France Culture. Alors au nom de cette magnifique et singulière communauté de notre chaîne, je tire mon chapeau bien bas à notre ami, notre ami Yves, et m’associe au deuil d’Andrée son épouse et de Charles, son fils, et notre confrère au Figaro. Olivier Poivre d’Arvor Directeur de France Culture**
Yves Jaigu a longtemps gardé un souvenir vif de sa direction, des deux côtés du micro et de l’écran car il a commis quelques exploits à la télévision avec les mythiques soirées Océaniques.

En 1967, il prend la direction des coproductions de l’ORTF où il produit et diffuse le Petit Théâtre de Jean Renoir, « La Maison des bois » de Maurice Pialat, "L’Odyssée" d’après Homère de Francesco Rosi, huit épisodes dont il dit : "Rosi tournait vite mais il montait lentement. Le privé ne pouvait pas faire ça."

Il a conscience que l’existence de France Culture est un luxe, mais ajoute-t-il aussitôt, pas cher et nécessaire. "La France est la seule à faire ça. Il ne faut pas y toucher."

Les mesures d’audience le mettent en rage. Il ne croit pas qu’il faille faire la course au nombre mais être là pour les fidèles. Fidèles, un mot qui prête à confusion chez cet homme épris de spiritualité au point qu’on l’a presque taxé de mysticisme.

L'année dernière le ministre de la culture finissait son discours en déclarant: "avec Yves Jaigu, la radio et la télévision donnent du temps au temps."

> Yves Jaigu est revenu sur sa vie professionnelle et personnelle avec Geneviève Guicheney au cours d'une série de cinq entretiens diffusés en juin 2011 dans "A Voix nue"

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