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Policier devant le collège de Conflans-Sainte-Honorine où enseignait Samuel Paty.

Professeur décapité : le récit des heures et même des jours qui ont précédé n'est pas encore précisément établi

25 min

Nous ferons le point sur les derniers éléments de l'enquête. Alors que, depuis ce matin, des opérations de police sont menées contre "des dizaines d'individus" de la mouvance islamiste.

Policier devant le collège de Conflans-Sainte-Honorine où enseignait Samuel Paty.
Policier devant le collège de Conflans-Sainte-Honorine où enseignait Samuel Paty. Crédits : Marie Magnin / Hans Lucas - AFP

Aujourd'hui, après l'émotion, l'heure est évidemment aux questions et plus encore aux réponses pour tenter de comprendre ce qui a bien pu conduire un jeune homme de 18 ans, connu de la police pour des antécédents de droit commun mais non identifié pour sa radicalisation, à mener en France cette cinquième attaque liée à l’islamisme depuis le début de l'année. Les enquêteurs cherchent notamment aujourd'hui à savoir si l'assassin a été "piloté" ou s'il a lui-même décidé de s'en prendre au professeur. Et c'est ainsi qu'au coeur des investigations on trouve, à présent, non seulement un agitateur islamiste d'origine algérienne, connu en banlieue parisienne, mais aussi une association : le Collectif contre l’islamophobie en France.

Des opérations, décidées au lendemain du Conseil de défense, sont par ailleurs ce matin destinées à cibler, notamment, la haine en ligne. 

Toujours à la suite de cet assassinat nous essaierons de comprendre comment et pourquoi la traditionnelle union nationale en France a tendance aujourd'hui à s'effriter.

L'assassinat de Samuel Paty, comme, d'ailleurs l'attaque au hachoir perpétrée fin septembre devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, intervient dans un contexte particulier : celui du procès des attentats de janvier 2015. Ce matin, un hommage a été rendu à la Cour d'assises spéciale de Paris. Et en amont de cette nouvelle journée d'audience, Richard Malka, l’avocat du journal satirique, a tenu à s'exprimer. Il fustige un excès de compromission et de renoncements, une forme de déni de la réalité et réclame des actes.

Et l'invité de ce journal est Philippe Meirieu, chercheur, essayiste, militant de gauche et spécialiste des sciences de l'éducation et de la pédagogie. Il répond à Hakim Kasmi :

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6 min
Philippe Meirieu : "Il faut dire clairement aux familles qu'elles n'ont pas pouvoir dans l'enseignement public sur les contenus et les méthodes d'enseignement."

Évidemment, cet attentat était à la fois prévisible et imprévisible. Imprévisible parce que c'est effroyable et que nous ne pouvons pas anticiper ou imaginer un tel acte. Prévisible parce que c'est vrai qu'il y a des tensions dans un certain nombre d'établissements scolaires, des tensions entre des familles, des enseignants et l'institution scolaire et que ces tensions sont répercutées assez massivement sur les réseaux sociaux qui servent de caisse de résonance et qui peuvent entraîner certains à des gestes aussi effroyables et barbares que celui auquel nous avons assisté.      

La question d'abord est celle des familles. N'oublions pas que dans le cas qui nous occupe, ce sont les familles qui ont alerté l'opinion publique et qui ont provoqué cette vague de fond qui a abouti peut-être, en tout cas nous le supposons, à cet attentat terrible. Il faut dire clairement aux familles dans l'enseignement public qu'elles n'ont pas pouvoir sur les contenus et les méthodes d'enseignement. Il faut le dire tout en les accueillant, parce que le risque existe réellement que ces familles, à ce moment là, fuient vers l'enseignement privé hors contrat. Et le président de la République lui-même l'a évoqué dans son discours il y a quelques jours. Et il faut les entendre, les accueillir mais il faut être ferme. Et il faut être ferme sur le projet de l'école de la République et sur le fait que l'école de la République n'est pas au service des familles et a fortiori de l'idéologie des familles.   

Ensuite, bien sûr, il faut aider les enseignants. C'est une chose que l'Education nationale tente de faire à travers des documents, des séquences pédagogiques. Mais je crois que la formation initiale et la formation continue dans ce domaine restent extrêmement insuffisantes. L'éducation morale et civique, qui est dans les programmes, doit être accompagnée. Tous les professeurs doivent être accompagnés et surtout tous les professeurs doivent se sentir concernés, pas seulement les professeurs d'histoire. 

Enfin, à l'étranger nous irons en Bolivie où, selon plusieurs sondages de sortie des urnes, le candidat de la gauche et dauphin de l'ex président Evo Morales, aurait remporté la présidentielle dès le premier tour, avec plus de 52% des voix.

Intervenants
  • spécialiste de la pédagogie et professeur émérite à l’université Lumière Lyon 2.
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