LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Manifestations d'étudiants à Alger, au lendemain de l'annonce du retrait d'Abdelaziz Bouteflika de la prochaine élection présidentielle.

Algérie : après l'euphorie, le doute

24 min

Les Algériens se réveillent aujourd'hui avec une saveur de victoire, mêlée avec un goût d'incertitudes. Après que le président Bouteflika a annoncé qu'il renonçait à briguer un cinquième mandat, les interrogations restent nombreuses, comme le choix des hommes qui décideront de l'avenir du pays.

Manifestations d'étudiants à Alger, au lendemain de l'annonce du retrait d'Abdelaziz Bouteflika de la prochaine élection présidentielle.
Manifestations d'étudiants à Alger, au lendemain de l'annonce du retrait d'Abdelaziz Bouteflika de la prochaine élection présidentielle. Crédits : RYAD KRAMDI - AFP

« Il n'y aura pas de cinquième mandat, il n’en a jamais été question pour moi ». C'est donc par ces mots que le président Abdelaziz Bouteflika a annoncé, hier soir dans une lettre, son intention de renoncer à se présenter aux élections du 18 avril. Alors outre que les centaines de milliers d'Algériens qui manifestaient depuis trois semaines contre le cinquième mandat «de la honte» apprécieront, sans doute, que le vieil homme rongé par les séquelles d’un AVC laisse ainsi entendre qu'ils n'avaient décidément rien compris, de nombreuses zones d'ombre persistent derrière la prétendue retraite politique de l'octogénaire. Au point que si cette annonce a, certes, provoqué des scènes de liesse hier soir dans les rues d'Alger, l'euphorie a vite fait de céder la place au doute. Non seulement Abdelaziz Bouteflika a décidé de reporter le scrutin, sans qu'aucune nouvelle date n'ait été pour autant annoncée. Mais il a également assuré rester en poste jusqu'à nouvel avis, sans préciser sur quelle base juridique puisque la constitution ne prévoit pas la prolongation de mandat. Enfin, preuve que le clan du pouvoir entend garder la main sur la transition, le ministre de l'Intérieur a, lui, été promu hier Premier ministre. Ou dit autrement, en prolongeant hier son quatrième mandat, Abdelaziz Bouteflika aura surtout tracé les enjeux de la poursuite des manifestations si la rue ne veut pas se faire voler sa révolution. Sans compter qu'outre les risques possibles de manipulation, une autre question de taille se pose : l'opposition aujourd'hui dans un état d'extrême division saura-t-elle bâtir une alternative crédible.

Les autres titres de l'actualité

Au Venezuela, l'opposant Juan Guaido appelle de nouveau à manifester aujourd'hui, au cinquième jour de la gigantesque panne de courant qui paralyse le pays, confronté par ailleurs à de graves difficultés alimentaires.     

L'Alliance franco-japonaise Renault Nissan a pris ce matin un nouveau départ, sous le regard lointain de son bâtisseur Carlos Ghosn. Oubliant les tensions de ces derniers mois, les dirigeants des deux constructeurs ont annoncé leur intention de créer un nouveau "conseil opérationnel" de leur alliance.   

Le gouvernement français n'a pas encore décidé de l'ampleur du désengagement de l'Etat de la société de gestion d'Aéroports de Paris, même si selon son porte parole, Benjamin Griveaux, l'Etat français pourrait conserver une participation d'environ 20%.    Dans le même temps, on appris hier soir que la justice administrative pourrait annuler la privatisation partielle de l'aéroport de Toulouse Blagnac.   

Des étrangers aux "gilets jaunes", en passant par la lutte antiterroriste, le rapport annuel du Défenseur des droits publié ce matin pointe un "renforcement de la répression" en France, et s'inquiète par ailleurs d'un "repli" des services publics qui sape, selon lui, la cohésion sociale.    

Invité de la rédaction : Jean-Jacques Hyest, ancien membre du Conseil constitutionnel qu'il a quitté hier. L'ancien député et sénateur RPR puis UMP de Seine-et-Marne a notamment expliqué au sujet de l'arrivée d'Alain Juppé au sein de l'institution que : 

Cela n’a pas fait de débat. Je pense qu’Alain Juppé a quand même une expérience politique extrêmement riche. Il y avait déjà un Premier ministre, il n’a pas été condamné, qui a apporté, je crois, beaucoup à l’institution. C’était Lionel Jospin. Et je crois qu’Alain Juppé apportera beaucoup. Vous savez, les Français, je pense, ont oublié sa condamnation, parce qu’ils en connaissent très bien les raisons...

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

ancien membre du Conseil constitutionnel
ancien membre du Conseil constitutionnel Crédits : Nathalie Lopes - Radio France
Intervenants
  • homme politique. Député puis sénateur (RPR puis UMP) de Seine-et-Marne, puis membre du Conseil constitutionnel de 2015 à 2019
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......