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Station de métro Saint-Lazare à Paris

5 décembre, chacun au pied du mur

25 min

A la veille d'un mouvement de grève interprofessionnel, le rapport de forces est engagé. Le ministre de l'Education a dit s'attendre, demain, à un taux de grévistes de 55%. Du côté des transports, 90% des trains devraient être supprimés et 30% des vols intérieurs Air France annulés.

Station de métro Saint-Lazare à Paris
Station de métro Saint-Lazare à Paris Crédits : PHILIPPE LOPEZ - AFP

Jusqu'où s'érigera le mur du 5 décembre ?, ainsi que l'a lui-même qualifié l'exécutif. Seule certitude, en cette veillée d'armes, même si les premiers signes de la mobilisation apparaîtront, dès ce soir, dans les transports, rarement l'annonce d'un mouvement de grève interprofessionnel n'aura suscité autant d'interrogations, sinon d'inquiétudes, tant la défiance envers les institutions mais aussi, bien sûr, les mécontentements sociaux de tous ordres semblent s'être agrégés depuis la crise des "Gilets jaunes". Preuve, d'ailleurs, du trouble suscité jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir par cette mobilisation encore à venir, le président de l'Assemblée Nationale, ainsi que le ministre des relations avec le Parlement et les présidents de groupes ont d'ores et déjà annoncé, hier, que la chambre basse ne siégerait pas demain. Une interruption au Palais Bourbon inédite dans le cadre d’un mouvement social.

Quoi qu'il en soit le bras de fer est donc, bel et bien, engagé sur l’avenir du système des retraites. La grève s’annonce massive dans nombre de secteurs, à commencer par celui des transports. La SNCF a annoncé qu’elle ne pourra assurer que 10 % du trafic. Et puis concernant l'Education, 4 écoles primaires sur 10 seront fermées et 7 enseignants sur 10 seront concernés. Un chiffre historique. Dans ce contexte, on comprend mieux la fébrilité du gouvernement. D'autant qu'avant même que cette journée de grève n'ait commencé, on peut d'ores et déjà présumé qu'elle ira, sans doute, bien au-delà de la seule journée de demain.

Les autres titres de l'actualité

L'Assemblée nationale a adopté, hier, une proposition de résolution LREM soutenue par le gouvernement, mais qui a entraîné un record d'oppositions de "marcheurs", certains craignant qu'elle empêche toute critique de la politique d'Israël.

La justice française doit se prononcer aujourd'hui sur la demande d'extradition de la Tunisie du beau-frère de l'ex-dictateur Ben Ali, Belhassen Trabelsi.

Quand l'OTAN tente, tant bien que mal de réparer les pots cassés. Hier, le démarrage des festivités aura été dominé par les passes d'armes découlant des récentes déclarations d'Emmanuel Macron jugeant l'Alliance en "mort cérébrale" et l'appelant à revoir sa stratégie.   

Les élus démocrates de la Chambre des représentants, aux Etats-Unis, ont publié hier un rapport d'enquête détaillant leurs arguments, en faveur d'une destitution de Donald Trump, qu'ils accusent d'abus de pouvoir. La Maison-Blanche a aussitôt réagi en parlant d’imposture.

Deux chercheurs français du CERI, l'anthropologue Fariba Adelkhah et son collègue Roland Marchal, sont retenus en Iran depuis six mois. Invité de la rédaction : Frédéric Mion, directeur de Sciences Po Paris.

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F Mion: "Les nouvelles sont rares. Elles donnent à penser que nos collègues et amis sont en bonne santé, qu'ils n'ont pas subi de mauvais traitements"

Nous avons des nouvelles au travers des autorités françaises à Paris et sur place, qui sont extrêmement mobilisées, qui ont obtenu pour Roland Marchal la protection consulaire qui a permis aux autorités consulaires sur place de se rendre à plusieurs reprises auprès de lui. Mme Adelkhah elle est franco iranienne, et est considérée comme Iranienne par les autorités iraniennes. De ce fait, elle ne bénéficie pas des mêmes possibilités. Les nouvelles sont rares. Elles donnent à penser que nos collègues et amis sont en bonne santé et qu'ils n'ont pas subi de mauvais traitements. Il n'en reste pas moins que nous sommes toutes et tous extrêmement inquiets et je dirais surtout bouleversés par cette situation.

Frédéric Mion, le directeur de l'Institut d'études politiques de Paris, le 4 décembre 2019
Frédéric Mion, le directeur de l'Institut d'études politiques de Paris, le 4 décembre 2019 Crédits : Nathalie Lopes - Radio France
Intervenants
  • énarque et directeur de l'Institut d'Etudes politiques de Paris
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