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Capture d'écran des images de l'arrestation violente de Michel Zecler révélées ce jeudi par le journaliste de Loopsider David Perrotin.

Un homme noir tabassé par des policiers : Emmanuel Macron se dit "très choqué"

34 min

Les quatre policiers mis en cause dans l'interpellation violente d'un producteur de musique, samedi dernier à Paris, ont été convoqués aujourd'hui à l'IGPN. Ils seront entendus sous le régime de la garde à vue.

Capture d'écran des images de l'arrestation violente de Michel Zecler révélées ce jeudi par le journaliste de Loopsider David Perrotin.
Capture d'écran des images de l'arrestation violente de Michel Zecler révélées ce jeudi par le journaliste de Loopsider David Perrotin. Crédits : Capture d'écran de Loopsider

Parce qu'en l'espace de quelques minutes, à peine, et sans motif apparent, il se sera retrouvé à devoir subir un véritable déchaînement de violence, en même temps qu'un orage d'insultes, débridées, à caractère raciste, Michel Zecler, s'est demandé s'il avait même à faire à de vrais policiers. Au point, d'ailleurs, qu'il appellera à l'aide les forces de l'ordre. Sauf que la police est déjà là, puisque ce sont bien trois de ses membres, un brigadier et deux gardiens de la paix qui, 5 longues minutes durant, vont le rouer de coups. Ou quand en pleine polémique sur le droit de filmer les forces de l'ordre en opération, et trois jours seulement après l'évacuation musclée, lundi soir, d'un camp de migrants, une nouvelle affaire de violences policières vient donc secouer l'Hexagone.  

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Suite au tabassage de ce producteur de musique, samedi dernier, documenté par une vidéo largement diffusée, hier, sur les réseaux sociaux, le ministre de l’Intérieur a aussitôt été dépêché hier soir au journal télévisé. Gérald Darmanin a demandé la suspension des trois policiers incriminés et d'un quatrième soupçonné, lui, d'avoir lancé une grenade lacrymogène. L'IGPN a par ailleurs été saisie. Et le Parquet a, pour sa part, ouvert une enquête. Mais sera-ce suffisant pour éteindre la polémique ? L'intervention, hier soir, du ministre de l'Intérieur, incarnation de la stratégie sécuritaire voulue par le chef de l'Etat, était surtout le signe d'un malaise ambiant, après cette succession de violences policières, qui aura saisi d'effroi nombre de responsables politiques, jusqu'au sommet de l'Etat.

Si les bavures à répétition ont tendance à jeter le discrédit sur toute une profession, elles pointent aussi tout le paradoxe d'une institution, l'IGPN, lorsque des policiers sont appelés à enquêter sur des violences policières.

Vu de l'étranger, de plus en plus de voix s'interrogent sur une possible dérive du pouvoir aux accents autoritaires dans le pays des droits de l'Homme.

Toute cette affaire n'a fait que raviver la controverse autour de l'article 24 de la loi "Sécurité globale", sur la diffusion de l'image des forces de l'ordre.

Invitée de la rédaction : Stella Dupont, députée du Maine-et-Loire, ancienne socialiste et aujourd'hui membre de la majorité LREM.

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7 min
Stella Dupont : "Un État de droit a besoin de gardiens de la paix mais cela doit s'appuyer sur une confiance avec les citoyens", estime la députée Stella Dupont, l'une des très rares élues LREM à avoir voté contre le texte sur la "sécurité globale".

Sur l'article 24, sa réécriture ne serait pas suffisante parce que ce qui pose problème dans cet article, c'est qu'il vise à amender et à revoir une loi fondamentale. C'est la loi de 1881. Je dis bien 1880, donc, une loi très ancienne qui régit la liberté de la presse. Et les journalistes et nombre de citoyens sont très, très attachés à ce texte et je pense que l'on peut peut-être revoir certains articles du Code pénal pour renforcer cette protection des forces de l'ordre parce qu'elle est aussi nécessaire. Mais je pense qu'il est préférable de laisser en l'état ce texte qui concerne cette liberté de la presse à laquelle nous sommes tant attachés dans notre pays des droits de l'homme.

J'ai été extrêmement choquée, comme tout le monde je pense, par les images que j'ai pu voir hier. Ce sont des faits, bien entendu, de quelques policiers. Il n'empêche que ces policiers, de mon point de vue, sont très vraisemblablement racistes. Ce sont des voyous, voire fascistes, je ne sais pas le dire. Et je pense que, forcément, leurs collègues connaissent les penchants de ces hommes. Du coup, cette violence gratuite dont on a été témoin m'interpelle et m'amène à penser que, peut-être, ces faits sont malheureusement plus nombreux qu'on ne le pensait jusqu'alors. On se doit donc de mettre au clair et j'ai apprécié les mots de Gérald Darmanin, hier soir, lorsqu'il a dit que, si bien entendu la justice confirmait les faits, il demanderait la révocation de ces policiers. Nous en sommes là aujourd'hui. Ce qui est au coeur et ce qui m'a amené aussi à voter contre cette loi "sécurité globale", c'est que pour moi, un Etat de droit a besoin de sécurité et de forces de sécurité, bien entendu, a besoin de gardiens de la paix. Mais tout cela doit s'appuyer sur une confiance. Une confiance respective de part et d'autre des citoyens et bien entendu, de l'ensemble des fonctionnaires d'État également. Et il me semble que la confiance est questionnée aujourd'hui. Les images également de lundi Place de la République ont amené aussi nombre de citoyens à se questionner. Cette réalité là, on ne doit pas la nier. On doit l'affronter.

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Intervenants
  • députée du Maine-et-Loire LREM, ancienne socialiste
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