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Olivia Ronen, avocate de Salah Abdeslam, revient dans la salle d'audience où se déroule le procès des attentats djihadistes du 13 novembre 2015.

Procès des attentats du 13 novembre 2015 : Salah Abdeslam prend la parole sans attendre

19 min

Première journée du procès des attentats du 13 novembre 2015 et première prise de parole de Salah Abdeslam, seul membre du commando encore en vie. Il se définit avant tout comme un combattant de l'Etat Islamique.

Olivia Ronen, avocate de Salah Abdeslam, revient dans la salle d'audience où se déroule le procès des attentats djihadistes du 13 novembre 2015.
Olivia Ronen, avocate de Salah Abdeslam, revient dans la salle d'audience où se déroule le procès des attentats djihadistes du 13 novembre 2015. Crédits : Alain Jocard - AFP

Il ne réparera ni les corps ni les âmes, mais le procès qui s'est ouvert aujourd'hui à Paris est porteur d'une grande ambition : apporter une réponse civilisée à l'horreur, en disant le droit.  Six ans après les attentats du 13 novembre 2015, à Paris et Saint-Denis, après la sidération et l'effroi, il s'agit d'établir qui est coupable, qui est complice, et à quel degré. La première journée de ce procès hors-norme était consacrée à l'appel des parties civiles. Le procès s'est ouvert avec un léger retard sur l'heure annoncée, mais l'organisation était fluide dans un palais de justice sous haute surveillance, avec une première prise de parole du principal accusé, Salah Abdeslam, avant même l'ouverture effective des débats.

> Retrouvez notre dossier Au coeur du procès des attentats du 13 novembre 2015

Dossier : commémorer le 11 septembre vingt ans après

Dans trois jours, New York célèbrera les 20 ans des attaques du 11 septembre. L'occasion de se demander ce qu'il reste de ces attentats dans la mémoire collective, surtout chez les plus jeunes, nés après 2001. Aux Etats-Unis, le 11 septembre n'est pas enseigné dans toutes les écoles. L’éducation publique est une compétence des Etats et elle est financée par les impôts locaux. Il y a donc d'énormes différences entre les écoles de différents quartiers mais aussi entre les écoles de différents Etats. Comme il n'y a pas d’obligation fédérale d’enseigner le 11 septembre et encore moins de programme et d’objectifs commun sur le sujet, 16 Etats ont choisi de ne pas obliger les professeurs à aborder le sujet en classe. 

La raison pour laquelle l'enseignement du 11 septembre n'est pas obligatoire c'est que c'est un sujet très politique. Depuis 2001, les Etats Unis se sont embourbés dans la guerre en Afghanistan, et beaucoup d'américains ne savent pas que cette guerre, qui a durée 20 ans, est partie des attentats du 11 septembre. Il y a aussi aux Etats Unis un courant qu'on appelle "controversial history" qui pousse les professeurs à ne pas aborder les sujets trop polémiques parce qu'ils craignent de devoir gérer un débat en classe. C'est totalement irresponsable parce que le élèves se retrouvent à confondre opinions et faits et c'est la porte ouverte à toutes les théories complotistes. Elise Langan, professeur à l'université de CUNY, la City University of New York.

Pour le 20ème anniversaire du 11 septembre, le Lycée Français de New York a lancé un projet à destination d'élèves nés 2001
Pour le 20ème anniversaire du 11 septembre, le Lycée Français de New York a lancé un projet à destination d'élèves nés 2001 Crédits : Cécile de Kervasdoué - Radio France

Dans l'Etat de New York, l'enseignement du 11 septembre est une obligation pour toutes les écoles avec des objectifs pédagogiques précis : enseigner les faits au collège et au lycée, ainsi que les implications politiques et internationales qui y sont liées dont, par exemple, les failles dans le renseignement. Mais vingt ans après, toutes les écoles n'ont pas les moyens d'un tel projet, notamment parce que le reste du programme est très lourd. 

Le quartier de Manhattan regorge d'écoles privées avec des frais d'inscription oscillant entre 20 000 et 50 000 dollars l'année. Au Lycée Français de New York, un établissement indépendant de 1 200 élèves dont un un quart seulement sont des français, on enseigne l'histoire (ce qui n'est pas le cas dans toutes les écoles aux Etats Unis) et bien sûr le 11 septembre.

Dans la classe de 6ème du Lycée Français de New York les élèves s'interroge sur ce qu'ils savent des attentats du 11 septembre.
Dans la classe de 6ème du Lycée Français de New York les élèves s'interroge sur ce qu'ils savent des attentats du 11 septembre. Crédits : Cécile de Kervasdoué - Radio France

Cette année les professeurs d'histoire géographie du Lycée ont monté un projet de pédagogie active où ils demandent aux élèves d'aller chercher des informations sur le 11 septembre et notamment en interrogeant un proche qui a vécu les évènements. Reportage de Cécile de Kervasdoué à écouter dans ce journal.

C’est l’objectif de l’histoire orale. Les élèves interrogent quelqu’un qui a vécu l’histoire et à qui ils font confiance parce que c’est un parent ; et nous professeurs, c’est là-dessus qu’on construit. Face à toutes les théories du complot qui entourent le 11 septembre, les élèves vont comprendre la différence entre une source première  et une source secondaire, une bonne ou une fausse information. Xavier de Boissezon, professeur américain d'histoire au Lycée Français de New York.

Dans la classe de 4ème du Lycée Français de New York, les élèves apprennent la différence entre musulman et islamiste et entre islamiste et terroriste.
Dans la classe de 4ème du Lycée Français de New York, les élèves apprennent la différence entre musulman et islamiste et entre islamiste et terroriste. Crédits : Cécile de Kervasdoué - Radio France

Surtout il vont faire la différence entre histoire et mémoire et c'est la base de la discipline historique qui se sert de la mémoire pour arriver à des faits réels. Alors bien sûr, c'est un sujet sensible, mais il faut l'aborder ; et il est même possible de montrer des images, du moment que tout est expliqué par du savoir. Pierre Lagaude, professeur d'histoire au Lycée Français de New York.

Un tel projet  est dans la droite ligne de ce que les enseignants spécialistes de la question du 11 septembre préconisent notamment au sein du Mémorial du 11 septembre : rendre l'évènement proche de l'élève en lui faisant produire du contenu (écrit ou vidéo) à partir de témoignages de première main. il s'agira ensuite d'apporter du contexte national et international avec pourquoi pas la possibilité de se confronter à toutes les controverses autour de 9 11.

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