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35 heures "arrangent" le patronat, le débat dérange Sarkozy

4 min
À retrouver dans l'émission

"Plus il y aura de cris, d'instantanés de panique, de dénonciations de ce scandale venu de l'intérieur, moins le PS sera en mesure de donner des gages de cohérence sans provoquer dans ses propres rangs des crises d'urticaire." Voilà commentaire d'Hervé Chabaud publié ce matin dans l'Union de Reims. Un signe d'usure du PS que ce débat sur les 35 heures ?Oui selon Jean-Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées à Pau. "Le député-maire d'Evry aurait pu faire preuve de plus d'inventivité que de ressortir le débat usé jusqu'à la corde des 35 heures", estime l'éditorialiste. Le débat lancé par Manuel Valls n'est-il qu'un pétard mouillé annonçant la nouvelle année politico-polémico-médiatique ?Pas seulement. Les 35 heures pourraient bien revenir dans le débat public, si l'UMP s'y attèle et mène le débat jusqu' au bout. Car "Jean-François Copé veut aller vite pour proposer une réforme des 35 heures" nous dit Le Point. Aller vite, afin de nourrir le projet présidentiel pour 2012. "Les 35 heures, c'est un problème pour tout le monde", déclarait hier le porte parole de l'UMP. "C'est un problème pour l'État en termes de finances publiques, pour les entreprises en termes d'embauche et de compétitivité, pour les salariés en termes de pouvoir d'achat, et pour la France en terme de mental".

Et "La zizanie socialiste tombe à pic pour l'UMP" titrait la veille Le Point. Et pour cause, comme le rappelle la journaliste Ségolène Gros de Larquier "Jean-François Copé avait confié, à la mi-décembre, à l'ex-ministre des PME, Hervé Novelli, et au président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet, une mission de réflexion sur le sujet. Mais cette initiative n'a guère séduit le gouvernement, lequel a aussitôt clos le débat par la voix du ministre du Travail Xavier Bertrand."Car "La polémique sur les 35 heures embarrasse Sarkozy" estime Le Monde. Voilà l'analyse que propose la chef du service politique Françoise Fressoz.


Et oui, le patronat se fait discret car finalement il s'y retrouve: "ça les arrange" reconnait Gérard Longuet interrogé par la chaine Public Sénat. D'après lui les exonérations de charge seraient de l'ordre de 15 à 20 milliards d'euros par an. Et de s'interroger : "Le contribuable peut-il indéfiniment payer en lieu et place des entreprises (...) les exonérations concédées soit par Mme Aubry entre 2000 et 2002, soit en 2003 par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, lorsque François Fillon était ministre du Travail".

Finalement sur le plan stratégique, la sortie de Manuel Valls est plutôt une réussite. Celui qui se réclame encore du Parti Socialiste a fait coup double, déconcertant son camp et réssuscitant un débat qui divise la droite. Une réussite politique qui permet à Manuel Valls de reprendre la position du candidat Sarkozy en 2007 comme le rapporte Le Figaro: "En passant à 37 ou 38 heures, Manuel Valls compte obtenir une hausse des salaires. Un objectif qui n'a pas été atteint selon lui, citation à l'appui: «Depuis dix ans, on a subventionné le ‘travailler moins' puis le ‘travailler plus' sans que le pouvoir d'achat soit au rendez-vous».Ce débat a au moins un mérite, celui de revenir avec du recul sur une politique dont les effets n'étaient pas garantis lors de sa mise en oeuvre. Avec notamment cet encadré à retrouver sur Libération qui précise "Sur le plan de l’emploi, le département statistique du ministère du Travail estime que les accords RTT ont permis de créer ou de sauvegarder près de 350 000 emplois." Et les commentaires de fond se multiplient sur la toile. Sur Agoravox par exemple, le contributeur [Romain Blachier](Pourquoi Valls et l’UMP ont une vision ringarde du travail) nous explique pourquoi Valls et l'UMP ont une vision ringarde du travail. "Ce qui compte c'est la productivité, ce que tu produis par ton travail, ce que ça rapporte, à toi ou ton employeur, quel que soit le temps passé". Et les français sont les plus productifs au monde, rappelle l'internaute qui ce qu'il semble prendre pour une vérité à vérifier, "En Allemagne, un cadre qui part trop tard est considéré comme un inefficace car incapable de travailler correctement."

Renaud Candelier

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