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Dans "La zone", sur www.lemonde.fr

5 min
À retrouver dans l'émission

Ce lundi on part en exploration, dans ce territoire dont vient de se doter le site du monde.fr.

Un appendice en forme de web-documentaire qui s'intitule "LA ZONE". Vous l'aurez peut-être compris, on parle là de la zone d'exclusion, zone interdite qui entoure la centrale de Tchernobyl, en Ukraine. Eh oui, c'était il y a 25 ans presque jour pour jour, le 26 avril 1986, une explosion dans la nuit au réacteur n°4 de la centrale soviétique... le nuage de particules radioactives qui s'en est échappé a traversé toute l'Europe... Mais les ukrainiens, eux sont bien restés sur place... Non, pas sur place, autour de la centrale, bien sûr dans le mois qui a suivi la catastrophe on a évacué les population sur trente kilomètres, dans un scénario parfaitement rodé qui se rejoue actuellement à Fukushima... Cc'est cette zone, officiellement inhabitée, impropre, irradiée, qu'ont exploré des mois durant le photographe guillaume herbault et le journaliste Bruno Masi pour en établir une cartographie multimédia... a explorer, donc, sur le site du monde.fr... Et cette cartographie est avant tout humaine... Car la vie se niche un peu partout dans les recoins abandonnés de cette zone-là, et tout autour. Les villages se repeuplent, des vieux ont regagné leur maison évacuée, d'autres sont arrivés pour trouver là une baraque abandonnée que l'on peut habiter pour rien, des champs à travailler, des champignons à cueillir. Bien sûr c'est dangereux, bien sûr c'est interdit, mais ceux qui vivent-là ne sont plus à ça près... Les vies qui se retrouvent à Tchernobyl sont des vies brisées, par la misère sociale... et par le traumatisme de la catastrophe... qui a précipité l'effondrement de tout un monde... Le maire de Bazar, village à l'orée de la zone, déclaré inconstructible, offre des maisons vides aux candidats à l'installation, et leur promet ici un "nouveau départ", loin des villes, de la pauvreté, du chômage. La zone que nous montrent Herbaut et Masi, par leurs vidéos souvent silencieuses mais... toujours parlantes, est avant tout un espace de déclassement social, tout à fait ce qu'avait annoncé le prophétique film Stalkers d'Andrey Tarkovsky...Les "Stalkers", c'est d'ailleurs le nom que l'on a donné aux ferailleurs de la zone de Tchernobyl. Ils sont encore des dizaines, comme Piotr le tchétchène, à vivre du plus juteux commerce de Tchernobyl: la récupération et la vente du métal, l'"or noir" de la zone comme l'appellent les auteurs du webdocumentaire. Car il y a de l'argent qui circule de la zone vers l'extérieur. Un peu d'argent, celui que touchent Piotr et les autres stalkers, pour aller gratter, arracher encore quelques kilos de métal aux squelettes urbains de la zone... Mais aussi des sommes considérables, que l'on entrevoit dans le web-documentaire, quand le photographe et le journalistes sortent de la zone pour explorer le village de Stakholessié... Stakholessié, sa plage, ses barbecues, ses gros 4x4... et ses enfillades d'immenses villas de nouveaux-riches. C'est la "riviéra de Tchernobyl", nous disent Herbaut et Masi, à deux cent mètres de l'entrée de la zone d'exclusion... Ici les millionnaires du miracle économique ukrainien, nourri de corruption et de traffics en tous genres, viennent pêcher des poissons démesurés dans les eaux de la rivière Pripyat... et tant pis si cette eau, en amont, est allée lêcher les pieds de la centrale... On chasse aussi dans la zone... Vous pensez, 25 ans que les hommes se sont retirés, alors ce n'est pas la faune qui manque... on a même vu un lynx, parait'il, près de la frontière biélorusse au Nord!Dans cette bulle de luxe kitsch, à Stakholessié, nous ne sommes qu'à quelques kilomètres de Piotr le tchétchène et des habitants oubliés du village de Bazar... et pourtant la catastrophe de Tchernobyl semble loin, très loin... Les jeunes de la région disent d'ailleurs qu'ils ne veulent plus en entendre parler,qu'ils ont oublié. Alors on danse, comme dit la chanson... à l'Antalys, la boîte un peu glauque d'Ivankiv, la dernière ville avant le check-point de la zone. On se détruit doucement mais surement, comme Vitaliy le fan de "doom métal", on boit, on se bat... la violence... omniprésente dans la description de cette jeunesse... qui fuit le spectre de Tchernobyl et en même temps... le provoque, le défie...

Le voyage dans la zone est dur, vous l'aurez compris, touffu, sans fard... L'interface ne cherche pas à le buzz facile, mais s'en remet à la curiosité de l'internaute... C'est à explorer, donc, avec Guillaume Herbault et Bruno Masi, sur lemonde.fr...

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