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Et après Ben Laden... il y a maintenant en Syrie et en Libye

4 min
À retrouver dans l'émission

par Bénédicte Dupont

Et après... C'est la question qui tourne en boucle sur la presse en ligne ce matin, sous-entendue et après la mort de Ben Laden. Une question et ses variantes : la divulgation ou non des images du cadavre aussi "atroces" soient-elles, la succession à la tête d'Al Qaida, le sort des otages etc. Il y a tant à imaginer.L'avenir de l'Afghanistan par exemple sur MEDIAPART. l'Afhganistan où les forces internationales se retireront progressivement dans 2 mois... un quotidien toujours difficile mais au fond écrit Habib HAIDER "les talibans sont toujours là et les tentatives pour les convaincre de faire la paix sont restées sans résultat. L'avenir des Afghans apparaît toujours aussi chaotique".

L'avenir spirituel de Ben Laden lui est tout tracé, il est immortel. C'est RUE89 qui l'affirme faisant référence au sort réservé à la dépouille du terroriste, jetée en mer. "le manque de repère spatial nourrit le fantasme et invite indirectement au culte, transformant ainsi celui qui en est dépourvu en héros" écrit Irene COSTELIAN. Tragique erreur des Américains qui ne voulaienr pas en faire un martyr. Et quelle gloire tirer d'une victoire lorsque le vainqueur refuse la sépulture à son ennemi? Bien peu aurait dit Sophocle nous rappelle la journaliste. Sophocle qui dans Antigone pose la question du tombeau pour l'auteur du fratricide. "Celui qui est capable du pire garde-t-il un visage humain dans la mort, ou le mal lui enlève-t-il toute son humanité jusqu'au bout (...) Pour Sophocle, la réponse est claire : en refusant la sépulture aux criminels, on devient comme eux".

Et après, quid du Pakistan. Le site SLATE.FR lui s'intéresse ce matin à l'avenir de la patrie de refuge de Ben Laden et de son rôle dans la résolution du cas afghan. Et Françoise CHIPAUX de résumer ainsi " il est douteux que l’armée et les services de renseignements humiliés par une opération qui a révélé — au choix — leur incompétence ou leur complicité ne changent de cap dans la tempête. (... ) Mais le Pakistan sait qu’il détient une des clés de la paix. Les talibans ne pourront pas négocier sans l’accord d’Islamabad et la paix ne pourra se faire contre le Pakistan".

Et après, et après, les questions se bousculent. on ne parle donc que des effets collatéraux de la mort de Ben Laden sur le web ?

C'est le sujet hégémonique international du moment sans surprise. Ce matin il y a aussi l'entretien exclusif de Nicolas Sarkozy accordé à l'EXPRESS . Dix pages dans les kiosques ce matin et quelques extraits publiés sur le site de l'hebdomadaire dès hier soir. Le Président parle de l'après Ben Laden mais aussi de la situation actuelle en Syrie et en Lybie. "Kadhafi est discrédité pour représenter l'avenir en Libye" martèle t-il. Le conflit? "une affaire de quelques mois". Concernant la Syrie cette fois, non il n'envisage pas de solution militaire : "il n'est pas nécessaire devant des réalités politiques différentes d'agir chaque fois de la même façon" dit-il. Le chef de l'Etat espère agir par le biais de l'Union Européenne pour sanctionner Bachar el Assad.

Car en Syrie comme en Libye, on ne se pose plus la question de l'après mais bien celle du présent. Cela va faire deux mois que le régime s'acharne sur les manifestants et les journalistes du web ne savent plus que dire de plus. LENOUVELBOS.COM publie tout de même un long reportage signé Camille VEYRE. Il raconte comment la population s'organise pour manifester malgré les risques de répression sanglante, comment les internautes multiplient les appels, comme en Egypte et en Tunisie. Mais il ne faut pas y voir un "effet domino" écrit-il. Salim KHEIRBEK, l'une des figures historiques de l'opposition lui explique ainsi "ce qui se passe dans le monde arabe ne doit pas être compris comme une imitation ou une contamination. Simplement le surgissement soudain et inévitable de toutes les histoires tues". Le reporter du NOUVELOBS qui évoque aussi les rumeurs de défections voire d'executions de soldats réfractaires aux ordres du régime.Le site de LIBERATION diffuse d'ailleurs la vidéo d'un soldat déserteur syrien. Walid AL QASHAMI appelle l'armée à ne pas verser le sang du peuple syrien. La vidéo a été postée samedi dernier sur Youtube. Le militaire raconte comment il a été envoyé à Harasata pour combattre soit disant un groupe armé, et comment ses collègues ont ouvert le feu sur des femmes, des enfants, des civils désarmés. Difficile de savoir si le document est une mise en scène mais les rumeurs se propagent, comme celle hier affirmant que 81 corps de soldats avec une balle dans le dos ont été amenés à l'hôpital de Damas.C'est cela, la Syrie de maintenant, c'est cela la Libye de maintenant. Là où il n'y a pas encore d'"après".

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