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JOURNAL 6H30 de Romain Auzouy - JOURNAL 6H30 26/01/11

3 min
À retrouver dans l'émission

Par Romain Auzouy

Les liens entre Paris... et Ben Ali... dévoilés dans la presse en ligne.

Premier à jeter un véritable pavé dans la mare : le site internet de Libération, qui publie une tribune de l'ancien ambassadeur de France en Tunisie Yves Aubin de La Messuzière. « l'Elysée était informé des dérives du système Ben Ali », affirme-t-il.

Avant de développer son propos : « Les analyses de notre ambassade à Tunis et celles du Quai d'Orsay soulignaient régulièrement la dégradation des libertés publiques et la répression qui touchait les organisations non gouvernementales telles que la Ligue tunisienne des droits de l'homme, qui est la première dans le monde arabe. Les rapports diplomatiques mettaient aussi l'accent sur l'exaspération et le mal-être de la jeunesse tunisienne, liés certes au problème de l'emploi mais aussi à l'absence d'espace et d'expression politique.

Alors l'Elysée savait… mais l'Elysée n'a rien fait.

Au contraire, affirme Médiapart comme pour surenchérir : l'Elysée ne s'est pas gênée pour entretenir comme il faut, ses liens avec Ben Ali. Le site d'information évoque ce matin celui qu'il nomme « "le sherpa" de Nicolas Sarkozy, son conseiller diplomatique, le vrai ministre des affaires étrangères ». Son nom : Jean-David Levitte. Derrière le diplomate, ce sont surtout les agissements de son épouse qui retiennent l'attention. Marie-Cécile Levitte, élégante, discrète... discrète, mais son voyage à Marrakech en février dernier n'est pas passé inaperçu aux yeux de Médiapart. Elle répondait à l'invitation d'un certain Hosni Djemmali, magnat du tourisme tunisien et surtout... soutien du régime déchu.

A ses côtés au cours de ce week-end passé dans l'hôtel Sangho Privilège de Marrackech : Florence Woerth, l'épouse de l'ancien ministre du travail. Un week-end tous frais payés semble-t-il, puisque toujours selon Médiapart, aucune des participantes interrogées par le site, n'a réglé son avion, sa chambre d'hôtel, ni sa restauration. C'est faux ! rétorque-t-on du coté de l’Elyéee qui assure qu'elle a pris soin de payer son billet, en précisant même qu'elle a conservé le talon du chèque. Mais impossible d'y jeter le moindre coup d’oeil. Alors au-delà des faits, l'Elysée se défend en affirmant que Hosni Djemmali n'a jamais été un cacique du régime. Certes... Malgré tout, sa signature est apparue en août dernier au pied d'une tribune appelant Ben Ali à se représenter en 2014, malgré la limite d'âge.

Médiapart poursuit ses révélations : Marie-Cécile Levitte ne s'en est pas tenue à un seul voyage à l'invitation de cet homme Hosni Djemmali. Un an et demi plus tôt, déjà, en novembre 2008, elle était allé fêter les 30 ans du groupe Sangho, dans son complexe de Zarzis. A ses côtés cette fois : Hervé Novelli, le Secrétaire d'Etat chargé du commerce, soucieux d'accrocher sur le costume de l'hôtelier la légion d'honneur de la République Française qu'il venait de lui décerner...

Ca fait beaucoup... « Sarkozy sur la Tunisie, un pas en avant trois pas en arrière », résume le site internet de Marianne ce matin. « Mais il y aurait un moyen de limiter les dégâts. Il suffirait de réquisitionner les biens de la famille Ben Ali en France et les mettre sous séquestre avant de les restituer aux futures autorités tunisiennes, qui pourront ensuite en faire ce qu'elles voudront. » Récemment, Libération a publié trois beaux morceaux du patrimoine de Ben Ali, qui se trouvent a Paris.

François Baroin, le porte parole du gouvernement, affirmait que la France se tenait à la disposition des autorités constitionnelles tunisiennes pour examiner le sort des biens immobiliers du président déchu. Et Marianne de lui emboiter le pas : « Il serait bien de ne pas en rester au stade des paroles verbales et de passer aux actes, le droit de réquisition existe, pourquoi ne pas l'appliquer dans ce cas précis et au plus vite ??»

Rétrospectivement, se pose une autre question : "Fallait-il rompre avec nos amis tunisiens ?" La réponse de l'ancien député UMP Georges Fenech ce matin dans Médiapart, est sans équivoque : "certainement pas !" Mais ajoute-t-il, « on a sans doute sous-estimé la souffrance du peuple ».

Ca ne vous rappelle rien ? Le mea culpa de Nicolas Sarkozy, qui déclarait il y a deux jours que la France n'a « pas pris la juste mesure de la désespérance tunisienne ».

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