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La revue de la presse en ligne du 03/01

5 min
À retrouver dans l'émission

par Solenne LE HEN

C'était une triste messe dominicale dans l'Eglise des Saints d'Alexandrie en Egypte, raconte le Figaro. Triste messe au lendemain de l'explosion qui a tué 21 Coptes le soir du Nouvel an et en a blessé près de 80 autres. Des traces de sang restent visibles, décrit le journal, du sang pas uniquement sur le sol, mais détail sordide, sur la façade de l'Eglise. Une façade qu'on devine sur la photo de Une du site du Nouvel Obs : un détail d'un mur blanc ciselé... et maculé de rouge.

Après la description et la photo, la vidéo. Libération met en ligne justement celle de la caméra de vidéosurveillance placée à l'intérieur de l'Eglise. Vendredi soir, cela commence par des chants, puis une explosion, à l'extérieur. Scène de chaos, des fidèles courent dans tous les sens et pendant ce temps, le prêtre bénit la foule et multiplie les signes de croix, tel un talisman humain ou un prédicateur vivant le Jugement dernier. Les chants deviennent frénétiques. Une vidéo incroyable.

Voici une nouvelle plaie pour les Coptes d'Egypte, résume Libération ce matin. Les Coptes, cette communauté chrétienne qui représente 6 à 10% des 80 millions d'Egyptiens. La plus importante de la région.

Qui est derrière cet attentat? s'interroge La Croix. Deux pistes, selon le quotidien. D'abord celle privilégiée par les autorités égyptiennes, celle des "mains étrangères", selon les termes du président égyptien, pour ne pas dire Al Qaida.

La branche irakienne de l'organisation terroriste avait en effet menacé de s'en prendre aux coptes en novembre si l'Eglise ne libérait pas deux femmes. Une histoire digne des romans de chevalerie. Ces épouses de prêtres coptes auraient été "emprisonnées dans des monastères" pour s'être converties à l'Islam. Al Qaida, option 1... crédible. L'organisation a revendiqué l'attentat contre la cathédrale de Bagdad il y a quelques semaines. 58 morts.

Option 2 pour La Croix, celle des fondamentalistes islamiques égyptiens. Une manifestation a eu lieu vendredi justement, juste avant l'attentat, en plein centre d'Alexandrie, devant une mosquée. Les organisateurs appelaient à punir les Coptes si les deux femmes, toujours les mêmes, n'étaient pas libérées. La police n'est pas intervenue.

Mais le président égyptien Hosni Moubarak l'a clairement dit... il songe plutôt à l'oeuvre d'Al Qaida. A travers cet attentat, toute l'Egypte est touchée, selon lui, chrétiens comme musulmans.

Un oecuménisme bien commode, politiquement, et qui exaspère les Coptes, raconte Libération. Les autorités rechignent traditionnellement à parler de tensions confessionnelles dans le pays, continue le journal. Il y a un an, 6 coptes avaient été tués à la sortie d'une messe de Noël. Une affaire "criminelle", avait conclu le gouvernement.

Pour les Coptes, cette position ne tient pas compte de la violence et des discriminations dont ils sont victimes. Libération raconte le désarroi de la communauté. "On nous parle d'un plan terroriste venu de l'extérieur, mais qui l'a mis en oeuvre? s'interroge une Chrétienne. Le problème est dans les esprits en Egypte, qui ont intégré le sentiment anti-copte".

Lors des funérailles des victimes de l'attentat samedi soir, la foule a même rejeté les condoléances du président Hosni Moubarak, raconte La Croix. "Non, non, non", criaient les 5 000 personnes, alors qu'un évêque, le secrétaire du pape copte, a voulu leur transmettre le message du Président. Les Coptes estiment que les autorités ont échoué à prendre les mesures de sécurité adéquates pour protéger leur communauté, pourtant menacée.

"Nous passons chaque fête dans la douleur", confie un fidèle. Et ils ont de quoi craindre... le Noël orthodoxe, c'est dans 4 jours.

Ce qui auparavant, comme partout dans le monde, apparaissait comme des disputes de voisins déguisées en querelles religieuses ou communautaires prend donc de l'ampleur.

"Il n'y a pas un jour sans que les tensions communautaires ne fassent l'actualité", explique dans la Croix Tewfik Aclimandos, chercheur au collège de France... autorisation de construction d'Eglises, histoires de coeur interconfessionnelles ou même réforme des manuels d'enseignement. Le problème c'est que dans sa lutte pour empêcher les Frères musulmans d'accéder au pouvoir, le gouvernement a encouragé d'un autre côté les mouvements salafistes, ouvertement anti-chrétiens.

Le Nouvel Obs prévient, inquiétant. Une guerre civile se profile peut-être, voire un nouveau Liban.

"La main étrangère", en rit encore le quotidien indépendant égyptien Al Masri-Al Yom repris par Libération. Rire jaune. "Si le tissu national était suffisamment solide, assure son éditorialiste, aucune partie étrangère n'aurait réussi à la percer et à y mettre le feu. Non, il faut affronter la laideur qu'il y a parmi nous".

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