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La revue de la presse en ligne du 17/01

4 min
À retrouver dans l'émission

par Solenne LE HEN

"Le Front national est la seule alternative face à Strauss-Kahn ou Sarko, l'euro ou l'euro, l'immigration ou l'immigration, les délocalisations ou les délocalisations, le chômage ou le chômage", disait une grande blonde à Tours ce week-end. Et bien ce matin dans vos journaux sur internet, pas beaucoup de choix. C'est Le Pen ou Le Pen.

67,65% des votes des militants, Marine Le Pen succède à son père à la présidence du Front National. "Un nouveau discours", nous assure-t-on. Plus light, plus policé. "Un discours fleuve surtout", pour Paris Match. 1 heure et quart hier.

Mais est-ce vraiment un nouveau discours? Les journaux en ligne jouent ce matin au jeu des 7 différences. Pour Les Echos, la continuité n'est que patronymique. L'objectif cette fois, c'est de prendre le pouvoir, et ne plus jouer les Cassandre, avec forcément un aggiornamento sémantique. Plus question de "chrétienté" comme l'évoquait le père, mais de "foi" pour la fille, une foi qui doit être rangée dans la sphère du privé.

Marine encense désormais la Vème République, convoque Jaurès, évoque les vertus de l'Etat. Pour Pascal Perrineau, politologue au Cevipof, "tout d'un coup, l'Etat retrouve de multiples vertus". Mais ajoute-t-il dans L'Express, "au risque de déstabiliser le coeur de l'électorat FN".

Car toujours selon le même Pascal Perrineau, mais cette fois dans Le Nouvel Obs et Paris-Match, ce discours de Marine, qui s'adresse à la droite républicaine et à la gauche, a ses limites. Hier, les adhérents du Front national ont plus applaudi le discours de Bruno Gollnisch, son concurrent, que le sien. Le risque pour ce parti, c'est qu'il perde son fond de commerce, son "parfum de soufre".

"Je n'ai pas du tout aimé", confirme une militante de 75 ans, dans le Nouvel Obs. "Marine Le Pen ne s'est pas appuyée sur les fondamentaux du parti, la famille, la nation, l'héritage chrétien de la France".

Pique-assiette politique, Marine ratisse large, analyse Paris-Match. Ses propos anti-islam et pro-laïcité séduisent à droite. Elle a ajouté des préoccupations sociales. Dans le Pas de Calais par exemple, elle s'adresse aux déshérités à qui le président fait miroiter des lendemains qui chantent. Dans son discours d'hier, pas un mot sur l'immigration, souligne l’hebdo. Elle cherche même à séduire les écolos!

Résultat, Marine Le Pen est créditée de 17 à 18% des intentions de vote pour 2012 dans les sondages. Voilà le fond évoqué. Certains trouveront que le Front National l'a touché depuis bien longtemps, le fond. Sur la forme, maintenant. On se dit, ça y est, nouveau discours, nouvelle image.

Pour Rue 89, Marine est carrément devenue une icône gay. "Elle est ouverte d'esprit là-dessus, assurent les militants. Du coup il y a de plus en plus d'homos autour d'elle, explique l'un d'entre eux. "Elle a une gouaille, un côté masculin-féminin qui séduisent".

Rien à voir avec Jean-Marie, le "vieux" comme on le surnomme dans les couloirs du Palais des Congrès de Tours. Il fatigue, raconte Paris Match. Pour l'anecdote, son discours d'adieu à la présidence du parti était divisé en chapitres. Et pendant une demi-heure, il a lu à chaque fois ces titres à voix haute, avant de s'apercevoir de son erreur. "Son intervention est rasoir, ajoute Rue 89. Le chef a les yeux collés à ses feuilles. Affront suprême, une dame au 3ème rang s'endort par intermittence".

Il ne faut cependant pas lui dire complètement au revoir. Jean-Marie Le Pen reste président d'honneur du FN. Et ajoute même dans le Parisien-Aujourd'hui en France. "Je pense que personne ne regrettera d'avoir mon point de vue sur un certain nombre de sujets". Nous voilà rassurés. Avant d'ajouter pour conclure ces presque 40 années à la tête du parti, "Pas de regret, pas de remords, et pas de nostalgie".

Au jeu des 7 ressemblances cette fois, Marine aime tout autant les petites phrases que son père. Et ce n'est pas une tendre. Sarkozy hier est devenu par exemple, "l'agent d'une chanteuse sur le déclin". Cela pourrait prêter à sourire. On se dit "enfin finis" les "détails de l'Histoire", et autres "Durafour crématoire" du père. D'ailleurs, Marie-Claude, une militante le dit dans une vidéo sur Rue 89.

http://www.rue89.com/2011/01/16/ladieu-du-front-a-jean-marie-le-pen-ils-lont-aime-un-peu-185885

Mais un journaliste, encore eux, a tout fait échouer. Ce salarié de France 24, qui répond au nom de Mickaël Szames dit avoir été expulsé et frappé lors d'une soirée du parti à Tours ce week-end. Il crie à l'agression antisémite. La version du service d'ordre est différente. Cela importe finalement peu. Car chassez Jean-Marie Le Pen, ses habitudes reviennent au galop. Ecoutez, c'est sur Le Post.fr

http://www.wat.tv/video/journaliste-france-24-tabasse-3aomj2eyr9.html

Enfin le comble, Farid Smahi, un ancien du parti a claqué ce week-end la porte du FN et l'a fait savoir. La vidéo est sur Le Parisien.fr. "J'en ai marre d'être le bougnoule de service", crie-t-il dans les couloirs et devant les caméras, avant d'être éloigné par des gros bras. Pourquoi tant de haine? L'ancien militant reproche à Marine ses sympathies... pour les Juifs. Allez comprendre.

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