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La revue du web 21/03/11

5 min
À retrouver dans l'émission

Par Thomas CLUZEL

Le blindé a été comme décapsulé par une force herculéenne. C’est la première trace visible des bombardements aériens de la coalition internationale, entrée en action samedi soir écrit ce matin l’envoyé spécial de LIBERATION Christophe Ayad. Un peu plus loin s’étale un vrai jeu de massacre, une petite armée littéralement pétrifiée par le feu venu du ciel. Une quarantaine de véhicules calcinés, retournés, enchevêtrés dans un champ. Des dizaines et des dizaines de corps de soldats gisent là, morts dans l’instant, certains presque des enfants dans leur treillis trop grands. Ils ont été foudroyés par les Rafale français. Les insurgés, à 30 kilomètres de là eux n’ont rien vu. Mais ils ont entendu. Une petite foule de badauds déambule en prenant des photos au téléphone portable. Certains font les poches de soldats morts, d’autres donnent des coups de pied aux cadavres avant de se faire réprimander par les soldats rebelles. Sur la route, une foule grossissante de curieux arrive de Benghazi pour voir cette armée en déroute. Du côté des insurgés, le soulagement et la hargne sont à la mesure de la peur éprouvée la veille, quand l’armée de Kadhafi a lancé un assaut surprise sur Benghazi. Et pourtant nuance Christophe Ayad, difficile d’être sûr de quoi que ce soit tant le «brouillard de la guerre» dans le conflit libyen est épais.

A Tripoli, là la fête est terminée écrit pour sa part l’envoyée spéciale du FIGARO Delphine Minoui. Le visage pâle, les yeux rougis de fatigue, Hoda enrage: « Je me battrai jusqu'à la dernière goutte de mon sang!» dit-elle. Abonnée aux rassemblements pro-Kadhafi, cette fervente supportrice du régime n'a plus le cœur à se trémousser sur ses tubes patriotiques préférés. Dimanche matin, aux environs de 2h20, elle a été réveillée, comme les 2 millions et demi de Tripolitains, par une série de fortes explosions, les premiers tirs de missiles occidentaux, suivies des ripostes de la défense antiaérienne libyenne. Confuse, elle a passé la nuit accrochée à son balcon, à regarder le ciel se remplir d'un étrange feu d'artifice et à trembler à chaque détonation. Puis, une fois troqué son pyjama contre une robe verte et reçu les directives de son comité populaire, elle s'en est allée insulter les journalistes occidentaux. «Vous avez déclenché la guerre! Vous allez le payer cher», lâche-t-elle sur le parterre de l'hôtel Rixos, à l'attention des reporters. Des messages à faire passer à «ce chien de Sarkozy» et à «ce traître d'Obama», elle en a plein son sac. Rédigés sur de petits bouts de papier, elle en pioche un au hasard pour le lire à haute voix: «Nous savons pourquoi vous êtes là: pour nous voler notre pétrole ! Vous dîtes que vous voulez sauver notre peuple. Alors, pourquoi avoir tué nos civils?» Quand on lui demande si elle a pu voir, de ses propres yeux, les dégâts causés par les bombardements, elle répond, évasive: «Partout! Il paraît qu'il y a eu 48 morts et 150 blessés à travers tout le pays!». Des informations impossibles à vérifier précise aussitôt la journaliste. Seul le cimetière à l'est de Tripoli a accepté dimanche, de nous ouvrir ses portes dit-elle mais dans le cadre d'une visite guidée organisée par le gouvernement. L'accueil y est digne d'une déclaration de guerre. «Djihad!», hurlent à l'unisson plusieurs centaines de personnes entassés autour des stèles. Une fois de plus, c'est le président français qui est visé. «Il n'y a qu'un seul Dieu et Sarkozy est l'ennemi de Dieu!», hurle un homme en nous invitant à nous recueillir sur le tombeau d'un bébé de deux mois qui serait mort dans les bombardements. Les tombeaux vides des 24 autres victimes présumées de Tripoli sont, eux, de l'autre côté du cimetière, au bord de cette mer Méditerranée que Mouammar Kadhafi a menacé, dans son dernier message sonore, de transformer en «champ de bataille». Et Delphine Minoui de conclure, derrière les murs, de nombreuses voix proches de l'opposition osent, elles, rêver d'un changement. «Kadhafi tue son propre peuple depuis presque 42 ans. Seule une opération étrangère finira par nous aider à mettre fin au massacre», confie un informaticien qui dit avoir passé, samedi «la plus belle nuit de sa vie».

Drôle de soirée, hier, en revanche pour notre Président écrit Francis Brochet ce matin dans les colonnes du PROGRES de Lyon. Un œil sur les cartes d'état-major détaillant les mouvements de l'aviation français, l'autre sur la carte des cantons se couvrant de petits drapeaux PS et FN. Car c'est vrai qu'entre les images de la guerre en Libye sans oublier la menace nucléaire toujours persistante au Japon et bien on en aurait presque oublié que la journée d’hier était un dimanche d’élections peut-on lire encore dans les colonnes du PARISIEN. Quelque 21 millions de Français étaient appelés à renouveler la moitié des exécutifs des 100 départements.

Or l'opération "Aube de l'odyssée" en Libye n'aura pas suffi à effacer la reculade hexagonale du parti présidentiel commente pour sa part Jacques Camus dans LA REPUBLIQUE DU CENTRE. À l'occasion du 1er tour des élections cantonales, les urnes ont confirmé les sondages. Il y a d'abord eu cette désertion des électeurs qui, plus que jamais, ont refusé de se mobiliser. Et puis il y a ensuite cette "avancée" du Front national qui se "notabilise" sur les talons de l'UMP et va constituer, en de nombreux endroits, le "casse-tête républicain" du 2e tour écrit l'éditorialiste.

Le refus du " Front républicain " qui signifie que l'UMP n'appellera pas à voter pour le PS en cas de duel avec le FN, ou, si c'est possible qu'il maintiendra son candidat si le FN arrive en tête devant le PS, est la meilleure façon de faire la courte échelle au parti de Marine Le Pen prévient pour sa part Jean-Michel Helvig dans LA REPUBLIQUE DES PYRENNES avant de préciser. Au prétexte qu'il ne faut pas donner le sentiment que la droite et la gauche c'est du pareil au même, la démonstration sera inverse. En donnant à penser que le PS et le FN c'est rose bonnet et bonnet rose, l'UMP incite ses électeurs à en tirer la conclusion, que le Front national, finalement, c'est un parti " républicain " comme les autres. Alors pourquoi pas une union de la droite comme il y a eu une union de la gauche, se demanderont ces mêmes électeurs ?

De son côté la gauche elle est certes en tête mais on est tout de même loin du raz-de-marée attendu face à une droite si discréditée renchérit Gérald Andrieu sur le site de l'hebdomadaire en ligne MARIANNE. Et pour elle tout commence car il va lui falloir en effet trouver des accords dans un grand nombre de circonscriptions pour faire, soit barrage à l’UMP, soit au FN. Et de conclure, l’union dit-on est un combat.

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