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Le sacre d'Obama, Américain né à Hawai, fils de Kenyan

4 min
À retrouver dans l'émission

par Bénédicte Dupont

Vous l'imaginez, hormis relayer l'information, la presse en ligne française n'a pas eu le temps de commenter la mort d'Oussama Ben Laden annoncée officiellement vers 5h30 heure française.Alors la toile revient sur les évènements de ce week-end. Avec, entre autres, une polémique.... qui n'a pas eu lieu. Celle concernant la délégation protocolaire française présente hier place St Pierre pour la béatification de Jean Paul II. C'est l'objet de l'éditorial de Guillaume TABARD dans les ECHOS ce matin. Hier la France avait dépêché son 1er Ministre, son ministre des affaires étrangeres et celui de l'Interieur... Fillon, Juppé, Guéant... Tous venus témoigner au nom de la France "du respect pour l'Eglise Catholique et de l'admiration pour Jean paul II". Les autres pays, occidentaux en tous cas, ne se sont pas montrés aussi déférents. En tous 16 chefs d'Etat avaient fait le déplacement : le Togo, la Macédoine ou encore le Zimbabwe avec la présence très remarquée de Mugabé. Nicolas Sarkozy lui, avait envisagé de se rendre lui-même à Rome , avant de renoncer rappelle Guillaume Tabard. Sans doute "pour ne pas raviver une polémique sur son insistance à rappeler les racines chrétiennes de la france". Le déplacement du Chef de l'Etat "aurait-il créé une nouvelle polémique au pays de la laïcité à fleur de peau?" se questionne l'éditorialiste. Et de conclure "celui du Premier ministre en tous cas n'en aura pas suscité".

Une polémique, une vraie, qui ne vous aura pas échappée, c'est bien sûr celle qui empoisonne la fédération française de football depuis mercredi. La presse s'en est largement fait l'écho depuis. Sur le web ce matin, encore quelques commentaires mais surtout une mise au point de la part de celui par qui le scandale est arrivé : Edwy PLENEL patron de MEDIAPART .Sur son journal en ligne, Plenel persiste et signe. Mediapart a dit-il "dévoilé publiquement ce qu'une grande part des acteurs professionnels du foot savait". Mais attention aux abus de langage rappelle t-il. Non Mediapart n'a pas accusé la FFF de racisme mais bien de discrimination ou de ségrégation. C'est différent mais ça n'est pas moins grave et Plenel de se lancer dans une grande référence aux principes qui ont forgé notre Constitution. Un rappel insiste t-il pour "comprendre qu'aucune autorité de ce pays ne pourrait admettre qu'on se livre à un tri entre français selon leur origine, leur couleur de peau ou leur religion". Voilà la réalité de l'enquête de Mediapart dixit Plenel. Ca n'est pas, écrit-il, une histoire de concurrence économique à règler, en l'occurence l'exode de joueurs binationaux. "Les dirigeants du football français ne se pensent pas racistes mais par ignorance ils font le jeu de ceux qu'ils le sont" conclu le directeur de Mediapart.

Toujours dans ce même climat de recherche absolue de vraie et unique nationalité, un exemple à suivre peut-être pour tous ces jeunes à qui l'on reproche d'avoir plusieurs patries. L'exemple de Barack Obama . Les conservateurs américains doutaient de sa nationalité. Mercredi le Président leur a fourni son acte de naissance officiel certifiant qu'il avait bien vu le jour à Hawaï, 50ème Etat des Etats Unis d'Amérique. Et au cas où cela ne suffise pas, samedi soir, Obama a dégainé son arme suprême, l'humour. C'était lors du dîner annuel des correspondants à la Maison Blanche. La vidéo fait le tour de la toile depuis. Elle est notamment reprise par LEFIGARO.FR ou encore le blog Great America de LIBERATION.FR . Barack Obama est à la tribune, il annonce qu'il va publier le film officiel de sa naissance, que "personne n'a jamais vu en 50 ans". Et la fameuse vidéo qui est diffusée sur grand écran juste derrière lui montre la scène d'ouverture du dessin animé le Roi Lion, lors de la naissance du lionceau Simba en pleine savane, avec inscrite en bas la date de naissance du Président américain. La scène déclenche rires et applaudissements dans la salle. Barack Obama s'adresse ensuite aux journalistes de la chaîne ultraconservatrice Fox News : "ceci est bien une blague, conclut-il ironiquement, ce n'est pas la video de ma naissance, c'est un dessin animé pour les enfants".Mais ce matin Barack Obama aurait bien pu être Kenyan ou "bi-national", ça n'aurait rien changé à son jour de gloire. Ce jour du lundi 2 mai 2011 où après dix ans de traque infructueuse, l'Amérique a eu la tête d'Oussama Ben Laden.

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