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Le président de transition Bah Ndaw (à droite) aux côtés du véritable homme fort du Mali, le colonel Assimi Goïta (à gauche), actuel vice-président de la transition, en septembre 2020 à Bamako

Coup de pression ou coup d'Etat ? Au Mali, les militaires ont arrêté le président et le Premier ministre de transition

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Les militaires maliens ont arrêté le président et le Premier ministre pour protester contre la nomination d'un gouvernement de transition. La communauté internationale craint une nouvelle période d'instabilité, dans un Mali déjà en proie aux violences djihadistes et à la contestation sociale.

Le président de transition Bah Ndaw (à droite) aux côtés du véritable homme fort du Mali, le colonel Assimi Goïta (à gauche), actuel vice-président de la transition, en septembre 2020 à Bamako
Le président de transition Bah Ndaw (à droite) aux côtés du véritable homme fort du Mali, le colonel Assimi Goïta (à gauche), actuel vice-président de la transition, en septembre 2020 à Bamako Crédits : Michele Cattani / AFP - AFP

Le Mali, déjà en proie aux violences djihadistes et à la contestation sociale, est-il en train de vivre son cinquième coup d'Etat depuis son indépendance ? Bamako bruisse de rumeurs, car des soldats ont emmené le président Bah Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane au camp militaire de Kati, à quelques kilomètres de la capitale malienne. C'est là déjà, que le président élu Ibrahim Boubacar Keïta avait été conduit l'été dernier, contraint d'annoncer des démissions sous la pression de colonels putschistes. Dans ce pays de 19 millions d'habitants, sous menace djihadiste, vingt civils ont été tués, encore, la semaine dernière à Gao, au nord du Mali. Difficile, aussi, de trouver une paix sociale : une grève générale est suivie depuis lundi dans les grandes villes maliennes pour revaloriser les salaires et améliorer les conditions de départ à la retraite. Les autorités manquent de financements, de volonté politique, aussi, dénonce l'opposition. Les militaires, eux, ne veulent pas perdre du terrain. Correspondance de Nathanaël Charbonnier.

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Nouvelle crise au Mali: les militaires arrêtent le président et le Premier ministre de transition

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L'Union européenne ferme son espace aérien à la Biélorussie. Les 27 adoptent de nouvelles sanctions contre le régime d'Alexandre Loukachenko, accusé d'avoir dérouté un avion de ligne européen vers Minsk pour arrêter un journaliste dissident Roman Protassevich. C'est une riposte à la fois symbolique et économique. Les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ferment leur espace aérien à leur voisin biélorusse, pour l'isoler diplomatiquement. La décision a été prise lundi soir, lors d'un sommet à Bruxelles,  Les Vingt-Sept déconseillent aussi, à leurs compagnies aériennes, le survol de la Biélorussie, car la sécurité des vols n'est plus garantie, estime la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, depuis que le régime d'Alexandre Loukachenko est accusé d'avoir dérouté un avion de ligne européen vers Minsk pour arrêter un dissident, Roman Protassevitch et  sa compagne Sofia Sapéga.  Ils se trouvaient à bord d'un avion de Ryanair reliant Athènes à Vilnius, quand ils ont été dérouté sur Minsk, donc, la capitale biélorusse. Cet acte est intolérable pour l'UE qui va allonger, en juin prochain, la liste des personnes et entités visées par une interdiction de séjour en Europe et par le gel de leurs avoirs. D'autres mesures pourraient, ensuite, concerner, les produits pétroliers et chimiques, exportés par la Biélorussie, comme les engrais.  Charles Michel, le président du Conseil européen, explique la détermination des Vingt-Sept, alors que Roman Protassevitch, est apparu lundi soir à la télévision d'Etat à Minsk pour "passer aux aveux" concernant "l'organisation de troubles massifs". Cette arrestation prouve qu'aucun dissident n'est à l'abri en Biélorussie ou à l’étranger. Reportages de Jean-Didier Revoin à Moscou et d'Omar Ouahmane avec Serguei Jirnov,  un ancien espion du KGB, réfugié en France, qui  a côtoyé Vladimir Poutine dans sa jeunesse.

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Aucun dissident biélorusse n'est à l'abri dans son pays ou à l’étranger, dénoncent les opposants au président Loukachenko

Aux Etats-Unis, Joe Biden reçoit ce mardi la famille de George Floyd, ce Noir américain mort il y a un an sous le genou d'un policier blanc. Tout un symbole mais pas d'avancée législative : le président démocrate n'a pas réussi, comme il l'espérait, à faire voter un texte contre les violences policières. Il y a un an jour pour jour, George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, était tué lors de son arrestation à Minneapolis. Les vidéos de son calvaire avaient fait le tour du monde et déclenché une vague de protestations inédites contre le racisme et les violences policières. Depuis, l'ex-policier Derek Chauvin a été reconnu coupable de meurtre. Malgré le second souffle du mouvement Black Lives Matter, rien ou presque n’a changé aux Etats-Unis. Les entreprises américaines ont promis de s’engager contre les discriminations raciales, mais le chemin à parcourir est encore long. Reportage de Loig Loury à Washington et analyse économique de Grégory Philipps.

En France, alors que l'Assemblée nationale doit se prononcer, ce mardi, sur le projet de loi d'Eric Dupond-Moretti pour la "confiance" dans la justice, le Sénat dominé par l'opposition de droite cherche à adapter le droit sur l'irresponsabilité pénale, mise en exergue par l'affaire Sarah Halimi. La Cour de Cassation avait validé, le mois dernier, le caractère antisémite du crime mais confirmé l’impossibilité de juger le meurtrier compte tenu de l’abolition du discernement de ce consommateur de cannabis au moment des faits.  Le texte soumis à l’examen des sénateurs, aujourd’hui, vise à faire évoluer le code de procédure pénale.

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