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Des tentes ont été installées près de l'hôpital de Padoue pour les patients atteints de coronavirus

Épidémie de coronavirus : de l'Italie à la France, l'inquiétude monte sur la capacité de réponse dans des hôpitaux saturés et sous-dotés

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Dans une Italie où le confinement devient la règle, l'espérance de vie est un critère de sélection pour soigner les patients. Le problème, déjà épineux, en France, pourrait s'aggraver alors qu'Emmanuel Macron prépare les esprits à une accélération de l'épidémie du nouveau coronavirus.

Des tentes ont été installées près de l'hôpital de Padoue pour les patients atteints de coronavirus
Des tentes ont été installées près de l'hôpital de Padoue pour les patients atteints de coronavirus Crédits : Massimo Bertolini / NurPhoto - AFP

De l'Italie à la France, l'inquiétude monte sur la capacité des hôpitaux à répondre à l'épidémie du coronavirus ou quand la priorité à donner aux patients relève de choix cornéliens. Ce matin, l'Italie est de plus en plus coupée du reste du monde : Air France, British Airways, Ryan Air et Air Canada interrompent leurs liaisons aériennes, la Slovénie ferme sa frontière et l'Autriche ne laisse passer les voyageurs, en provenance d'Italie, que sur présentation d'un certificat médical  alors que l'épidémie de Covid-19 a déjà tué plus de 600 personnes dans la péninsule. Plus de 10.000 cas ont été détectés. Deuxième jour "a casa" pour les Italiens : les 60 millions d'habitants sont appelés à rester chez eux, pour tenter de freiner l'épidémie de coronavirus. Ces restrictions de liberté, jamais vues à l'échelle d'un pays, pourraient aller encore plus loin pour limiter la propagation du nouveau coronavirus et protéger, aussi, un système de santé déjà saturé.  Luigi Riccioni, médecin anesthésiste-réanimateur, doit faire face à des choix cornéliens : "nous suivons le protocole de la médecine  pour les catastrophes : priorité donnée à celui qui a la plus grande espérance de vie", a-t-il déclaré sur le plateau Dimartedi sur "la7", à la télévision italienne. Difficile à imaginer dans la 8e puissance économique mondiale mais logique à force de coupe budgétaire, si l'on en croit Pietro Senaldi, journaliste à Milan pour "Il Libero" : "Je ne suis pas médecin mais j'ai parlé, récemment, avec le Professeur Sirchia, ancien ministre de la Santé et il  m'a expliqué deux - trois choses : le coronavirus a mis deux mois environ à arriver en Italie. Et pendant ce temps, le gouvernement ne s'est pas préparé, au minimum, à l'épidémie. Ce coronavirus frappe l'Italie car notre système sanitaire est malade : on a taillé et retaillé dans les budgets sanitaires (...) et c'est à l'Europe que l'on doit d'être malade économiquement". Le débat rebondit en France, où le personnel hospitalier alerte depuis des années sur le manque de moyens car si même si 98% des patients en guérissent, le Covid-19 inquiète davantage que la grippe, par la gravité de certaines évolutions cliniques et par le nombre de malades qu'il va falloir encore prendre en charge. Précisions à Rome de Bruce de Galzain et reportage à Paris de Véronique Julia.

Les autres titres du journal

Le coronavirus parasite le premier budget britannique post-Brexit, présenté à Londres, cet après-midi. Le Premier ministre Boris Johnson avait promis de nombreux investissements dans les infrastructures, les services publics et la transition climatique mais certains de ces projets pourraient être différés à cause de l'épidémie de coronavirus. Précisions à Londres d'Aude Soufi.

Procès Fillon : de la prison ferme requise, hier, pour l'ex-Premier ministre. Au lendemain d'un virulent réquisitoire réclamant de la prison ferme pour l'ex-Premier ministre François Fillon, la défense tentera aujourd'hui, au dernier jour du procès, de convaincre le tribunal que les emplois de son épouse Penelope étaient bien réels. Les six avocats des époux Fillon et de Marc Joulaud, ancien suppléant de François Fillon à l'Assemblée, se succéderont à partir de 10h ce matin pour plaider la relaxe et démonter une enquête qu'ils estiment "à charge". Le parquet national financier a requis, hier, une lourde peine contre l'ancien champion de la droite, dont la campagne présidentielle en 2017 avait été pulvérisée par cette affaire : cinq ans d'emprisonnement dont deux ferme, l'amende maximale de 375.000 euros et dix ans d'inéligibilité, bien qu'il soit retiré de la vie politique. Les procureurs ont demandé trois ans avec sursis et 375.000 euros d'amende contre Penelope Fillon. Et deux ans avec sursis et 20.000 euros d'amende contre Marc Joulaud, actuel maire de Sablé-sur-Sarthe et candidat à sa réélection.

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