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La Première ministre britannique Theresa May a finalement obtenu davantage de temps pour tenter de faire accepter aux députés britanniques l'accord qu'elle avait péniblement négocié avec Bruxelles

Le Brexit peut être reporté jusqu'au 31 octobre et se terminer...sans accord : les raisons d'un sursis

13 min

Les dirigeants européens et Theresa May sont tombés d'accord, cette nuit, pour un report du Brexit pouvant aller jusqu'au 31 octobre, écartant provisoirement le spectre d'une séparation brutale, à l'issue d'un sommet tendu à Bruxelles où Emmanuel Macron a fait entendre une voix ferme face à Londres.

La Première ministre britannique Theresa May a finalement obtenu davantage de temps pour tenter de faire accepter aux députés britanniques l'accord qu'elle avait péniblement négocié avec Bruxelles
La Première ministre britannique Theresa May a finalement obtenu davantage de temps pour tenter de faire accepter aux députés britanniques l'accord qu'elle avait péniblement négocié avec Bruxelles Crédits : Dursun Aydemir / ANADOLU AGENCY - AFP

Vous avez aimé le Brexit ? Vous apprécierez certainement la "flextension", nouveau mot-valise pour décrire l'extension flexible, accordée au Royaume-Uni pour sortir de l'Union européenne, au 31 octobre au plus tard. Les Vingt-Sept ont accepté de repousser le Brexit de six mois, ce vendredi 12 avril jusqu'au 31 octobre. Le président du Conseil européen Donald Tusk plaidait pour un report d'un an, Emmanuel Macron se voulait plus ferme, d'où ce compromis, bien européen, trouvé cette nuit lors d'un nouveau sommet de crise à Bruxelles, avec un sursis de six mois. Pourquoi, même, un tel report ? Emmanuel Macron parle du "meilleur compromis possible", qui a "permis de préserver l'unité des 27". "La butée du 31 octobre nous protège" car c'est "une date clé, avant l'installation d'une nouvelle Commission" européenne, a expliqué le président français. D'ici là que peut-il se passer ? Theresa May espère encore faire voter l’accord de retrait rapidement. Si elle y arrive avant le 22 mai, elle n’aura pas à organiser d’élections européennes. Sinon, elle devra organiser ce scrutin, ce qui serait assez baroque a tout de même souligné le président Macron. Enfin, si Theresa May ne trouve toujours pas de majorité au parlement britannique, où l'accord a déjà rejeté trois fois, la Première ministre devra alors utiliser les six prochains mois pour trouver une solution sans pour autant renégocier l’accord de retrait. Elle peut aussi annuler le Brexit. Si elle n’arrive à rien, on  reviendra à l’hypothèse d’un Brexit sans accord, mais Londres et les Vingt-Sept auront eu six mois de plus pour s ‘y préparer. On repart néanmoins  pour une longue période d’incertitude, pendant laquelle Theresa May s’est engagée à ce que son pays ne perturbe pas le bon fonctionnement des institutions européennes. Elle accepte par exemple que les 27 se réunissent sans le Royaume Uni pour discuter de leur avenir. Emmanuel Macron espérait plus de garanties mais il n’a pas obtenu gain de cause. Analyse d'Angélique Bouin à Bruxelles.

Theresa May seule (ou presque) contre tous à Londres : Les eurosceptiques ne veulent pas prolonger, sans cesse, l'union avec les Vingt-Sept. Les europhiles, eux, refusent de quitter l'Europe et espèrent encore un second référendum sur le Brexit.  Theresa May se sait acculée à Londres, cette nuit, elle a avoué avoir "provoqué une grande frustration, chez beaucoup de personnes", avec le report qu'elle a demandé. "Je regrette sincèrement de ne pas voir réussi à convaincre le Parlement à Londres d’approuver l’accord qui aurait permis à notre pays un départ ordonné de l’UE. Mais aujourd’hui, c’est notre devoir, en tant que politiques, de trouver un moyen de traduire, dans la réalité, le résultat démocratique du référendum : parvenir au Brexit et faire avancer notre pays. Rien n’est plus urgent ni vital" a déclaré Theresa May lors d'une conférence de presse, afin d'inciter le parlement britannique à la soutenir. Extrait de interview.

Le Brexit, un feuilleton qui dure depuis trop longtemps, pour de nombreux Britanniques dont les artistes : une étude de la fédération des industries créatives montre que 96% d'entre des artistes auraient voté contre le Brexit, dans un secteur qui pèse 100 milliards de livres par an. Pourtant la profession est à l'image de la société ; divisée, polarisée. Et ce Brexit, sans cesse repoussé, est vécu comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête des britanniques, comme un traumatisme et une obsession créatrice pour Mikes Dicks auteur de la bande dessinée "The Brexit Comics", au micro de Cécile de Kervasdoué, qui signe également le reportage de la rédaction à 7h24. Sujet à prolonger ici.

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En Israël, Benjamin Netanyahu, qui devrait rester Premier ministre, devrait réunir, avec d'autres formations de droite et d’extrême droite, une majorité absolue au parlement. Ravi du résultat des élections législatives israéliennes, Donald Trump a estimé, hier, que la victoire de son "ami" Benjamin Netanyahu augmentait les chances d'aboutir à la paix au Proche-Orient. Reportage d'Etienne Monin dans une colonie en Cisjordanie.

Pacte et privatisations : vers l'adoption définitive d'un projet de loi controversé. Faciliter la vie des entreprises, mieux associer les salariés: le Parlement doit adopter définitivement jeudi le volumineux projet de loi Pacte au prix d'un bras de fer sur la privatisation d'Aéroports de Paris, contre laquelle un référendum d'initiative partagée a été déclenché par près de 250 parlementaires de droite et de gauche. Cette initiative agace déjà l'exécutif. Reportage de Stéphane Robert.

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