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Quotas de l'UE pour répartir les demandeurs d'asile : quotas par pays, places promises et personnes réparties

L’Europe en quête d'union sur la gestion de la crise migratoire : sommet sous tension, aujourd'hui et demain à Bruxelles

13 min

La question migratoire envenime les relations entre les 28 qui se retrouvent à Bruxelles à partir d'aujourd’hui. L'Italie ferme ses ports et demande davantage de solidarité. L'Europe centrale et de l'Est refuse toute répartion de migrants par quotas. Que peuvent Angela Merkel et Emmanuel Macron ?

Quotas de l'UE pour répartir les demandeurs d'asile : quotas par pays, places promises et personnes réparties
Quotas de l'UE pour répartir les demandeurs d'asile : quotas par pays, places promises et personnes réparties Crédits : Sophie RAMIS, Gillian HANDYSIDE / AFP - AFP

L'Union européenne en ordre dispersé sur les migrations pour un sommet à Bruxelles : Avec l'Aquarius, il avait illustré les tensions politiques, en Europe sur la question migratoire, entre la France et l'Italie notamment. Le navire humanitaire Lifeline et ses 233 migrants à bord sont arrivés, hier, en fin d'après-midi, dans le port de La Valette à Malte, après une semaine d'attente en Méditerranée. En Italie, le nouveau ministre de l'Intérieur, issu de l'extrême droite, avait refusé de les accueillir. Le chef du gouvernement italien, le populiste Giuseppe Conte, arrive, aujourd'hui, pour un sommet européen de 2 jours, à Bruxelles, avec plusieurs propositions, pour renforcer les frontières extérieures de l'Union et mettre en place une véritable solidarité, en Europe, dans la répartition des demandeurs d’asile. Reportage à Rome de Mathilde Imberty.

Accords et désaccords migratoires entre l'Italie, l'Allemagne, la France et les pays d'Europe centrale et de l'Est : L'Italie, qui a vu débarquer quelque 700.000 migrants sur ses côtes depuis 2013, demande à ses 27 partenaires européens de ne pas faire peser la responsabilité de l'accueil sur les seuls pays d'arrivées et d’enregistrement des migrants, selon le fameux règlement de Dublin. Mais les pays d'Europe centrale et de l'Est,  Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie, réunis au sein du groupe de Visegrad ne veulent pas en entendre parler. Ils ont déjà réussi, ces dernières années,  à enterrer des projets d'Angela Merkel, notamment, sur des quotas de répartition des réfugiés dans l'Union. La chancelière allemande est affaiblie comme jamais, avant ce sommet européen d'aujourd'hui et demain à Bruxelles. Il est pourtant crucial pour son avenir, sur le plan intérieur. A l'aile droite de sa fragile coalition gouvernementale, le ministre allemand de l'Intérieur, issu de la CSU bavaroise, a lancé un ultimatum à Angela Merkel : la semaine prochaine, il fermera les frontières de l'Allemagne aux migrants déjà enregistrés dans un autre pays de l'UE, si la chancelière n'obtient pas des mesures équivalentes au sommet de Bruxelles. Horst Seehofer menace de créer un axe anti-immigration illégale avec l'Italie et l'Autriche. Cette dernière prend d'ailleurs la présidence tournante du conseil de l'UE, pour six mois, à partir de dimanche. Vienne, gouvernée par une coalition droite - extrême droite  compte bien faire entendre sa voix dans la crise migratoire. Et dans cette Europe désunie, quels arguments Emmanuel Macron peut-il faire valoir au nom de la France ? Analyse de Marie-Pierre Vérot.

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Journée de mobilisation jeudi sur les quais et dans la rue : FO et la CGT vont battre le pavé ensemble pour la première fois depuis 2016, dans le cadre d'un mouvement   interprofessionnel afin de défendre le "modèle social et républicain". Ce jeudi marque également le dernier jour de la mobilisation unitaire à la SNCF, après trois mois de grève en pointillé contre la réforme ferroviaire. Bilan bien mitigé pour les syndicats : l'exécutif n’a pas renoncé à cette réforme, qui a été promulguée, hier, par le président Emmanuel Macron. Mais contrairement à l'Unsa ferroviaire et à la CFDT Cheminots, la CGT et Sud-Rail appellent à poursuivre le mouvement les 6 et 7 juillet prochains pour le premier week-end des vacances scolaires d'été. Les deux principaux syndicats de cheminots organisaient, hier, une soirée de soutien aux grévistes à Saint-Denis en banlieue parisienne. Reportage de Yann Gallic.

La reprise partielle de la dette de la SNCF par l'Etat ne sera pas sans effet sur les finances publiques : C'est la mise en garde lancée, hier, par la Cour des comptes qui presse le gouvernement d'"agir" pour réduire le déficit, jugeant les objectifs de Bercy "atteignables" en 2018 mais "fragiles" au-delà. Pour les magistrats de la rue Cambon, la trajectoire de ces dépenses, conjuguée au recrutement des 10.000 policiers et gendarmes prévu d'ici la fin du quinquennat, pourrait contrarier l'objectif de maîtrise des dépenses de l'Etat fixé par le Parlement à chaque ministère.

Combien coûtera le service national universel que le gouvernement veut mettre en place à partir de l'été 2019 ? C'est la question que posent, dubitatifs, des parlementaires de l'opposition et des associations et syndicats de jeunesse. Un service civique d'un mois obligatoire aux alentours de 16 ans, suivi d'un engagement sur la base du volontariat : voici les grandes lignes du futur service national universel (SNU) annoncé, hier, par le gouvernement, dont les modalités seront précisées à l'issue d'une consultation de la jeunesse, à l'automne prochain. Le SNU sera organisé en deux phases : une "phase de cohésion" obligatoire d'une durée d'un mois, à 16 ans, comprenant une phase d'"intégration" de 15 jours en hébergement collectif qui permettra le "brassage social", suivi d'un temps d'engagement de 15 jours "plus personnalisé" en petits groupes. La seconde phase est facultative avant 25 ans, d'une durée de 3 à 12 mois, "pour ceux qui ont envie de s'engager davantage encore". "En réalité aujourd'hui cette idée n'est pas réalisable sauf à mettre beaucoup d'argent sur la table", a estimé Daniel Fasquelle, député Les Républicains, jugeant qu'un SNU qui aurait "du sens" devrait durer six mois.  Le co-président du groupe UDI, Agir et Indépendants à l'Assemblée nationale Jean-Christophe Lagarde a jugé pour sa part "décevant" le SNU, notant "le fossé entre ce qu'avait promis Emmanuel Macron et ce qu'on nous propose aujourd'hui".La présidente du Rassemblement national (ex FN), Marine Le Pen, estime que le projet de service national universel (SNU) annoncé par le gouvernement "ne rime à rien" car en un mois, les jeunes ne vont "strictement rien apprendre". Emmanuel Macron "est prêt à dépenser un pognon de dingue, pour ce service dont la jeunesse ne veut pas", a déclaré Jimmy Losfeld, président de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes). Selon lui, "c'est bien l'éducation et l'enseignement supérieur qu'il faut financer".

Un bond budgétaire pour un "renouveau" de la défense : une dernière fois, l'Assemblée nationale a donné son feu vert, hier, avant le Sénat aujourd'hui, à la loi de programmation militaire 2019-2025, qui ne convainc pas totalement l'opposition. De 34,3 milliards d'euros cette année,  le budget de la Défense doit augmenter de 1,7 milliard d'euros par an jusqu'en 2022,  avec l'accent notamment mis sur la cybersécurité. Pour la ministre des Armées, Florence Parly, c'est "un message fort à nos armées qui sera entendu à quelques kilomètres, à Balard, mais jusqu'aux dunes du Mali: les restrictions sont finies et le temps du renouveau commence, la France se donne tous les moyens pour respecter l'engagement du président de la République".  La version revue et corrigée, en accord avec le Sénat à majorité de droite, a été votée à main levée par LREM, MoDem, UDI-Agir mais aussi PS, rejetée par LFI et PCF. LR a choisi "une abstention d'alerte et de vigilance".

Google, Facebook et Microsoft dans le viseur des associations de consommateurs au sujet du Règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD) : Ce règlement protège, depuis le 25 mai dernier, les internautes européens des collectes d’informations trop intrusives de la part de certaines entreprises. Mais selon l'UFC - Que Choisir, qui reprend les accusations de ses confrères norvégiens, les trois géants américains contournent le RGPD. L'UFC-Que Choisir a décidé d'interpeller la CNIL. Enjeux décryptés par Eric Chaverou.

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