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Sous l'Arc de Triomphe, violentes échauffourées, samedi, entre des "gilets jaunes" et les forces de police

Après de nouvelles violences, samedi, quelles réponses politique, sécuritaire et judiciaire apporter à la crise des "gilets jaunes" ?

11 min

Le Premier ministre Edouard Philippe reçoit dès aujourd'hui, à la demande d'Emmanuel Macron, les patrons des principaux partis politiques français. Première étape d'une semaine chargée qui le verra également ouvrir les portes de Matignon aux "gilets jaunes" ayant appelé au "dialogue" dans le JDD.

Sous l'Arc de Triomphe, violentes échauffourées, samedi, entre des "gilets jaunes" et les forces de police
Sous l'Arc de Triomphe, violentes échauffourées, samedi, entre des "gilets jaunes" et les forces de police Crédits : Karine Pierre / Hans Lucas - AFP

La manifestation des "gilets jaunes", samedi à Paris, a été marquée par des violences d'"un niveau jamais atteint dans les dernières décennies", a estimé, hier soir, le préfet de police Michel Delpuech. Ce dernier a évoqué, lors d'une conférence de presse, une "violence extrême et inédite" contre les forces de l'ordre avec "des jets de marteaux", de "billes en acier" ou de "gros boulons". Selon le préfet de police, "249 feux" ont été recensés par les pompiers, visant "112 véhicules, 130 mobiliers urbains" et "six bâtiments".  Il a accusé "des groupuscules d'extrémistes d'ultra-droite et d'ultra-gauche" mais aussi "un très grand nombre de manifestants portant un gilet jaune", qui n'ont pas hésité par "désinhibition" ou effet d'"entrainement", "à se livrer à des violences injustifiables". 378 personnes ont été placées en garde à vue, dont une trentaine de mineurs. Les comparutions immédiates commenceront cet après-midi. Mais dès hier, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, est venue voir les magistrats du parquet en train de constituer leurs dossiers. Reportage de Corinne Audouin.

Carte des principaux accidents, dégradations, heurts avec la police constatés samedi et dimanche durant la mobilisation des "gilets jaunes"
Carte des principaux accidents, dégradations, heurts avec la police constatés samedi et dimanche durant la mobilisation des "gilets jaunes" Crédits : Sophie RAMIS, Thomas SAINT-CRICQ / AFP - AFP

Quelle réponse politique l'exécutif peut-il apporter à la crise des "gilets jaunes" ? Il était venu saluer, hier, les forces de l'ordre, avenue Kléber à Paris et constater les dégâts à l'Arc de Triomphe, au lendemain de scènes de guérilla urbaine. Emmanuel Macron a également été confronté, ce dimanche, à des "gilets jaunes", scandant "Macron, démission". Le chef de l'Etat, mis en cause par les 136.000 manifestants de samedi, a demandé à son premier ministre, Edouard Philippe, de recevoir des représentants des "gilets jaunes" et les chefs des principaux partis politiques. Une délégation de La France insoumise, et non pas Jean-Luc Mélenchon, devrait se rendre à Matignon, ce lundi, indique, ce matin, le député LFI Alexis Corbière. Pas moins de 32 personnalités politiques vont être reçues à Matignon dès 8h30, ce matin, avec notamment la maire de Paris Anne Hidalgo, toujours en colère de ne pas avoir été associée au dispositif de sécurisation de sa ville. Puis ce sera au tour des présidents des groupes parlementaires des Assemblées et aux chefs des partis d'être reçus, notamment ceux des oppositions. Pour le président Les Républicains du Sénat Gérard Larcher, qui a évoqué un gouvernement "figé dans son attitude", la réponse doit être politique mais surtout "immédiate". Même le référendum sur le plan de transition écologique demandé par le chef de son parti Laurent Wauquiez n'est pas la solution, en tous cas pas tout de suite estime Gérard Larcher. Comment le gouvernement pourrait-il se passer d'un moratoire sur l'augmentation des taxes sur le carburant ? Analyse d'Anne Fauquembergue.

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Le sommet du G20, en Argentine, n'aura pas été celui de l'escalade des tensions commerciales : Pékin et Washington ont signé une trêve dans leurs guerre au relèvement des tarifs douaniers. Mais le communiqué final est l'un des plus faibles jamais signé : à chaque pays, par exemple, de choisir sa trajectoire énergétique. Précisions de Marie Viennot.

Après le G20, a minima sur le plan climatique, les pays du Sud vont rappeler ceux du Nord à leurs promesses, lors de la COP24 en Pologne : Les présidents d'États particulièrement vulnérables, comme le Honduras et le Bangladesh, sont attendus à la 24e Conférence de l'ONU sur le climat. Comme le reste des pays du Sud, ils espèrent que la communauté internationale rehausse rapidement ses ambitions de réduction de gaz à effet de serre. Mais ils devraient rappeler le Nord à sa promesse de porter d'ici 2020 les financements aux politiques climatiques des pays en développement à 100 milliards de dollars par an. Décryptage de Véronique Rebeyrotte.

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