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Manifestation de soutien à l'opposition arménienne, hier soir, à Erevan

En ce 8 mai, célébrant la victoire de 1945 contre l'Allemagne nazie, la paix ou plutôt son équilibre fragile à la Une ce matin : du blanc que les Arméniens sont invités à porter à l'accord nucléaire iranien que Donald Trump pourrait déchirer aujourd'hui

12 min

Les Arméniens sont invités à porter du blanc pour l'investiture du chef de l'opposition Nikol Pachinian au poste de Premier ministre. Donald Trump, qui promet depuis longtemps de "démanteler" l'accord sur le nucléaire iranien, pourrait mettre sa menace à exécution aujourd'hui.

Manifestation de soutien à l'opposition arménienne, hier soir, à Erevan
Manifestation de soutien à l'opposition arménienne, hier soir, à Erevan Crédits : KAREN MINASYAN / AFP - AFP

La crise arménienne à un tournant, aujourd'hui : Le chef de l'opposition Nikol Pachinian devrait être élu Premier ministre. Cet ancien journaliste de 42 ans a lancé la fronde, il y a presque un mois, contre le parti au pouvoir de Serge Sarkissian, ancien président et Premier ministre, accusé de pas avoir assez lutté contre la pauvreté et la corruption. Il s'agit d'une révolution de velours, c'est la deuxième fois en huit jours que Nikol Pachinian, député, soumet sa candidature à ses pairs du Parlement. Il invite ses partisans à porter du blanc, aujourd'hui, pour symboliser la paix. Mardi dernier, il avait échoué à se faire élire, bloqué par par le Parti républicain, majoritaire. Mais aujourd'hui, il devrait remporter son pari, fort du soutien de dizaines de milliers d’Arméniens qui sont descendus, presque tous les jours depuis le 13 avril, dans les rues de la capitale, Erevan. Avant son investiture, surveillée par Moscou dans cette ex-république soviétique, Nikol Pachinian a pris un dernier bain de foule, hier soir, à Erevan. Reportage de Marie-Pierre Vérot, notre envoyée spéciale en Arménie que l'on retrouve en fil rouge, dans les journaux de la rédaction, tout au long de ce mardi. Paroles d'étudiantes, engagées dans la révolution de velours, à suivre dans le journal de 12h30.

Donald Trump, qui promet depuis longtemps de "démanteler" l'accord sur le nucléaire iranien, pourrait mettre sa menace à exécution aujourd'hui, malgré les mises en garde internationales, ouvrant une période de fortes turbulences avec l'Europe et d'incertitude quant aux ambitions atomiques de Téhéran. Quelles conséquences aura sa décision ? Donald Trump va dire cet après midi, à 14h à  Washington (20h, heure de Paris), s'il déchire ou non l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 par Téhéran et 6 grandes puissances, - les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine) plus l'Allemagne. Le texte, signé en 2015 à Vienne, avait pur but d’empêcher le régime des mollahs de se doter de l'arme atomique. Donald Trump ne cesse de répéter que c'est le pire accord jamais signé par les Etats Unis, et de blâmer la précédente administration. Robert Malley, ancien conseiller "Proche-Orient" de Barack Obama, aujourd'hui consultant pour le think tank "Crisis Group", est persuadé que Donald Trump va déchirer cet accord, comme il l'avait promis pendant la campagne présentielle,  et rétablir les sanctions à l'égard de Téhéran, avec des conséquences qui, dit-il, pourront être lourdes pour l'équilibre de la région. Interview au micro de Grégory Philipps, à Washington pour France Culture.

Avant la décision de Donald Trump sur l’accord nucléaire iranien, la tension monte encore d’un cran  entre Israël, allié de Washington, et l'Iran. L’armée israélienne a prévenu d’un risque imminent d’attaque par l’Iran. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a toujours combattu l'accord de Vienne, se dit prêt à la confrontation. Des installations iraniennes avaient déjà été bombardé en Syrie, où Téhéran soutient le régime de Bachar al-Assad. Hier, le ministre israélien de l'Energie a déclaré qu'Israël pourrait renverser le président Bachar al-Assad si jamais l'Iran utilisait le territoire syrien pour attaquer l'état hébreu.

Autre soutien du régime syrien le Hezbollah libanais, qui avec ses alliés, remporte plus de la moitié des sièges du Parlement, après les législatives de dimanche : Le puissant mouvement chiite, allié indéfectible de l'Iran, voit les élections conforter, selon lui, sa dimension militaire, au terme d'un scrutin dont son principal rival, le Premier ministre sunnite Saad Hariri, s'avère le grand perdant. Précisions, à Beyrouth, de notre correspondant Omar Ouahmane.

Eux veulent défendre la paix et le 8 mai 1945 : C'est le sens d'une tribune publiée , hier, dans le Figaro par Serge, Béate et Arno Klarsfeld de l'association des Fils et Filles de déportés juifs de France, face "aux pulsions nationalistes, antisémites et xénophobes qui s'intensifient en Europe". Ils appellent à une réaction des Français pour donner l'exemple. Interview de l'avocat Arno Klarsfeld par Benjamin Delille.

Les autres titres du journal

Au 8e épisode de grève à la SNCF, aujourd'hui et demain, et après une journée marathon, hier, à Matignon où le Premier ministre a reçu les uns après les autres tous les syndicats, Edouard Philippe le répète : le projet de loi de réforme de la SNCF ne changera pas fondamentalement, avec la fin du statut de cheminots pour les nouveaux embauchés et l'ouverture du rail à la concurrence, mais des amendements sont possibles à la fin du mois, avec le passage du texte au Sénat. Des discussions sont encore possibles, sur la question de la reprise de la dette du ferroviaire notamment, Edouard Philippe a de nouveau invité les syndicats à Matignon les 24 et 25 mai prochains, Force ouvrière demande un moratoire. Son nouveau secrétaire général, Pascal Pavageau ne mâche pas ses mots quant à la méthode du gouvernement ; interview au micro d'Hakim Kasmi.

Coup d'envoi, ce soir, du 71e Festival de Cannes : Cate Blanchett sera présidente du jury  et le film "Everybody knows" de l'iranien Asghar Farhadi,  avec Penelope Cruz et Javier Bardem fera l'ouverture du 71e Festival de Cannes où 21 films sont en compétition officielle. Cette édition sera la première depuis longtemps, sans Harvey Weinstein, grand habitué des lieux par le passé, désormais persona non grata dans le monde du cinéma. Les agissements du producteur américain, visé par de nombreuses accusations de viols et d'agressions sexuelles, ont provoqué une onde de choc depuis l'automne dernier. Cette année, Cannes ne pouvait mettre cette libération de la parole de côté. Reportage à suivre dans le journal de 7h30.

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