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Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, pris en photo le 8 juin dernier, lors du G7 au Canada

Réforme de l'Europe post-Brexit et tensions politiques autour des migrants: Angela Merkel, politiquement fragilisée, reçoit Emmanuel Macron à Berlin pour un conseil des ministres franco-allemand

12 min

Emmanuel Macron espère renforcer les fondations de la zone euro. Angela Merkel se demande, elle, si sa coalition gouvernementale ne va pas voler en éclat sous la pression migratoire, exercée par ses alliés bavarois conservateurs de la CSU.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, pris en photo le 8 juin dernier, lors du G7 au Canada
Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, pris en photo le 8 juin dernier, lors du G7 au Canada Crédits : Ludovic MARIN / POOL / AFP - AFP

Réforme de l'Europe post-Brexit et tensions politiques autour des migrants : Angela Merkel, politiquement fragilisée, reçoit Emmanuel Macron à Berlin pour un conseil des ministres franco-allemand. La chancelière allemande et le président français doivent préparer le sommet européen des 28 et 29 juin prochains, ou comment dessiner une nouvelle Europe à 27 après le Brexit. La question de la réforme de la zone euro risque d'être éclipsée par la celle de la crise migratoire : la désunion européenne sur le sujet a été flagrante, la semaine dernière, avec les 630 migrants de l'Aquarius qui ont été ballottés en Méditerranée, entre plusieurs pays européens qui ont refusé de les accueillir. L'Italie en tête, avec son gouvernement populiste qui galvanise les conservateurs bavarois de la CSU, alliés d'Angela Merkel au sein de la coalition gouvernementale, pour demander un durcissement de la politique migratoire en Allemagne. Le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, représentant l'aile droite de la coalition allemande, a donné deux semaines à Angela Merkel, soit jusqu'au sommet européen de fin juin, pour réduire le flux de migrants au niveau européen, faute de quoi il ordonnera début juillet de "refouler immédiatement" les demandeurs d'asile arrivant aux frontières allemandes en provenance d'un autre pays européen. Peu importe pour lui les conséquences, y compris son propre limogeage qui conduirait à la chute de la coalition gouvernementale dans la première économie européenne. Angela Merkel, qui avait accepté d'accueillir plus d'un million de réfugiés en Allemagne depuis 2015, est, aujourd'hui, empêtrée dans une crise politique interne sur la question migratoire. Difficile, donc, de faire entendre sa voix en Europe. L'autre sujet au menu de ce conseil franco-allemand, c'est l'Union européenne après le Brexit, et l'épineuse question de la réforme de la zone euro. Les positions de Paris et de Berlin vont-elles se rapprocher, Cyril ?  Analyse en direct de Cyril Sauvageot, correspondant de France Culture à Berlin.

Avant ce conseil franco-allemand à la mi-journée, Donald Trump a fait de l'Europe un repoussoir sur la question migratoire : Le président des Etats-Unis fait face à une polémique de grande ampleur depuis que son administration a annoncé que près de 2.300 mineurs, migrants clandestins, avaient été séparés de leurs parents et placés dans des centres de rétention au Texas. L'ONU appelle à cesser immédiatement cette "violation grave" des droits de l'enfant aux Etats-Unis, au vu de leurs conditions de rétention. Reportage de Grégory Philipps aux Etats-Unis.

En Italie, le Parti démocrate voit des relents de fascisme dans le recensement des Roms souhaitée par le nouveau ministre italien de l'Intérieur, issu de l'extrême droite : Simona Malpezzi, sénatrice du Parti démocrate (centre-gauche) estime que le recensement de la communauté Rom, que le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini veut effectuer dans la péninsule italienne, a des relents "fascistes". Celui qui dirige également la Ligue, parti d'extrême droite, au pouvoir avec le Mouvement 5 étoiles (antisytème), veut expulser toute personne séjournant illégalement en Italie. Après s'être illustré, la semaine dernière, en refusant de laisser accoster les 630 migrants de l'Aquarius, Matteo Salvini, a déclaré, hier, à la télévision lombarde : "Malheureusement, nous allons devoir garder les Roms italiens parce que nous ne pouvons pas les expulser". Ces propos ont indignés le Parti démocrate. L'ancien Premier ministre, "Paolo Gentiloni" s'interroge sur les dérives de son pays, avec ces mots : "hier les réfugiés, aujourd'hui les Roms, demain des fusils pour tous". Les associations qui accompagnent les Roms expliquent, elles, que la plupart des Roms ne sont pas expulsables : Européens pour la plupart, ils ont le droit de circuler dans l'espace communautaire.

Près de la moitié des 630 migrants de l’Aquarius souhaiteraient demander l’asile en France, selon le gouvernement espagnol. Le directeur général de l’OFPRA (l'Office français de protection des réfugiés et apatrides) est depuis hier soir à Valence pour établir un premier contact avec les autorités espagnoles. En attendant l'arrivée d'autres agents de l'OFPRA,  la plupart des rescapés de l’Aquarius sont accueillis dans un centre d’hébergement temporaire en périphérie de Valence. Reportage de Yann Gallic.

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Loi PACTE : pour le gouvernement, le projet de loi servira de levier pour la croissance et jettera aussi les bases d'un "nouveau modèle économique français", mais pour Force Ouvrière c'est une réforme "écrite par et pour le patronat". La loi "Pacte" a été présentée, hier, en Conseil des ministres, - acronyme pour "Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises". Avec ce projet de loi, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire espère gagner "un point de PIB supplémentaire sur le long terme". Et pour y arriver, il veut, dit-il, simplifier la vie des entreprises, favoriser leurs financements et réformer les seuils sociaux et fiscaux. La CFDT, premier syndicat du secteur privé s'inquiète face à un risque, selon elle, de conforter "les employeurs les moins enclins à jouer le jeu du dialogue social, au détriment des salariés". La CFDT dénonce notamment le "relèvement de 200 à 250 du seuil donnant droit à un local syndical", un "comble" pour une "loi censée favoriser la participation des salariés à la vie de leur entreprise". Si pacte il y a, c'est assurément avec le patronat qu'il a été conclu", estimait, hier, Force Ouvrière. Explications de Catherine Pétillon.

Le gouvernement a confirmé, hier, le gel du point d'indice servant au calcul de la rémunération de plus de cinq millions de fonctionnaires pour 2019 et la reprise d'un programme de revalorisation des carrières, un rendez-vous salarial "manqué" selon les syndicats, sortis "mécontents" et "déçus" de la réunion.

La grève à la SNCF va-t-elle se poursuivre cet été, malgré l'adoption définitive de la réforme ferroviaire par le Parlement la semaine dernière ? C'est le principal enjeu d'une nouvelle réunion intersyndicale ce soir, près de la gare de l'Est à Paris. La CGT Cheminots, premier syndicat de la SNCF, a en effet proposé d'organiser au moins 3 nouvelles journées de grève, les 2, 6 et 7 juillet, après la fin du calendrier initialement prévu jusqu'à fin juin. Mais l'intersyndicale semble très divisée sur la question. Les syndicats dits réformistes, UNSA et CFDT, vont consulter leurs instances, ce matin, sur la question.

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Les salariés français s'affichent comme les moins optimistes d'Europe

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