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Donald Trump a annoncé le retrait pur et simple des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien avec un retour de toutes les sanctions contre Téhéran

Donald Trump retire les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, les Européens "déterminés" à le sauver mais la confiance semble rompue de Téhéran à Pyongyang que Washington veut emmener vers la dénucléarisation

12 min

Suivant son programme de campagne, Donald Trump a décidé de retirer les Etats-Unis de l'accord nucléaire iranien. "La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine". L'Iran dénonce les mensonges américains, craint pour son économie. La Corée du Nord se méfie de Washington.

Donald Trump a annoncé le retrait pur et simple des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien avec un retour de toutes les sanctions contre Téhéran
Donald Trump a annoncé le retrait pur et simple des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien avec un retour de toutes les sanctions contre Téhéran Crédits : Martin H. Simon / Consolidated News Photos / DPA - AFP

Malgré les mises en garde internationales de risque de déstabilisation au Proche et au Moyen-Orient, c'est au nom de la paix que Donald Trump a justifié, hier, sa décision de retirer les Etats-unis de l'accord sur le nucléaire iranien : Le président américain a expliqué qu'il voulait empêcher Téhéran de se doter en secret de la bombe atomique mais aussi de mettre un coup d'arrêt au soutien de groupes terroristes par l'Iran. Déchirer le texte, signé sous l'administration Obama, était une promesse de campagne de Donald Trump. Il annonce également le rétablissement de toutes les sanctions contre l'Iran, qui avaient été levées,  en contrepartie de l'engagement pris par la République islamique de ne pas se doter de l'arme nucléaire. Correspondance à Washington de Grégory Philipps.

Réactions en Europe : Parmi les signataires de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, "la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine", indiquent, dans un communiqué commun, Emmanuel Macron pour la France, la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May. Eux qui s'étaient tous trois investis, en vain, pour tenter de convaincre Donald Trump de rester dans l'accord,  se disent désormais "déterminés à assurer la mise en oeuvre" de l'accord,   en "maintenant les bénéfices économiques" au profit de la population iranienne. Les Européens ont gros à perdre, sur le plan économique, notamment avec Airbus, Renault ou Volkswagen, qui espéraient gagner de nouvelles parts de marché à Téhéran. Ces entreprises devront examiner les risques de sanctions par le Trésor américain.  Emmanuel Macron, qui s'était rendu à Washington fin avril, a relancé, hier,  son projet de travailler "collectivement" à un accord "plus large", couvrant "l'activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient".

L'Iran laisse planer la menace de sortir, à son tour, de l'accord de 2015 : Les experts défilent sur les plateaux de télévision en Iran, pour dénoncer "les mensonges de Donald Trump". Le président Hassan Rohani a dénoncé le manque de fiabilité de son homologue aux Etats-Unis : "L’Amérique a officiellement déclaré (...) qu’elle ne tenait pas compte de ses engagements internationaux. Avant cette annonce, M.Trump n’avait déjà pas respecté les engagements de son pays concernant le changement climatique et l’accord de Paris. Il est alors sorti de cet accord très important et très utile pour l’environnement. Donc il y a des précédents". Hassan Rohani précise encore que des dispositions ont été prises pour enrichir à nouveau l’uranium à des taux plus importants et laisse planer la menace d'une sortie de l’accord de Vienne. Reportage de notre envoyé spécial à Téhéran, Franck Mathevon.

Comment convaincre, à présent, la Corée du Nord de se dénucléariser quand les Etats-Unis déchirent l'accord signé avec l'Iran ? C'est une tâche compliquée qui attend le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, est arrivé, ce matin, à Pyongyang, pour faire avancer le sommet prévu, ces prochaines semaines, entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Correspondance à Séoul de Frédéric Ojardias.

La politique étrangère de Donald Trump
La politique étrangère de Donald Trump Crédits : Laurence SAUBADU, Gillian HANDYSIDE, Sabrina BLANCHARD, Iris DE ROYER DE VERICOU - AFP

La décision américaine de se retirer de l'accord nucléaire a des répliques jusqu'en Asie. Dans la tectonique des plaques diplomatiques, retour au Proche et au Moyen-Orient : Le royaume sunnite d'Arabie saoudite, grand rival régional de l'Iran chiite, salue la détermination de Donald Trump. L'enjeu pour Riyad est de faire reculer l'influence de l'Iran au Yémen, au Liban et en Syrie. Justement, la Syrie de Bachar al-Assad, allié de l'Iran, parle d'agression des Etats-Unis après ce retrait de l'accord de Vienne. Damas affirme sa "totale solidarité" avec Téhéran. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, plus ferme soutien de Donald Trump sur ce dossier, soutient "totalement" cette décision "courageuse".  A rajouter, encore, aux risques de tensions dans la région : des missiles israéliens auraient tué au moins 9 combattants pro-régime, en Syrie, tout près de Damas. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, il s'agirait de Gardiens de la Révolution iraniens ou des membres de milices chiites pro-iraniennes, qui combattent aux côtés du régime de Bachar al-Assad.  Israël n'a pas fait de commentaires. On y revient dans le journal de 7h30.

Les autres titres du journal 

Le premier volet de la réforme des institutions sera présenté, ce matin, en Conseil des ministres : Il s'agit du volet "constitutionnel" qui prévoit notamment d'inscrire dans le texte fondamental  la lutte contre le réchauffement climatique ainsi que la spécificité de la Corse. Mais les mesures qui cristallisent les critiques de la droite, majoritaire au Sénat,  ne seront pas présentées tout de suite : la réduction du nombre de parlementaires, l'instauration d'une dose de proportionnelle aux législatives et la limitation du nombre de mandats dans le temps sont inscrites dans deux projets de loi que le Conseil des ministres examinera le 23 mai prochain. On y revient juste après ce journal, avec l'invitée de Guillaume Erner pour la Question du jour : la constitutionnaliste Marie-Anne Cohendet.

Évacuation en cours, à Toulouse, de l'université des sciences humaines du Mirail à Toulouse

16e jour de la grève en pointillés des cheminots : Alors que la moitié des trains devrait circuler aujourd'hui, les 4 syndicats majoritaires à la SNCF se retrouvent, cet après-midi, au siège de la CGT à Montreuil, pour discuter des suites à donner au mouvement, avec un possible référendum interne des cheminots.

Après un autre référendum interne,  celui d'Air France, et l'annonce, vendredi soir, du rejet du plan salarial de la direction par les salariés, le PDG, Jean-Marc Janaillac, a présenté sa démission et la compagnie aérienne traverse une zone de turbulences à laquelle l'intersyndicale d'Air France veut mettre fin rapidement. Elle souhaite revenir à la table des négociations, mais le PDG démissionnaire n'est pas encore parti officiellement et la direction n'est pas prête. En attendant la nomination d'un nouveau PDG, les syndicats préviennent : même si l’Etat est actionnaire d’Air France, la compagnie aérienne reste privée. Il faut arrêter interventionnisme gouvernemental, selon Eric Faliu porte parole du SNPNC, syndicat d'hôtesses et de stewards, interrogé par Hakim Kasmi.

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