LE DIRECT
Prévisions d'émissions par habitant dans une sélection du pays du G20

L'ONU appelle les Etats signataires de la COP21, dont la France, à tripler leurs efforts pour limiter le réchauffement à 2°C d'ici la fin du siècle

12 min

La France devrait développer une politique fiscale "soigneusement conçue" pour taxer les combustibles fossiles et subventionner les solutions à faibles émissions de gaz à effet de serre. L'appel lancé par l'ONU résonne en plein mouvement des "gilets jaunes", auquel l'exécutif tente de répondre.

Prévisions d'émissions par habitant dans une sélection du pays du G20
Prévisions d'émissions par habitant dans une sélection du pays du G20 Crédits : Simon MALFATTO, Jean Michel CORNU / AFP - AFP

Entre les ambitions de l'Accord de Paris et la réalité climatique, l'écart n'a jamais été aussi grand : l'ONU appelle les Etats signataires de la COP21, dont la France, à tripler leurs efforts pour limiter le réchauffement à 2°C d'ici la fin du siècle. A cinq jours d'une nouvelle conférence mondiale pour le climat ; la COP24, qui s'ouvre dimanche, en Pologne, l'ONU signe un rapport sévère sur le monde qui s'éloigne de son objectif de maîtrise du réchauffement climatique. En 2017, les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse, après trois ans de relative stabilité. Et 2018 devrait connaître la même tendance, avec une augmentation attendue des émissions du secteur de l'énergie (3/4 du total), a déjà prévenu l'Agence internationale de l'énergie. Pour garder la hausse du mercure en-deçà de 2°C, les Etats devront tripler d'ici 2030 le niveau global de leur engagement par rapport aux promesses faites en 2015 à la conférence climat de Paris (COP21), souligne le Programme environnement de l'ONU.  Et le multiplier par 5 pour ne pas dépasser 1,5°C, stade déjà annonciateur de dérèglements, ajoute ce 9e rapport sur l'action climatique. La France devrait développer une politique fiscale "soigneusement conçue" pour taxer les combustibles fossiles et subventionner les solutions à faibles émissions de gaz à effet de serre. L'appel lancé par l'ONU résonne particulièrement, en plein mouvement des "gilets jaunes", auquel l'exécutif tente de répondre. Précisions d'Anne-Laure Barral.

L'ONU alerte dans son rapport annuel d'un fossé grandissant entre les émissions de gaz à effet de serre et l'ambition de l'Accord de Paris
L'ONU alerte dans son rapport annuel d'un fossé grandissant entre les émissions de gaz à effet de serre et l'ambition de l'Accord de Paris Crédits : Simon MALFATTO, Sophie RAMIS, Jean Michel CORNU / AFP - AFP

Les annonces, hier, de l'exécutif pour rendre la transition écologique "plus acceptable et démocratique" n'ont convaincu ni les écologistes ni les "gilets jaunes" : dans son discours à l'Elysée, hier, Emmanuel Macron a fait un geste en direction des "gilets jaunes" et parlé d'un rendez-vous trimestriel,  pour tenter d'atténuer l'effet des cours mondiaux du pétrole avec un outil politique qualifié d'"anti pic" pour suspendre la hausse des taxes en cas de flambée des cours du pétrole. Il doit être prêt mi-décembre, pour l'examen, en deuxième lecture, du projet de loi de Finances à l'Assemblée. L'Elysée se défend de vouloir remettre au goût du jour la TIPP flottante (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), mise en place par le gouvernement Jospin entre 2000 et 2002 et qui était censée être automatique,  l'Elysée précise qu'aujourd'hui, c'est l'exécutif lui-même qui décidera d'appuyer sur le bouton, de réduire voire suspendre les taxes sur les carburants en cas de flambée des cours du brut. Cette mesure a été jugée insuffisante par des porte-parole des "gilets jaunes" reçus, hier soir, par le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy. Les contestataires appellent à une nouvelle manifestation, samedi, sur les Champs-Elysées à Paris. Côté nucléaire, à présent, les annonces d'Emmanuel Macron, hier, sur la programmation plurianuelle de l'énergie, n'ont pas enthousiasmé les ONG de défense de l'environnement. Excepté Fessenheim en 2020, aucun réacteur ne va fermer sous le quinquennat Macron. Ensuite, 14 réacteurs nucléaires fermeront d'ici 2035, sur les 58 existants. "La réponse n'est pas à la hauteur de l'urgence", dénonce Greenpeace. Si Emmanuel Macron défend, une approche pragmatique", pour Yves Marignac, directeur de "Wise-Paris", une agence indépendante et critique sur le nucléaire, cet arbitrage de l'exécutif n'est pas du tout pragmatique sur le long terme. Interview au micro de Théo Hetsch. Par ailleurs, comment faire comprendre, sur le terrain, les choix énergétiques de l'exécutif ? C'est la lourde tâche, à laquelle vont s'atteler, désormais, les députés de la majorité. Reportage d'Anne Fauquembergue.

A la Une à l'étranger, la Syrie, avec un nouveau round de négociations aujourd’hui et demain au Kazakhstan. Sans les Occidentaux, mais sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie. Enjeu, notamment, le maintien de la trêve dans la province d’Idlib, dernier bastion aux mains des rebelles. Avec 3 millions de civils qui manquent d'aide humanitaire, à cause des combats.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......