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Emmanuel Macron, au Conseil européen à Bruxelles

"Plateformes de débarquement" de migrants hors de l'Europe, "centres contrôlés" pour les demandeurs d'asile dans l'U.E, renforcement des frontières extérieures : que contient l'accord migratoire âprement négocié par les Vingt-Huit ?

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Des "plateformes de débarquement" de migrants hors de l'Europe, "centres contrôlés" pour les demandeurs d'asile dans l'U.E, renforcement des frontières extérieures, relocalisation de migrants sur la base du volontariat : que contient l'accord migratoire âprement négocié par les Vingt-Huit ?

Emmanuel Macron, au Conseil européen à Bruxelles
Emmanuel Macron, au Conseil européen à Bruxelles Crédits : Ludovic MARIN / AFP - AFP

Les 28 dirigeants des pays de l'Union Européenne ont bouclé, au petit matin, un accord sur les migrations, salué par l'Italie qui avait menacé de faire capoter leur sommet à Bruxelles si on ne lui manifestait pas plus de solidarité face aux arrivées de migrants : Les 28 dirigeants européens sont parvenu, cette nuit, après neuf heures d'âpres négociations à Bruxelles, à s'entendre sur un accord migratoire.  "L'Italie n'est plus seule", s'est félicité, à l'aube, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte. Les vingt-Huit appellent à "explorer rapidement" le "concept" encore flou de "plateformes régionales de débarquement" de migrants secourus en mer hors d'Europe, en coopération avec le Haut Commissariat aux Réfugiés et l'Organisation internationale des migrations, pour dissuader les traversées de la Méditerranée. Aucun pays tiers ne s'est jusqu'à présent proposé pour héberger de tels lieux d'accueil des migrants secourus dans les eaux internationales, où il est question de distinguer les migrants irréguliers des demandeurs d'asile admissibles dans l'UE, "dans le respect du droit international". Les migrants secourus dans les eaux européennes pourront être pris en charge dans des "centres contrôlés" sur le territoire de l'UE, prévoit le texte, d'où ils pourront être répartis dans l'Union quand ils sont éligibles à l'asile et renvoyés vers leur pays dans le cas contraire.  Mais la création de ces lieux, qui seraient dotés de moyens européens, est laissée à la discrétion des Etats membres, et de la même manière le partage de l'accueil devra se faire "sur une base volontaire". Le compromis comprend un paragraphe pour la lutte contre les déplacements de migrants entre pays de l'UE sans attendre de décision sur leur cas dans leur pays d'arrivée, qualifiés de "mouvements secondaires".  "Les Etats membres devraient prendre toutes les mesures législatives et administratives internes nécessaires pour contrer de tels mouvements et coopérer étroitement entre eux à cette fin", est-il écrit. L'accord prévoit d'augmenter les moyens de l'Agence européenne de gardes-frontières, Frontex, en lui donnant plus de ressources financières (sans donner de chiffres) et un mandat plus large.  Il prévoit aussi de renforcer le soutien aux garde-côtes libyens et appelle "tous les navires qui opèrent dans la Méditerranée" à "respecter les lois applicables et ne pas faire obstacle aux opérations des garde-côtes libyens". Un passage particulièrement apprécié par Malte et l'Italie.  Les 28 ont convenu de débloquer la seconde tranche de 3 milliards d'euros du fonds pour aider les réfugiés en Turquie et d'alimenter le fonds de l'UE pour l'Afrique, afin de lutter contre les causes des migrations. Analyse de Marie-Pierre Vérot.

Après la journée marathon d'hier sur la question migratoire, place, aujourd'hui, aux négociations sur la réforme de la zone euro : C'est 27 que les dirigeants européens se retrouvent, aujourd'hui à Bruxelles, sans le Royaume-Uni, à moins d'un an du Brexit. Ils vont tenter de négocier quelques avancées pour réformer la zone euro, mais ils pourraient bien repousser, pour l'instant,  la proposition franco-allemande de budget, ardemment défendue Emmanuel Macron et qui a reçu le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel. Une ample réforme est nécessaire, selon l'économiste Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of management (école de commerce à Paris), joint par Stanislas Vasak.

Les autres titres du journal

Salah Abdeslam n'a pas eu "un mot, aucun regard bienveillant, pas une excuse" pour les victimes du 13-Novembre : Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos djihadistes du 13 novembre 2015, a justifié les attentats qui ont fait 130 membres et plus de 400 blessés lors de sa septième audition devant un juge antiterroriste, hier. "Nous ne vous attaquons pas parce que vous mangez du porc, vous buvez du vin ou vous écoutez de la musique, mais les musulmans se défendent contre ceux qui les attaquent", a-t-il déclaré. Jean Reinhart, avocat de l'association de victimes du 13-Novembre "Fraternité et Vérité", qui a pu consulter les PV d'audition, déplore que Salah Abdeslam "revendique, il prend le discours classique des terroristes, 'nous n'attaquons pas, nous ne faisons que nous défendre'".

Aux Etats-Unis, un homme a délibérément ouvert le feu, hier, dans la salle de rédaction d'un journal à Annapolis, la capitale de l'Etat américain du Maryland, tuant cinq personnes, un drame qui a jeté l'effroi dans cette petite ville tranquille à une heure de route de Washington. La fusillade est une "attaque ciblée contre le Capital Gazette", a déclaré Bill Krampf, un responsable de la police locale, ajoutant que le quotidien avait reçu des menaces sur les réseaux sociaux.  Le policier n'a pas été en mesure de confirmer si l'auteur de la fusillade visait le journal ou des employés en particulier. Les enquêteurs s'intéressent à d'éventuels contentieux qui auraient opposé l'auteur présumé et le quotidien. Le suspect est un "adulte blanc" proche de la quarantaine et "il n'est pas particulièrement coopératif" face aux enquêteurs, selon la police. Reportage de notre envoyé spécial Grégory Philipps.

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