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Le président polonais Andrzej Duda

L'Europe ébranlée ce matin : Bruxelles lance une procédure sans précédent contre la Pologne pour viol de l'Etat de droit et surveille le vote en Catalogne

13 min

L'Union européenne surveille de près deux de ses Etats-membres aujourd'hui : la Pologne, dont les réformes judiciaires en cours menacent l'Etat de droit selon Bruxelles, et l'Espagne où les Catalans sont appelés à renforcer ou contrer l'indépendantisme par un vote ce jeudi.

Le président polonais Andrzej Duda
Le président polonais Andrzej Duda Crédits : GRZEGORZ BANASZAK / CROWDSPARK - AFP

La Commission européenne déclenche une procédure sans précédent contre la Pologne, pouvant priver le pays de ses droits de vote dans l'Union européenne : Bruxelles accuse Varsovie de placer son appareil judiciaire "sous le contrôle politique" des conservateurs nationalistes au pouvoir. Le président polonais ne décolère pas : le conservateur nationaliste Andrzej Duda a accusé, hier soir, à la télévision polonaise,  les responsables de l'Union européenne  de "mentir" sur les réformes judiciaires en cours à Varsovie. "Nous renforçons les normes de la démocratie", a martelé Andrzej Duda,  alors que Bruxelles sanctionne, au contraire, le placement de l'appareil judiciaire polonais sous la coupe de la majorité au pouvoir. La Commission européenne a déclenché, hier, une procédure sans précédent contre un Etat-membre, pour non-respect de l'état de droit : l'article 7 du traité européen. Le mécanisme peut déboucher, au terme d'une procédure complexe, sur une suspension des droits de vote au sein du Conseil de l'UE, l'instance où les 28 contribuent à façonner les législations européennes.  Mais la Commission, après avoir ouvert une phase préliminaire de cette procédure, a encore laissé une porte ouverte pour faire marche arrière, en donnant "trois mois" à Varsovie pour infléchir ses réformes. Certains membres du gouvernement polonais affichent leur sérénité. Est-ce parce qu'ils comptent déjà sur la solidarité des autres membres du groupe de Visegrad pour s'opposer une nouvelle fois à Bruxelles ? Analyse en direct de Quentin Dickinson, correspondant à Bruxelles de France Culture.

Des manifestants anti-gouvernementaux et pro-européens à Katowice, en Pologne
Des manifestants anti-gouvernementaux et pro-européens à Katowice, en Pologne Crédits : ARTUR WIDAK / NURPHOTO - AFP

Les autres titres du journal 

Jour de vote, en Catalogne : 5,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, pour désigner leurs députés au parlement de la région autonome, placée sous la tutelle de Madrid depuis la déclaration unilatérale d'indépendance, il y a deux mois. Ce scrutin a des allures de référendum "pour ou contre l'indépendance" et sera scruté dans toute l'Europe. Et parmi les personnalités qui ont émergé pendant cette campagne électorale hors-norme,  Inès Arrimadas est la figure de proue du parti libéral Ciudadanos, anti-indépendantiste. Bertrand Gallicher signe son portrait.

Une pluie de bonus dans les grandes banques et entreprises américaines : Elles se félicitent de l'adoption de la grande réforme fiscale de Donald Trump, qui signe sa première grande victoire politique depuis son arrivée à la Maison blanche. Des centaines de milliers de salariés des banques Wells Fargo, Fifth Third Bancorp ou encore du deuxième opérateur téléphonique aux Etats-Unis AT&T ont déjà reçu ou vont recevoir une pluie de bonus, après l'adoption défintive, au Congrès, de la réforme fiscale voulue par Donald Trump. Elle prévoit notamment une baisse du taux d'imposition des bénéfices des sociétés, de 35 à 21%, soit 1.500 milliards de dollars d'impôts en mois sur les dix ans qui viennent. Cela doit relancer l'emploi et l'investissement aux Etats-Unis,  explique la Maison-Blanche. C'est aussi et surtout une première grande victoire politique et personnelle pour Donald Trump. Reportage de Grégory Philippps à Washington. A suivre, à la fin de ce journal, dans le billet économique de Jean-Marc Chardon : les Européens craignent de subir les conséquences indirectes de cette réforme fiscale américaine.

Après cinq mois de travaux, les Etats généraux de l'alimentation se terminent aujourd'hui pour équilibrer les relations commerciales entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs, tout en suivant la transition écologique demandée par la société civile : En avant-goût, le gouvernement a annoncé deux mesures, hier, pour tenter de résoudre la crise agricole :  un projet de loi sera voté d'ici la fin du 1er semestre 2018 pour imposer aux distributeurs de revendre au minimum tout produit alimentaire au prix où ils l'ont acheté, majoré de 10%. Ce seuil, censé soutenir les producteurs face à la distribution, sera accompagné d'un encadrement des promotions dans les grandes surfaces : elles ne pourront plus être supérieures à 34% du prix normal et à 25% du volume annuel vendu. Ces deux mesures devraient être expérimentées pendant deux ans, pour s'assurer que la valeur dégagée soit bien reversée aux producteurs. Quant aux changements de pratiques agricoles,  pour répondre aux attentes sociétales des français (alimentation plus saine, plus respectueuse de l'environnement) les producteurs se disent prêts à évoluer. Mais Sébastien Windsor, président de la chambre d'agriculture de Seine-Maritime et producteur de Betterave, interrogé par Anne-Laure Chouin, veut avoir la certitude d'être accompagné.

Le Conseil des ministres adopte une 6e ordonnance pour réformer le Code du travail : Le ministère du travail parle d'une "ordonnance balai",  apportant, notamment, des "corrections et des mises en cohérence rédactionnelles"  aux 5 autres ordonnances pour réformer le Code du travail. Mais François Angei, secrétaire confédéral de la CGT joint par Marie Viennot, dénonce des modifications substantielles, jamais annoncées avant d'être entérinées, hier, en Conseil des ministres.

Chroniques

7H12
2 min

Le Billet économique

Inquiétude en Europe sur les conséquences de la réforme fiscale américaine

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