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Carles Puigdemont, président de la Generalitat de Catalogne, signe la déclaration d'indépendance, avant de la suspendre, le temps de négocier avec le pouvoir central à Madrid

L'indépendance de la Catalogne aussitôt proclamée, aussitôt suspendue : main tendue à Madrid ou piège ?

12 min

Plus d'une semaine après le référendum illégal d’autodétermination, Carles Puigdemont a enfin présenté, hier soir, au Parlement catalan, les résultats du scrutin. La proclamation d'une République indépendante a aussitôt été suspendue, le temps de négocier avec Madrid. Que signifie cette stratégie ?

Carles Puigdemont, président de la Generalitat de Catalogne, signe la déclaration d'indépendance, avant de la suspendre, le temps de négocier avec le pouvoir central à Madrid
Carles Puigdemont, président de la Generalitat de Catalogne, signe la déclaration d'indépendance, avant de la suspendre, le temps de négocier avec le pouvoir central à Madrid Crédits : ALBERT SALAMÉ / NOTIMEX - AFP

A Barcelone, Carles Puigdemont, le chef de l'exécutif catalan, signe l’indépendance de la Catalogne, mais suspend sa mise en œuvre : C'est une "farce", pour le journal El Mundo à lire ce matin, un "piège", selon le quotidien El Pais, le quotidien le plus lu d'Espagne, qui estime que l'exécutif catalan ne cherche à négocier rien d'autre que l'indépendance et a prévu, dans l'intervalle, de "déstabiliser économiquement et politiquement" l'Espagne. Le quotidien catalan La Vanguardia préfère, lui, insister sur une tentative "d'apaiser la tension". Hier soir, le président de la Catalogne, Carles Puigdemont a finalement renoncé à déclarer IMMEDIATEMENT l'indépendance de la Catalogne. Lors d'une allocution historique, au parlement régional, il a proposé une "suspension" pour trouver une solution négociée avec Madrid. Carles Puigdemont, pris entre deux feux, les Barcelonais, très partagés. Reportage de notre envoyée spéciale, Mathilde Dehimi.

Comment analyser la stratégie empruntée, hier, par Carles Puigdemont ? Sur l'indépendance de la Catalogne, il est urgent d'attendre, a-t-on pu comprendre, hier. C'est une manière de forcer la main du pouvoir central, selon Maxime Forest, enseignant-chercheur à Sciences Po Paris, spécialiste des questions européennes, interrogé par Stanislas Vasak.

Et aujourd'hui, en Espagne, le conservateur "Mariano Rajoy" présidera un conseil des ministres extraordinaire, pour décider des mesures à prendre face à la Catalogne. A 16h, Mariano Rajoy sera devant les députés espagnols. L'application de l'article 155 de la Constitution est de plus en plus probable ; le gouvernement pourrait ainsi suspendre tout ou partie de l'autonomie de la Catalogne.

Emmanuel Macron sera ce soir à Rungis pour "donner un cap et sa vision pour l'agriculture et l'alimentation en France" : C'est une manière de conclure le 1er chantier des Etats généraux de l'alimentation, lancés le 20 juillet dernier, pour réfléchir à une plus juste rémunération des agriculteurs. Emmanuel Macron pourrait proposer que les prix payés aux agriculteurs soient fixés à partir de leur coût de revient, sur lequel transformateurs et distributeurs appliqueraient ensuite leur marge, et non le contraire comme c'est le cas aujourd'hui. Pour peser face à l'aval de la filière, les agriculteurs vont également être invités à créer des organisations de producteurs de taille significative. Avant de prendre un virage plus écologique, vers une alimentation durable, saine et rémunératrice. Des plans qui conditionneront les investissements prévus, à hauteur de 5 milliards d'euros. On y revient dans le journal de 7h30 avec le choix de la rédaction.

Un manifestant, dans le cortège parisien, hier
Un manifestant, dans le cortège parisien, hier Crédits : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP - AFP

Manifestation de la fonction publique, hier : Ils étaient entre 209.000, selon le ministère de l'Intérieur et 400.000 d'après la CGT, à défiler dans toute la France. Des enseignants, inspecteurs du travail, agents de pôle emploi, agents territoriaux, cheminots, policiers...Les agents de la fonction publique ont manifesté, hier, contre la suppression de 120.000 postes d'ici la fin du quinquennat Macron, contre le gel des rémunérations et contre le rétablissement d'un jour de carence en cas d'arrêt maladie. Il y avait aussi la fonction publique hospitalière : employés dans les hôpitaux, dans les établissements médico-sociaux, dans les EPHAD, avec les personnes âgées. Les agents de la fonction publique hospitalière représentent un fonctionnaire sur 5, en France. Et hier dans le cortège parisien, ils ont tous dénoncé la même chose : un manque cruel de moyens matériels et humains. Reportage de Lise Verbeke. Christian Grolier, secrétaire général FO - Fonction publique attend lundi prochain et un rendez-vous salarial avec le ministre Gérald Darmanin, pour réfléchir aux suites éventuelles à donner à la contestation.

Procès de la voiture de police incendiée : Le tribunal correctionnel de Paris va rendre, ce matin, sa décision dans cette affaire qui remonte au 18 mai 2016. Un véhicule de police avait été incendié en marge d'une manifestation contre les violences policières, alors que deux gardiens de la paix se trouvaient encore à l'intérieur. Le procès a duré cinq jours, dans une ambiance très tendue. Neuf personnes étaient s poursuivies. Précisions d'Antoine Marette.

L'avocate Raquel Garrido, l'une des porte-parole de La France insoumise, épinglée une fois de plus, cette semaine par le Canard enchaîné : Outre une dette à sa caisse de retraite, selon l'hebdomadaire, cette proche de Jean-Luc Mélenchon n'aurait "pas déclaré un sou de revenu à l'Urssaf en 2016". Raquel Garrido ferait l'objet d'un rappel de "6.113 euros" en mars 2016, puis le 28 septembre 2017. Elle explique "être à jour de (ses) obligations déclaratives sur les revenus de 2016" et "de tous (ses) paiements Urssaf".

Ne plus dépendre des médias jugés hostiles, c'est l'objectif de la France insoumise qui soutient la création de "Le Média", une web télé de gauche : Une souscription est ouverte à partir de ce soir pour la financer "Le Média", qui revendique une ligne militante de gauche, écologiste et féministe. De son côté, La République En Marche développe de nombreux outils numériques, déjà exploités par le passé. Les "nouveaux médias" politiques, une vieille histoire, c'est un dossier complet, signé Sophie Delpont et le service politique de France Culture, à découvrir ICI.

Reprise de l'exode des Rohingyas : Apres un léger ralentissement, l'exode des Rohingyas a repris en force, cette semaine. Près de 11.000 hommes, femmes et enfants, persécutés car ils sont musulmans, dans la Birmanie à majorité bouddhiste, ont traversé la frontière vers le Bangladesh voisin, où se trouve déjà 650.000 réfugiés. Exode, au péril de leur vie : au moins 15 morts et des dizaines de disparus, après un naufrage, en début de semaine. Cette crise ne donne aucun signe d'amélioration, selon Cécile Schmitt, l'une des porte-parole du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, interrogée par Nadine Epstain.

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