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"Le confinement n'a pas interrompu les activités de lobbying, bien au contraire", estime l'association de protection de l'environnement les Amis de la Terre

Les lobbys sont-ils en train d'accaparer la manne financière des différents plans de relance économique ?

15 min

Les multinationales "ont instrumentalisé la pandémie afin de démanteler les normes sociales et environnementales", estiment les ONG les Amis de la Terre et l'Observatoire des multinationales, dans un rapport publié ce matin.

"Le confinement n'a pas interrompu les activités de lobbying, bien au contraire", estime l'association de protection de l'environnement les Amis de la Terre
"Le confinement n'a pas interrompu les activités de lobbying, bien au contraire", estime l'association de protection de l'environnement les Amis de la Terre Crédits : Les Amis de la Terre - AFP

Les multinationales "ont instrumentalisé la pandémie afin de démanteler les normes sociales et environnementales", estiment les ONG les Amis de la Terre et l'Observatoire des multinationales, dans un rapport publié ce matin, qui met en garde contre l'utilisation d'argent public au profit de ces mêmes industries. Pendant cette crise, "les représentants des principales industries polluantes - l'énergie, le transport aérien, l'automobile, se sont immédiatement mobilisés (...) pour obtenir l'abandon, la suspension ou la remise à plus tard de nombreuses régulations", dénoncent les Amis de la Terre et l'Observatoire des multinationales dans un rapport.  Le Medef, principale organisation patronale en France, avait demandé fin avril "un moratoire" sur la mise en place de mesures environnementales, notamment dans la lutte contre le gaspillage et le recyclage, demande rejetée par la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne. Lundi, la secrétaire d'Etat Brune Poirson dénonçait dans La Provence l'explosion du recours au plastique encouragé "parfois par des messages des lobbies". "Tous ces lobbys, on les a fait sortir par la grande porte à l'occasion de la loi anti-gaspillage qui a été votée en janvier dernier et ils sont en train de revenir par la fenêtre", dit-elle. Ils n'ont pas été les seuls, selon les deux ONG, qui citent des demandes de l'Association française des entreprises privées, des secteurs automobile, aérien ou agricole. 

Pour les ONG, il est essentiel que les aides accordées par l'Etat pour soutenir des industries polluantes soient conditionnées à "un plan de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre et à la sortie programmée de leurs activités les plus néfastes". Elles citent l'exemple des prêts de sept milliards d'euros accordés à Air France, qui devra réduire certaines liaisons nationales si elles sont réalisables en 2h30 en train et réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Mais ces liaisons pourraient être "transférées à des filiales low cost d'Air France", relèvent les ONG qui critiquent aussi le recours aux agro-carburants pouvant contribuer à la déforestation, et à la "compensation carbone" en plantant des arbres, insuffisante pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.  Pour ces ONG, il est urgent de renforcer la transparence du lobbying en France. Précisions d'Annabelle Grelier.

Les autres titres du journal

La manifestation avait été interdite par le préfet de police mais plus de 20 000 personnes se sont rassemblées, hier soir, aux abords du palais de justice de Paris en hommage à Adama Traoré et contre les violences policières : Les proches d'Adama Traoré, ce jeune homme mort après son interpellation dans le Val d'Oise, en 2016, ont profité des manifestations, aux Etats-Unis, contre les violences policières, pour faire, de nouveau, entendre leur cause. Ils ont réussi à rassembler, hier soir, 20 000 personnes aux abords du nouveau palais de justice, à Paris et ce, malgré l'interdiction de manifester. De nombreux jeunes étaient présents pour réclamer justice, alors que les expertises se suivent et se contredisent, dédouanant ou accablant tour à tour les gendarmes qui ont interpellé Adama Traoré. Des heurts ont émaillé la fin de la manifestation à Paris avec des feux allumés autour du palais de justice et des jets de projectiles vers les forces de l'ordre qui ont riposté à coups de gaz lacrymogène. Le calme est revenu vers 23h. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dénoncé ces incidents, hier, en rappelant que "la violence n'avait pas sa place en démocratie". Reportage de Timour Ozturk.

Violences policières aux Etats-Unis : la vague de contestation ne connaît pas de répit. Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de New York, Philadelphie, Atlanta ou Los Angeles. Ils étaient 60.000 rien qu'à Houston au Texas, là où sera enterré George Floyd, cet Américain noir, asphyxié, la semaine dernière, par un policier blanc. Alors que le Pentagone annonce avoir déplacé 1.600 soldats dans la région de Washington, Joe Biden, le candidat démocrate à la présidentielle du 3 novembre, accuse Donald Trump d'avoir "transformé le pays en un champ de bataille miné par de vieilles rancunes et de nouvelles peurs". A New York, la mise en place d’un couvre-feu n’a pas empêché plusieurs cortèges de traverser la ville. Reportage de Loig Loury.

L'épidémie de Covid-19 recule dans l'Hexagone : Le bilan total s'élève à 28.940 morts, dont 18.590 à l'hôpital et 10.350 dans les établissements sociaux et médico-sociaux, pour lesquels les chiffres n'avaient pas été actualisés depuis vendredi, alors que le nombre de patients en réanimation continue de baisser.  "1.253 malades atteints d'une forme sévère de Covid-19 sont hospitalisés en réanimation", soit 49 de moins par rapport au bilan de lundi, selon le bilan communiqué hier par la Direction générale de la santé. Explications de Tara Schlegel.

Second tour des municipales et crise sanitaire : une surprime aux maires sortants ? Alors que les listes pour le second tour des municipales ont été déposées hier soir à 18h, en vue du scrutin du 28 juin, entre une campagne "sans contact" et un risque d'abstention encore plus élevée qu'au premier tour, se glisse une nouvelle interrogation : la traditionnelle prime aux sortants va-t-elle se transformer en surprime ? 5.000 communes cherchent encore un édile. Les nouveaux venus ont-ils une chance face à des maires sortants placés en première ligne tout au long de la crise ? Reportage de Rosalie Lafarge.

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