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Des soldats russes positionnés à Derouna Arha en Syrie, près de la frontière turque

Syrie : les civils vont-ils faire les frais des nouvelles sanctions américaines contre les investisseurs étrangers ?

15 min

De nouvelles sanctions américaines prévoient, dès aujourd'hui, des mesures contre des entités étrangères collaborant avec le gouvernement, et, fait inédit, les entités russes ou iraniennes actives en Syrie mais aussi un gel de l'aide à la reconstruction.

Des soldats russes positionnés à Derouna Arha en Syrie, près de la frontière turque
Des soldats russes positionnés à Derouna Arha en Syrie, près de la frontière turque Crédits : Delil SOULEIMAN / AFP - AFP

Déjà éprouvés par neuf années de guerre, les civils syriens vont-ils faire les frais de nouvelles sanctions décidées par les Etats-Unis ? Loi "César" ( "Caesar Act"), du nom du transfuge syrien qui avait fait sortir clandestinement plus de 50 000 photos, attestant de la torture généralisée dans les gêoles syriennes, imposée par les Etats-Unis à partir d'aujourd'hui, vise à décourager tous les investisseurs étrangers qui voudraient participer à la reconstruction du pays, en collaborant avec le régime de Damas. Fait inédit, cela comprend les entités russes ou iraniennes présentes en Syrie. Mais dans un pays dévasté par neuf années de guerre, dans une Syrie en ruine, cela signifie aussi la poursuite du cauchemar humanitaire pour la population civile car, en gelant, les avoirs pour la reconstruction du pays, les civils privés de nourriture, d'eau, d'accès à des soins corrects ou à l'école, seront aussi pénalisés. A l'instar des sanctions contre l'Irak de Saddam Hussein dans les années 1990, la loi "César" pourrait avoir l'effet opposé à celui recherché : autrement dit, renforcer l'emprise de Bachar Al-Assad sur un pays affamé. Reportage de Christian Chesnot, dossier à prolonger ici.

Donald Trump aime aussi rudoyer ses alliés, comme l'Allemagne d'Angela Merkel qui ne participerait pas assez au budget de l'OTAN : l'Allemagne est le pays européen qui accueille le plus de militaires américains, avec entre 34 000 et 52 000 soldats selon les chiffres fournis respectivement par Washington et Berlin. Donald Trump a confirmé lundi soir vouloir retirer plus de 9  000 hommes d'Allemagne afin de faire pression financièrement sur Angela Merkel qui, selon le président américain, ne participe pas assez au budget de l'OTAN. Cette position inquiète l’Alliance Atlantique et les entretiens à venir, entre les ministres de la Défense de l'OTAN, dès aujourd'hui,  s'annoncent tendues. Analyse de Nathalie Hernandez.

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Peut-on retrouver une “souveraineté sanitaire” en France, en relocalisant certains médicaments et vaccins ? Emmanuel Macron a appelé, hier, à relocaliser une partie de la production de médicaments lors d'une visite, près de Lyon, au laboratoire Sanofi, qui va investir 610 millions d'euros pour doper ses vaccins et créer une nouvelle usine en France. Le chef de l'Etat a annoncé la mise en place d'un "mécanisme de planification" de la production française dans le domaine de la santé, ainsi qu'une enveloppe de 200 millions d'euros pour financer des infrastructures de production. Selon Olivier Petitjean, coordinateur de l’Observatoire des multinationales interrogée par Catherine Pétillon, si les problèmes d'approvisionnements ou rupture de stocks seront corrigés, ce n'est pas le cas de la dépendance au secteur privé pour les besoins sanitaires essentiels.

La crise va-t-elle mener à une nouvelle guerre des prix bas dans la grande distribution, avec des conséquences dramatiques pour les agriculteurs français ? Les grandes enseignes de supermarché s'attendent à avoir des clients au pouvoir d'achat diminué. Carrefour et Leclerc communiquent déjà sur le thème de la "défense du budget des français" et pour anticiper cette guerre des prix, le géant laitier Lactalis annonce une baisse du prix du lait payé à ses producteurs. Enjeux décryptés par Anne-Laure Chouin.

"Appel du 17 juin pour agir contre la réintoxication du monde" : Après la crise, des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et 150 collectifs de défense de l'environnement rêvent d'un "monde d'après" sans projets "toxiques sur le plan écologique et social". Ils appellent; dès aujourd’hui, à  manifester, bloquer, investir des lieux jugés toxiques, donc, comme un terminal pétrolier dans l’Aude, un entrepôt Amazon dans le Gard, un projet d’Autoroute en Dordogne. Benoît de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, à l’origine de cet appel, s'explique au micro de Véronique Rebeyrotte.

3e étape de notre voyage sur les routes européennes, à l'heure de la réouverture progressive des frontières : Ce matin, nous vous emmenons en Croatie, pays qui a compté 19 millions de touristes l'an dernier, attirés essentiellement sur la longue côte de Dalmatie et ses dizaines d'îles ; un tourisme populaire ou familial mais aussi un tourisme de luxe. Reportage d'Eric Biegala et de Gilles Gallinaro à Dubrovnik, la "perle de l'Adriatique" où seuls les plus fortunés semblent vouloir revenir pour l'été, sujet à prolonger ici.

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