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Portraits du roi Salmane d'Arabie saoudite (D) et du prince héritier Mohammed ben Salmane (G) en octobre 2018 à Riyad.

L'Arabie saoudite admet que Jamal Khashoggi a été tué dans son consulat

14 min

Cédant aux pressions internationales, Riyad reconnaît la mort du journaliste Jamal Khashoggi, mais nie en avoir ordonné l'assassinat. Il reste cependant plusieurs zones d'ombre.

Portraits du roi Salmane d'Arabie saoudite (D) et du prince héritier Mohammed ben Salmane (G) en octobre 2018 à Riyad.
Portraits du roi Salmane d'Arabie saoudite (D) et du prince héritier Mohammed ben Salmane (G) en octobre 2018 à Riyad. Crédits : FAYEZ NURELDINE - AFP

C'est la fin de deux semaines et demi de faux suspens. Face aux rumeurs persistantes, aux accusations des médias et du pouvoir turc et à la pression internationale, l'Arabie Saoudite a admis cette nuit que le journaliste et dissident saoudien Jamal Khashoggi était mort au consulat saoudien à Istanbul où il s'était rendu le 2 octobre. Les premiers résultats de l'enquête menée par les autorités saoudiennes indiquent que Jamal Khashoggi - qui vivait en exil aux Etats-Unis - est mort à la suite d'une bagarre avec des personnes qui l'ont rencontré au consulat. La version de Riyad comporte pourtant d'importantes zones d'ombre. 

D'abord, si c'est un accident, pourquoi intervient-elle après plus de deux semaines de dénégations fermes ? Les autorités ont jusqu'ici toujours soutenu que le dissident avait quitté le consulat d'Istanbul sain et sauf. Ensuite, le communiqué saoudien ne précise pas ce qu'il est advenu du corps du journaliste après cette supposée bagarre qui aurait mal tourné. Vendredi, les enquêteurs turcs fouillaient encore une vaste forêt du nord de la ville. La découverte du corps de Jamal Khashoggi permettrait sans doute de déterminer ce qu'il s'est passé.

Cette version est à mille lieu du scénario vers lequel semble s'orienter la justice turque : celui d'un assassinat de Jamal Khashoggi, d'un guet-appens dans lequel il serait tombé en se rendant au consulat saoudien ce 2 octobre. Ces derniers jours, les autorités turques ont laissé fuiter dans la presse des allégations faisant état d'un enregistrement sonore censé prouver l'assassinat ou d'images de vidéosurveillance retraçant les allées et venues d'un groupe de 15 officiels saoudiens au consulat d’Istanbul. Ces hommes seraient arrivés de Riyad le jour de la disparition du journaliste et ils seraient repartis tout aussi vite. Le parquet d'Istanbul n'a pas fait de déclaration officielle.

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