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Une classe de réfugiés syriens dans un camp des Nations unies, à Zaatari, en Jordanie, en 2015.

L'Unicef ferme 85 centres d'éducation pour les jeunes réfugiés syriens en Jordanie

14 min

La question des réfugiés syriens est au cœur des négociations pour la paix en Syrie. En Jordanie, ils sont un million et pâtissent de la baisse de l'aide internationale. L'Unicef vient de fermer près d’une centaine de centres d’éducation.

Une classe de réfugiés syriens dans un camp des Nations unies, à Zaatari, en Jordanie, en 2015.
Une classe de réfugiés syriens dans un camp des Nations unies, à Zaatari, en Jordanie, en 2015. Crédits : KHALIL MAZRAAWI - AFP

Le président français Emmanuel Macron est attendu à Istanbul samedi après-midi pour un sommet à quatre sur la Syrie. Autour de la table : le président russe Vladimir Poutine, son homologue turc Recep Tayyip Erdogan et la chancelière allemande Angela Merkel. Même si l'Elysée admet avoir des "attentes modestes" et le Kremlin appelle à être "réaliste", la situation dans la province d'Idlib - le dernier bastion rebelle du pays - et les négociations pour la paix sont les priorités inscrites à l'ordre du jour. Sur ce point, la question des réfugiés est centrale pour rétablir la stabilité. Ils sont cinq millions, dont un million en Jordanie. Dans le royaume hachémite, les aides se tarissent. 

Mahmoud prépare des paquets de café dans un magasin en banlieue d'Amman. A 15 ans, ce jeune réfugié syrien travaille tous les jours, en toute illégalité, de 17h à 1h du matin. Le centre d'éducation de l'Unicef qu'il fréquentait a fermé. Du coup, "certains élèves, comme moi, travaillent car nous sommes de jeunes hommes et ce n'est pas juste si nous dépendons financièrement de nos pères et de nos familles", confie-t-il. Si les garçons qui arrêtent l'école comme Mahmoud sont obligés de travailler, les filles, elles, doivent se marier alors qu'elles n'ont pas 18 ans. 

"On a pris la décision de fermer 85 centres", reconnaît Silene Martino, la responsable des partenariats pour le bureau de l'Unicef à Amman. Le budget de son agence en Jordanie est déficitaire de près de 90 millions de dollars cette année. "Nous avons encore 150 centres ouverts pour lesquels nous avons des besoins de financements, poursuit-elle. Cela nécessite un budget d'environ 25 millions de dollars américains par an."

Cela fait plus de sept ans que cette crise affecte la Jordanie, donc les bailleurs de fond sont probablement obligés de faire des arbitrages par rapport à différentes priorités. On voit un impact très clair aujourd'hui et une fatigue des bailleurs. Silene Martino, responsable des partenariats - Unicef Amman

Malgré l'aide internationale en baisse en Jordanie, les réfugiés syriens ne songent pas à rentrer chez eux. Dix jours après la réouverture de la frontière entre les deux pays, seuls 77 Syriens l'avaient franchie pour s'établir à nouveau en Syrie.

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