LE DIRECT
Des jeunes gens écoutent de la musique allongés sur la plage grâce à un gramophone portable, vers 1930

Une brève histoire de l’écoute

58 min
À retrouver dans l'émission

De Bach au MP3, du chahut des théâtres parisiens aux concerts filmés par des téléphones : ce qu’écouter de la musique veut dire.

Des jeunes gens écoutent de la musique allongés sur la plage grâce à un gramophone portable, vers 1930
Des jeunes gens écoutent de la musique allongés sur la plage grâce à un gramophone portable, vers 1930 Crédits : FPG/Archive Photos - Getty

Pour cette 175ème et dernière émission : qu'est-ce qu’écouter veut dire? La question est moins rhétorique qu’il n’y paraît, tant il existe de façons de tendre l'oreille. Plus que la seule audition, l'écoute exige une certaine disponibilité de l’oreille et du cerveau et en Occident, et elle a vu ses usages et ses codifications bouleversés au gré des modes et des techniques. Ainsi, lors des concerts de musique classique, le recueillement a mis des siècles à s'imposer. 

“Ils claquent pour Gluck et font plus de bruit que tous les instruments de l’orchestre, que l’on entend plus. Quelques fois, ces battements de mains vont jusqu’à la frénésie. On y a joint, depuis quelques temps, les mots de “bravo” ou “bravissimo”. On bat aussi des pieds et de la canne. Tintamarre affreux, étourdissant, et qui choque cruellement l’âme raisonnable et sensible”. Louis-Sébastien Mercier, à propos des Parisiens, in Tableau de Paris (1782)

Une famille réunie autour du poste de radio, 1938
Une famille réunie autour du poste de radio, 1938 Crédits : H. Armstrong Roberts/ClassicStock - Getty

De Bach jouant ses cantates à l’église de Leipzig dans le vacarme des mondanités locales à Mozart ménageant des moments d’applaudissements lors de ses symphonies, de l’écoute recueillie autour des grosses radios à lampes des années 1940 au repli sur soi autorisé par le walkman, sans oublier les mutations induites par la numérisation de l’offre musicale... Voyage, entre nos deux oreilles, au cœur de l’écoute. 

“Dans le passé, les hommes d’Occident goûtaient la profondeur et les saveurs du silence. Ils le considéraient comme la condition du recueillement, de l’écoute de soi, de la méditation, de l’oraison, de la rêverie, de la création. Surtout, comme le lieu intérieur d’où la parole émerge. (...) Désormais, il est difficile de faire silence, ce qui empêche d’entendre cette parole intérieure qui calme et qui apaise. La société enjoint de se plier au bruit afin d’être partie du tout plutôt que de se tenir à l’écoute de soi.” Alain Corbin, Histoire du silence (Albin Michel, 2016)

États-Unis, 1981. Des passagers du métro new-yorkais écoutent leur walkman.
États-Unis, 1981. Des passagers du métro new-yorkais écoutent leur walkman. Crédits : Dick Lewis/NY Daily News Archive - Getty

Programmation musicale et archives

  • Archive pré-générique : Présentation et réglage de l'écoute, enregistrement du Festival international du son, au Palais d'Orsay à Paris, en mars 1968
  • Peder (feat. Nino Moschella) : Would you, de l'album And he just pointed the sky (2007) - fond sonore -
  • Simon & Garfunkel : The sound of silence, paru sur l'album Live from New York City (1967)
  • J. S. Bach : Cantate BWV 35 : Geist und Seele wird verwirret : Sinfonia (1726) par le Collegium Vocale de Gand (Dir. Philippe Herreweghe), publiée sur l'album Jean Sébastien Bach : Cantates pour alto BWV 35 54 et 170 (1998) - fond sonore -
  • J. S. Bach : Cantate BWV 35 : Geist und Seele wird verwirret : Ich wünsche nur bei Gott zu leben (1726) par Andreas Scholl et le Collegium Vocale de Gand (Dir. Ph. Herreweghe), sur l'album Cantates pour alto (déjà cité)
  • W. A. Mozart : Symphonie n°31 en Ré Maj K 297  : 3. Allegro (1778), par l'orchestre symphonique de la radio de Baden Baden sous la direction de Hans Rosbaud (1956), album Hans Rosbaud dirige Mozart - fond sonore -
  • R. Schumann : Scènes d'enfants op 15 : Von fremden Ländern und Menschen, par Aldo Ciccolini, enregistré à la salle Wagram à Paris en 1973 et publié sur l'album Aldo Ciccolini joue Schumann / CD 28 - fond sonore -
  • G. Verdi : La Traviata, acte III - Addio, del passato interprété par Maria Callas et l’orchestre du théatre la Scala (dir. Carlo Maria Giulini), enregistré en 1955 et publié sur l'album La Traviata (1990)
  • G. Bizet : Carmen : Écoute écoute compagnon (acte III) Chœur et ensemble, par l'orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung et le Chœur de Radio France, paru sur l'album Carmen (Intégrale) - fond sonore -
  • Archive : Innovations et enregistrement sonore (RDF, 70 ans de machines parlantes, prod. Jean Thévenot, 26/09/1947)
  • Count Basie & his orchestra : Listen my children, paru sur l'album Kansas City memories (1937)
  • Art Tatum : Tea for two (1939), repris sur la compilation Les trésors du Jazz 1938 / 1939 - vol. 1 - fond sonore -
  • Archive : Jean Sablon et le micro (RTF, Plein feu sur les spectacles du monde, 01/01/1950)
  • Jean Sablon & Django Reinhardt : Darling, je vous aime beaucoup (1935), repris sur la compilation Intégrale Django Reinhardt, vol. 4 / Magic strings 1935 à 1936
  • Fred Astaire : Stereophonic sound, bande-originale du film américain La belle de Moscou, réalisé par Rouben Mamoulian (1957) - fond sonore -
  • Anonyme : Je suis un disque, compilé par "Monsieur Tympan" sur l'album Les vieilleries sonores, vol.2 (2012)
  • Paola : Je suis le disque, de l'album Je suis le disque (1962)
  • Archive : La mode des walkmans (Antenne 2, 18/04/1981)
  • Bobby Mac Ferrin : I'm my own walkman, de l'album The voice (1984)
  • Serge Gainsbourg : Le claqueur de doigts (1959)
  • Miles Davis : Bye bye blackbird, de l'album ’Round About Midnight (1957) - fond sonore -
  • Supertramp : School (version de concert), paru sur l'album Paris (1980)

Pour aller plus loin

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......